Du sang frais pour marquer le retour de la TNFEC Californie

Photo : Ian Stowe

La course The North Face Endurance Challenge California, qui a lieu ce week-end à San Francisco en Californie, attire chaque année des milliers de participants, spectateurs, bénévoles et athlètes élites. Comme d’habitude, il faut s’attendre à une compétition relevée, à l’instar de la bataille épique entre Hayden Hawks et Zach Miller en 2016.

C’est la deuxième fois cette année que la course se déroule sur son nouveau parcours. La plupart des sentiers sont encore sinueux et comportent un certain dénivelé, et ils s’achèvent tous après avoir franchi l’emblématique pont du Golden Gate. Ce serait normalement la troisième édition, mais la course a été annulée l’an dernier en raison des feux de forêt.

Bien que le parcours de 80 km comporte 3200 mètres de dénivelé positif, il est assez roulant et pas très technique. Une grande partie du parcours est accessible aux spectateurs, et les gagnants se méritent une bourse de 10 000 $.

À priori, il semble bien que la course ne sera pas annulée cette année. On peut s’attendre à une édition très intéressante. Voici ce à quoi il faut s’attendre de la part des hommes et des femmes inscrits, avec quelques athlètes français et canadiens qui pourraient tirer leur épingle du jeu.

Les élites hommes

Photo : Ian Stowe
Photo : Ian Stowe

Zach Miller et Hayden Hawks ne sont pas là cette année. Néanmoins, il y a du talent parmi les élites masculines.

Les meilleurs coureurs de la compétition sont deux jeunes Américains aux parcours déjà remarquables. Ils permettent de constater qu’il y a un certain changement de génération, avec des jeunes athlètes provenant de la piste ou de la route et qui sont en train de passer à la compétition d’ultra-trail avec beaucoup de succès.

Pensons à Jared Hazen, qui a pris la deuxième place à Western States cette année, derrière Jim Walmsley (et qui a également battu l’ancien record du parcours). Il a aussi remporté la course de Sonoma Lake 50 miles. Quant à Matt Daniels, il s’est classé 4e à la Western States et, bien qu’il soit un nouveau venu en trail, il a également remporté le Black Canyon 100 km.

Ceci étant dit, deux ultratraileurs français peuvent prétendre au podium. Thibaut Garrivier, 28 ans, est sorti de nulle part l’an dernier. Il a remporté la Transvulcania en février (un parcours éprouvant où il s’était classé 3e en 2018) et cet été, il a pris la deuxième place sur la CCC, l’une des courses de l’Ultra-Trail du Mont Blanc. Il a aussi terminé deuxième, par deux secondes, au Trail du Ventoux. Il ne fait aucun doute qu’il a réservé son billet avec l’intention de gagner la course.

L’autre Français est Sébastien Spehler, qui s’est classé deuxième à Sonoma Lake, derrière Jared Hazen. Comme Garrivier, il est un peu plus âgé que ses concurrents américains. Il a couru de manière assez sélective depuis 2013, mais il choisit clairement ses compétitions avec soin, car il a tendance à les gagner. Il s’est notamment classé premier au Grand trail des Templiers en 2017 et 2018. En Californie, il n’a probablement pas comme objectif de terminer deuxième.

Il y a plusieurs autres excellents coureurs cette année. Eric Senseman, Drew Holmen et Dylan Bowman sont tous attendus de pied ferme. Il est également agréable de retrouver Hal Koerner, un vétéran de retour dans l’action.

En tout, 25 Québécois sont inscrits à la TNFECC, dont l’élite Julien Lachance, sur le 80 km.

Les femmes élites

Photo : C. Meagher
Photo : C. Meagher

Clare Gallagher est la favorite de la course. Elle avait terminé deuxième en 2017, mais c’est avec beaucoup plus de bruits de fanfare qu’elle a remporté le 100 miles de la Western States cette année. Elle a aussi remporté Leadville 100 en 2016 et la CCC en 2017.

Deux championnes de Lake Sonoma sont au fil de départ de la TNFECC. Anna Mae Flynn et Yiou Wang, qui avait terminé première et deuxième, devraient offrir une belle compétition. La course de 50 miles de Sonoma est comparable à la course californienne. C’est un parcours rapide qui fait appel à un type spécifique de coureur, celui qui aime la distance, mais préfère la rapidité plutôt que la technicité.

Des Canadiennes à surveiller

Anne-Marie Madden, originaire de North Vancouver, a vécu quelque temps dans la région de San Francisco l’année dernière. La connaissance des sentiers ne peut certainement pas lui nuire : elle a également couru sur l’ancien parcours en 2014 et 2016, en se classant 4e et 6e. Madden, véritable vétéran de la course en sentier sur la côte ouest, a une grande force mentale. Cette année, elle a dominé le 23 km du Squamish 50.

Kim Magnus est une autre Canadienne à surveiller. Kim est un pilier de la scène ultra du nord-ouest américain. Elle a obtenu une incroyable deuxième place au 50 km de Chuckanut plus tôt cette année. Elle est à son apogée en tant qu’athlète d’ultramarathon avec une saison 2019 tout à fait brillante jusqu’à présent, incluant un top 20 à la Western States.

Du Québec, il faut surveiller Sarah Bergeron-Larouche qui compte une victoire à son palmarès sur le 50 km de la TNFECC en 2017 et à Bear Moutain en 2018 sur la même distance. L’année dernière, elle a remporté les 65 km de l’Ultra-Trail Harricana. Peut-elle se classer parmi les cinq premières dans un ultramarathon rapide de 80 km, non technique? Il y a deux semaines, elle a bien terminé deuxième au classement général sur le Marathon du Mont-Royal, qui s’est couru sur route.

Texte traduit par Vincent Champagne

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