Ultra-Trail Harricana : l’édition des étoiles… locales

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Jean-François Cauchon, double vainqueur de l'UTHC, de retour sur le 125 km - Photo : UTHC

Pandémie oblige, rien n’est tout à fait comme à l’habitude à l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC), dont la neuvième édition s’élance dans la nuit de vendredi à samedi dans les sentiers de l’arrière-pays de Charlevoix. En raison d’interdictions de déplacements non essentiels, de la quatorzaine imposée aux voyageurs autorisés à entrer sur le territoire canadien et de l’impérative nécessité de freiner la propagation, il n’y aura aucun coureur en provenance de l’étranger sur les départs des 125, 80 et 65 km. Qu’à cela ne tienne, les élites locales vont jouer du coude sur les parcours.

Puisque l’UTHC organise les premières courses de trail de la saison au Québec, en raison de l’annulation de tous les événements sportifs depuis le début de la crise sanitaire, les pronostics sont difficiles. De plus, la météo n’a pas été clémente dans la région au cours des derniers jours, et les sentiers sont très boueux. Les conditions ne seront sans doute pas idéales pour battre un record de parcours (13 h 47 sur le 125 km, 5 h 29 sur le 65 km, le 80 est inédit).

Jean-François Cauchon favori sur l’épreuve reine

Le double champion du 125 km, Jean-François Cauchon, qui a remporté l’épreuve en 2016 et 2018, est de retour sur la course, qui fait partie du circuit de l’Ultra-Trail World Tour. Début août, Jean-François avait tenté de battre le record du monde de dénivelé positif en 24 heures, mais sa tentative avait dû être arrêtée nette après une mauvaise chute. Une branche lui a perforé le tympan et il a dû être opéré d’urgence.

Le chirurgien lui a retiré un morceau de bois qui était resté coincé dans le conduit auditif. Il a fait savoir à Distances+ que son audition devrait être perturbée pour quelques mois, mais que l’oreille interne n’est pas touchée et qu’il peut courir normalement. Sur le papier, Jean-François Cauchon qui reste sur une 7e place la Diagonale des fous et une deuxième victoire d’affilée à la TransMartinique, est le grand favori.

Le champion de l’an dernier, Guillaume Barry, est aussi de retour pour défendre son titre. Découvert presque par surprise au fil d’arrivée, Guillaume avait pourtant remporté les deux autres ultras auxquels il avait participé en 2019, dont le 80 km du Québec Méga Trail.

Le Bromontois Elliot Cardin a certainement envie de faire une belle performance. Alors qu’il devait participer à la Western States cet été, il a dû lui aussi se trouver un autre objectif de saison.

Le nouveau venu Gabriel Sanfaçon, qui avait émergé à l’été 2019 en terminant second du Trans Vallée X et troisième du 65 km de l’UTHC, sera sur le parcours de 125 km (4420 m D+), tout comme Yannick Bernard, qui l’avait talonné de près sur le 65 l’an dernier.

Le coureur local David Savard-Gagnon, toujours très ambitieux, est au fil de départ, avec d’autres coureurs de talent, comme Mike Néron qui a remporté l’an dernier le Trail du Grand-Duc et le 80 km de la Chute du diable.

Chez les femmes, la Canadienne Alicia Woodside serait à surveiller, estime l’organisation de l’UTHC, puisqu’elle a fait des podiums sur des ultras en Colombie-Britannique. Si on se base sur le classement ITRA, elle est en effet la favorite. La coureuse Renée Hamel (2e du 80 km en 2016) est également sur place, tout comme Catherine Lemire, qui a terminé 5e du 65 km en 2019.

Le 80 km, prometteur

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Johan Trimaille – Photo : Nicolas Fréret

La compétition sera enlevante sur le circuit du 80 km, qui s’élance samedi matin à 8 h depuis le parc national des Hautes-Gorges-de-la-rivière-Malbaie.

Johan Trimaille, qui a terminé 3e l’an dernier sur le 125 km, s’attaque à cette distance, alors qu’il est l’un des seuls à pouvoir dire qu’il a participé à un ultra « officiel » cette année. Il a remporté, main dans la main avec Pierre-Michel Arcand, l’Ultra-Trace de Guadeloupe l’hiver dernier.

Au départ, on trouve également Éric Lévesque, un traileur gaspésien qui organise l’Ultra-Trail des Chic-Chocs, et qui a terminé deuxième sur le 80 km du Bromont Ultra l’an dernier.

Mathieu Dubé, un marathonien accompli, pourrait monter sur le podium s’il est dans une bonne journée. Il a fait une 3e position sur le 65 km en 2018 et un record de parcours sur le 50 km du Québec Méga Trail la même année.

Olivier Gagnon, habitué des podiums, tentera de prendre sa place, tout comme Matthieu Pelletier, qui a fait des 6e positions au 65 et au 125 km de l’UTHC.

Chez les femmes, la grande favorite est sans conteste Claudine Soucie, qui compte une deuxième place au 65 km de l’UTHC il y a deux ans, mais surtout une grande victoire à La Réunion l’année dernière sur le circuit de 66 km (La Mascareignes).

Mary Thompson, qui a fait des podiums dans les épreuves de 3 Beavers Racing en Outaouais, pourrait trouver le podium elle aussi.

Le 65 km, à toute vitesse

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Sarah Bergeron-Larouche – Photo : UTHC

La course de 65 km, qui s’élancera en deux vagues à une heure d’intervalle samedi matin, une pour les plus rapides (6 h) et l’autre pour le peloton (7 h), promet de belles luttes amicales.

Alexandre Sauvageau voudra sans doute prendre sa revanche sur sa mésaventure de l’an dernier. Alors qu’il n’avait pas sur lui tout l’équipement réglementaire, il avait perdu sa première place, laissant la victoire à Olivier Collin, qui ne sera pas au Mont Grands-Fonds cette année.

Alister Gardner, qui a remporté plusieurs courses dont le 80 et le 160 km du Bromont Ultra ainsi que le 65 km de l’UTHC en 2016, lui mettra la pression, tout comme Julien Lachance, qui a remporté plusieurs épreuves, dont le 50 km du Trail du Grand-duc.

La favorite chez les femmes reste la très performante Sarah Bergeron-Larouche, qui a gagné le 65 km en 2018, ainsi que de très nombreuses autres courses.

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