La virée nordique : longer et contempler le fleuve sur 43 kilomètres

Virée nordique de Charlevoix
Photo : Vincent Champagne

Notre collaborateur Alexis Gacon a pris part au marathon de ski de fond de la Virée Nordique de Charlevoix le 15 février dernier.

Il fallait être brave pour se lancer à l’assaut du marathon de ski de fond de la Virée Nordique de Charlevoix, entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie, le week-end dernier. Avec -29 degrés Celsius au thermomètre, les 425 participants espéraient que le vent soit du bon bord. Heureusement, il soufflait dans le dos des fondeurs, et à l’arrivée, malgré les tuques, cheveux et moustaches givrés, tout le monde était emballé par l’expérience.

Les bourrasques n’ont pas empêché les coureurs de prendre le temps de savourer les paysages défilant le long du chemin de fer de Charlevoix. Au fil du fleuve, on se sent comme sur la lune. En surface, l’eau glacée dessine des cratères et des dômes luisants que les fondeurs dépassent, imperturbables.

Virée nordique de Charlevoix
Photo : Vincent Champagne

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Même s’il s’agissait d’une randonnée non chronométrée, sans podium ni gagnant, Alain Trottier a poussé la machine et a été l’un des premiers à franchir la ligne d’arrivée. « Je ne sentais pas le froid, avec le vent dans le dos. Mais c’est vrai qu’à Cap-aux-Oies, ça soufflait fort! »

C’était sa première Virée Nordique, et il recommencera. « J’avais vu de la publicité durant les Fêtes. Je m’étais dit que remonter le fleuve sur le chemin de fer, ça devait être le fun. J’ai trouvé ça fantastique. Je l’ai fait pour les paysages, le grand air, et j’ai même vu des pistes de chevreuil qui s’en allaient sur la glace. »

Un effort constant

Virée nordique de Charlevoix
Photo : Vincent Champagne

Les skieurs de tous niveaux s’étaient donné rendez-vous sur le sentier formé, pour la plus grande partie, d’une seule voie. Comme tout le monde a un rythme différent, peut-être que quelques espaces supplémentaires à deux voies, pour dépasser sans avoir à demander au skieur devant de se décaler, auraient été salutaires. 

Mais cela ne gâchait pas l’expérience et tous les fondeurs interrogés ont été conquis par cette course, familiale, mais exigeante. « Le cardio, ça allait, mais sur la durée, c’est intense pour les bras! », souligne Alain. Les participants pouvaient aussi partir de Saint-Joseph-de-la-Rive, pour une épreuve un peu moins longue de 30 km.

Le tracé ne présentait aucun dénivelé. Sans montée, les plus avisés savaient qu’il n’y avait pas de descente. Un défi pour Pascal Naulet, qui participait à sa première Virée Nordique. « Je fais généralement du ski de fond en montagne. Quand ça descend, on souffle, on respire. Là, sur du plat, l’effort est constant, et il vaut mieux ne pas s’arrêter, pour garder le tempo. »

Virée nordique de Charlevoix
Photo : Vincent Champagne

Mais ne pas s’arrêter, cela aurait été dommage. Les fondeurs auraient raté les chaleureux bénévoles, qui ont suscité autant d’admiration que les paysages. Tous les 10 kilomètres, ils offraient une halte nourricière essentielle aux coureurs. « L’accueil était génial, s’exclame Alain. Ils étaient si courageux. Eux, ils avaient le vent de face quand ils nous accueillaient, mais tous avaient un immense sourire. Et j’ai trouvé ça bien de devoir apporter son gobelet pour se faire servir, ils pensent à l’environnement! »

Alexandra et Audray De Serres, deux soeurs qui, elles aussi, participaient à leur première Virée, n’avaient que de bons mots pour l’organisation. « On sentait que les coureurs étaient attendus avec joie, ça nous donnait du courage. »

Virée nordique de Charlevoix
Photo : Vincent Champagne

Jean-Sébastien a aussi apprécié la variété des petits plats qui attendaient les coureurs : « Les petites pizzas chauffées étaient excellentes », dit-il, rieur.

Le parcours était émaillé de moments forts, comme le passage sous un tunnel creusé dans la montagne, affleurant le fleuve, ou encore le passage à Saint-Irénée, ainsi que les cloches agitées par les riverains aux passages des coureurs. La Virée est une épopée que les participants interrogés souhaitent tous refaire l’année prochaine. Un bon signe.

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