Après un été de défis, Marco Bédard aurait aimé s’attaquer à la Big Wolf’s Backyard Ultra

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Photo : Louis Charland

L’athlète Marc-André Bédard aurait normalement dû s’attaquer ce week-end à la Big Wolf’s Backyard Ultra. L’événement, qui devait tenir son édition inaugurale à Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, a malheureusement été annulé en raison de la pandémie.

Pendant cette course, l’ex-olympien aurait dû compléter, chaque heure, une boucle de 6,7 kilomètres. Le gagnant de cette compétition aurait été celui qui serait demeuré en piste alors que les autres concurrents auraient arrêté. 

Cette épreuve au format si particulier, et sans limite de temps, peut ainsi durer plusieurs jours, selon la force des athlètes présents. « Je ne me fixe pas d’objectif précis pour ne pas que le mental lâche dès l’objectif atteint », confiait Marc-André Bédard en entrevue avec Distances+ avant l’annulation. Il aurait aimé tenir entre 30 et 36 heures.

Contacté après l’annonce de l’annulation, Marc-André a admis ne pas encore avoir de plan de remplacement. Il aimerait participer au Devil’s Backyard Ultra en octobre, si l’événement a lieu, et compléter toutes les distances du Trail du Grand-duc en autonomie, dans l’offre « aventure » présentée suite à l’annulation de cet événement.

Un palmarès étoffé

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Photo fournie par Marc-André Bédard

Marc-André Bédard n’en est pas à ses premiers faits d’armes. Certains le connaissent en tant qu’organisateur de courses, à l’origine des courses Northman au Québec, puis comme directeur de course contractuel. 

D’autres se souviennent de lui en tant qu’ancien biathlète international, et olympien de surcroît. Marc-André Bédard, alias Marco, a glané un palmarès aussi étoffé que varié, dans des disciplines diverses, le tout en parcourant le monde. 

« Je faisais du biathlon sur des durées courtes, mais explosives. Il fallait être capable d’être rapide, puis ensuite de baisser son rythme cardiaque afin d’être calme lors du tir à la carabine », explique-t-il.

C’est en biathlon qu’il a gagné plusieurs médailles. Tout d’abord au niveau national, puis à l’international; à la fois au niveau junior, mais aussi chez les séniors. Sa carrière de biathlète atteint un sommet lorsqu’il se classe dixième aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. 

La conjointe de Marc-André Bédard, Claude Godbout – sa « belle brune » comme il l’appelle depuis plus de seize ans – est elle aussi une ancienne biathlète internationale et a toujours fait partie de la vie sportive de Marco. 

« Quand tu es biathlète, il est difficile de trouver des commanditaires, mais après Vancouver, le téléphone a commencé à sonner avec des opportunités », raconte Marc-André. 

C’est ainsi que Marco et sa « belle brune » ont eu l’opportunité de parcourir le monde. Le couple en profite pour s’aligner sur des courses de ski de fond, mais aussi des épreuves de cross-country en ski, de triathlon d’hiver ou de course en raquette, au Canada et à l’étranger. 

« Nous avons été invités sur des courses partout dans le monde et cela nous a permis de beaucoup voyager pour faire des choses différentes ». 

La découverte des obstacles

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Marc-André Bédard – Photo : OCR Nation

C’est dans ce contexte que Marco et Claude participent en 2011 à une course à obstacles au Vermont. Cela a été « un choc ». 

« Non seulement ça nous a allumés, mais en plus j’arrive premier en battant le champion incontesté depuis plusieurs courses, et Claude arrive également première! » 

En 2012, le couple récidive avec une course à obstacles en Slovaquie. « Le focus s’est petit à petit déplacé », admet Marco Bédard. 

Un tournant s’opère en 2013. « On s’est entraîné toute l’année avec l’équipe de biathlon du Canada en vue de participer aux Jeux de Sotchi, puis finalement moi et Claude sommes cinquièmes sur l’équipe, c’est-à-dire remplaçants. Ça nous a mis un coup, mais on s’est dit que c’était peut-être le moment de se donner pleinement dans la course à obstacles. »

En peu de temps, ils se font repérer pour leurs résultats hors du commun et signent un contrat avec une franchise américaine. « En plus de faire un sport qui nous allumait, c’était également agréable de se poser un peu moins de questions sur les rentrées d’argent ». 

C’est ainsi qu’au contrat d’athlète s’ajoute celui d’organisateur de courses à obstacles pour la même franchise. 

La rencontre de Serge Dessureault et le Backyard Everesting

C’est en tant qu’organisateur de la Northman Race, célèbre course à obstacles, que Marc-André Bédard rencontre Serge Dessureault. Serge est alors capitaine pompier dans le Grand Montréal et se prépare pour une expédition dont le but est de gravir le K2, l’une des plus hautes montagnes au monde, situé à la frontière du Pakistan et de la Chine. 

Entre les deux hommes, la rencontre, qui avait pour but initial la commandite de l’expédition de Serge Dessureault, se révèle être une découverte mutuelle. « Ça a vraiment cliqué entre nous, explique Marco. On pensait même créer des camps d’entraînement d’alpinisme. Lors de l’un de ses derniers entraînements avant son expédition, Serge m’a dit : ˝à mon retour, je t’amènerai faire un Backyard Everesting.˝ 

Il s’agit de faire l’équivalent du dénivelé du mont Everest sur une même boucle (8848 m), en une seule activité pouvant parfois aller jusqu’à 30 heures, explique Marc-André Bédard. « Je l’ai pris comme une blague! Moi qui prends soin de ne pas faire passer les participants de mes courses deux fois par le même endroit! ».

Mais les événements prennent une tournure tragique lorsque, en 2018, Serge Dessureault décède lors de son expédition sur le K2. 

« Cette année, j’ai constaté qu’un athlète venait de réaliser un Backyard Everesting en vélo. Ça m’a rappelé le défi lancé par mon ami Serge et j’ai décidé de le faire. » 

Les « Ultra caves » au rendez-vous

Le 30 mai dernier, Marco s’attaque alors, chez lui à Stoneham, à ce défi un peu fou. 

« Je me suis lancé là-dedans sans trop de préparation. La course à pied en sentier a toujours fait partie de ma vie. J’ai choisi la butte derrière chez moi. Je l’ai un peu nettoyé et j’ai dit à ma bande d’amis – les « Ultra caves »  – : ˝je fais un Backyard Everesting, qui vient?˝ ». 

Cette joyeuse bande est composée de « Yes men », comme les appelle Marco. « Entre nous, on s’appelle les « Ultras caves », parce qu’on est toujours prêts à partir dans des défis, sans trop de préparation, même si c’est un peu ˝cave˝ ». 

Le jour du départ, deux minutes avant le coup d’envoi à 5 h de matin, un seul ami du groupe est au rendez-vous, Damien Langlois-Verret. Qu’à cela ne tienne, « on a fait environ 180 fois la boucle et monté plus de 9000 mètres de dénivelé, le tout en un peu plus de 20 heures. » Les autres amis ont complété le même défi quelques semaines plus tard. 

« Avec la même bande, on a également complété début août la traversée des 5 sommets de Charlevoix, avec en supplément un sommet mystère découvert le jour même », raconte Marc-André.

Début septembre, il a complété le 80 km de l’Ultra-Trail Harricana en 30e position (sur 145), complétant l’épreuve en 9 h 43 m.

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