Elliot Cardin a affronté un ennemi imprévisible dans les sentiers de la Gaspésie

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Photo : Gophrette Power

Début juillet, une vague de chaleur a enveloppé toute la région de la Gaspésie, jusque dans ses plus hauts sommets, au coeur des Chic-Chocs. Dans les sentiers, un jeune coureur ultra préparé tentait au même moment de réussir un record de parcours sur sa plus longue distance à vie. Mais la température a rendu l’aventure impossible : le corps d’Elliot Cardin s’est déréglé, l’empêchant de compléter les 174 km qu’il s’était donné pour mission de survoler le plus rapidement possible.

« Je ne l’ai pas vu venir », avoue l’athlète bromontois, devenu cette année un ambassadeur de la marque « On », puisque le projet avait été prévu jusque dans les moindres détails et que l’entraînement était à point. « Il fait chaud comme ça une seule journée dans l’année en Gaspésie, et c’est tombé cette journée-là », dit-il.

« Je pense qu’on devrait toujours prioriser notre santé avant la performance », relativise aujourd’hui Elliot, 27 ans, révélant du coup un trait de sa personnalité : s’il est batailleur et compétitif, sa préoccupation pour la santé passera toujours devant. 

Que l’on ne se méprenne pas : la traversée des Chic-Chocs n’est pas une épreuve impossible pour Elliot Cardin. Depuis quatre ans, il prend sa place dans le petit monde de la course en sentier québécois. Apparu soudainement dans l’oeil du public par une victoire sur le 55 km du Bromont Ultra en 2016, il a continué à se démarquer.

Ses résultats parlent d’eux-mêmes : seconde place au 80 km de Bear Mountain, seconde place au 50 km du Québec Méga Trail, seconde place au 100 km du Québec Méga Trail, victoire sur le 65 km de l’Ultra-Trail Harricana…

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Elliot Cardin – Photo : Alexandra Côté-Durrer

C’est donc un athlète expérimenté qui s’est rendu vers le point de départ dans la réserve faunique de Matane. La crevaison d’un pneu, et le retard engendré par la réparation en plein bois, n’ont pas altéré le calme d’Elliot. Il s’est élancé dans la nuit.

« Il faisait noir, il y avait beaucoup de racines, et ça montait déjà beaucoup, se souvient Elliot. Le début, c’est une longue montée qui va rejoindre des sommets où on a une super belle vue. »

À 4 h du matin, il fait déjà 22 degrés, et c’est très humide. « La trail était ‘’bouetteuse’’ et on avait des fougères jusqu’aux épaules. On se demandait tout le temps si on était dans le bon chemin », raconte Elliot, accompagné en ce début de parcours par l’un de ses meneurs d’allure.

Il attaque des montées en confiance et vit le charme de la grande aventure. « J’ai vu cinq orignaux, dont une femelle qui courait vers moi dans le chemin! Elle a été surprise et a rebroussé chemin. »

Les sensations sont bonnes, malgré l’incessante montée et descente du sentier. « C’est dur, mais je n’ai jamais senti mes jambes de toute la course, se souvient Elliot. C’est rare que ça m’arrive, d’habitude il faut que je me parle. Mais là, ça roulait tout seul. J’étais vraiment heureux. »

La chaleur se met de la partie

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Photo : Alexandra Côté-Durrer

Pendant presque 40 km, tout va relativement bien, mais Elliot sent que la chaleur commence à monter, et que l’effort à fournir est de plus en plus exigeant.

Accompagné d’un nouveau meneur d’allure, il ralentit et marche dans les montées, mais il est déjà trop tard : la chaleur est suffocante. Il fait plus de 35 degrés, et l’humidité est très élevée. « J’ai attrapé un coup de chaleur », explique Elliot.

« La fatigue m’est tombée dessus. J’aurais pu dormir dans la trail, debout, les yeux fermés. J’ai essayé de continuer, en me disant que c’était normal, que ça allait passer. Je sais c’est quoi un ultra : il y a toujours des murs. »

Cette fois, c’est différent. « J’étais étourdi, j’ai eu des nausées. Je ne me souviens pas d’avoir autant vomi de ma vie », raconte Elliot, qui se souvient aussi d’une pression épouvantable dans la tête et les yeux. « À partir de là, j’étais en mode survie. Je continuais d’avancer, parce que j’allais m’évanouir si je prenais une pause. J’ai marché beaucoup, il y avait encore des montées. »

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Elliot Cardin – Photo : Alexandra Côté-Durrer

Arrivé à un sommet, Elliot grelotte malgré la chaleur, à cause du vent. Il se protège avec sa couverture de survie, et se sent misérable.

Il a dû s’arrêter au 56e kilomètre. Ayant retrouvé son équipe à un point de ravitaillement, il se roule en petite boule et ne peut plus bouger. Il aura passé 12 h 45 dans les sentiers.

Un pacifique à la course

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Photo : Gophrette Power

C’est une épreuve qui permet de connaître encore davantage le coureur à la longue tignasse blonde. La découverte de la course à pied est venue au tournant de la vingtaine, raconte Elliot, lorsqu’il était au cégep. Enfant, il faisait plutôt du skate et du snowboard avec ses amis, et de la boxe avec son frère. Assez jeune, il se met aussi à la musculation, développant un physique qui, croit-il, lui nuit un peu en course à pied. « Je suis trop massif du haut du corps », lâche-t-il en riant.

Il faut dire que son emploi de maçon a contribué à maintenir cette forme. « C’est une ‘’job’’ super exigeante. Quand tu brasses du ciment, les poches pèsent 70 livres et tu en passes plusieurs dans une journée. »

Mais les choses ont changé, car Elliot a maintenant cessé de travailler en maçonnerie. Arrivant au bout de ses études en naturopathie, il s’est trouvé un emploi de conseiller dans une boutique d’aliments naturels. Pour qui ne connaît pas Elliot, le passage du métier de la construction à celui d’expert en santé par les plantes peut paraître surprenant.

Il n’en est rien. « Je me suis toujours senti proche de la nature », explique-t-il. Végétalien depuis plusieurs années, il en est venu graduellement à s’intéresser au lien entre la santé, l’alimentation et le plein air.

Cet emploi, moins exigeant sur le plan physique, lui permet maintenant de faire deux entraînements par jour, et de cumuler un plus grand volume de course. Il fait des semaines pouvant afficher 160 km ou plus au compteur.

« J’aime les sports individuels. Tu ne dépends pas d’une équipe. Tu peux aller courir quand tu veux, tu n’as besoin de presque rien. J’aime l’aspect minimaliste », dit Elliot.

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Photo : Gophrette Power

Après avoir couru sur route pendant quelque temps, il rejoint le Club de trail de Bromont, où sévit un des meilleurs coureurs de trail de la province à ce moment : Alister Gardner. « Elliot était tout le temps partant pour aller courir, se souvient Alister. Si je lui envoyais un petit message, il disait ‘’oui, j’arrive!’’. »

Avec d’autres coureurs des Cantons-de-l’Est, un petit groupe d’entraînement se forme. Des défis sont lancés. La motivation d’Elliot est toujours au rendez-vous, assure Alister. « C’est un gars intense, mais il est très relaxe, confirme-t-il. Elliot sourit tout le temps. » 

Entre eux, les discussions tournent autour du sport et de la course. Ils aiment parler de nutrition sportive et d’alimentation, puisque Alister est aussi végétalien. « Elliot ne prendra jamais une Tylenol ou un anti-inflammatoire. Il va aller se chercher une racine de gingembre! », affirme le coureur.

Au fil des mois et des années, Elliot a raffiné son approche de la compétition. « Je ne suis pas le coureur qui va partir devant tout le monde pour imposer son rythme. Je me mets derrière, dans les 15e ou 20e positions, je tâte le terrain pour voir c’est quoi l’allure de la course. Ma force, c’est le mental en fin de course, où je remonte des positions. Je pars toujours plus conservateur. »

« Je suis un ‘’compétitif pacifique’’, dit Elliot. Je n’ai aucune agressivité à vouloir dépasser un autre. Quand je faisais de la boxe avec mon frère, il fallait qu’il me donne plusieurs coups avant que je commence à me sentir agressif. Je veux performer avec moi-même. »

Un passe-droit pour la Western States

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Photo : Gophrette Power

Cette tendance zen ne l’empêche pas d’aimer l’intensité. Après une série noire en 2019, où il a dû abandonner sur deux ultras en raison de problèmes gastriques, Elliot a repris l’entraînement avec force pour arriver à un sommet de forme physique au début de l’année.

Le 100 km du Black Canyon Ultra, en Arizona, tombe dans sa mire. Il aime le fait que des athlètes élites de haut niveau aient compétitionné sur ce parcours : il pourra comparer ses temps de passage et son chrono final pour voir à quel niveau il se situe face à des professionnels.

Juste avant de prendre l’avion, il rencontre le représentant de « On » au Québec, Maxime Simard, qui lui laisse une paire de souliers pour qu’il les essaie. Malgré le célèbre conseil qui préconise de ne jamais compétitionner avec des chaussures neuves, il s’est élancé dans les 100 km du Black Canyon Ultra avec sa toute nouvelle paire de On Cloudventure Peak.

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Elliot Cardin (à gauche) s’est vu remettre en plus de sa médaille le « golden ticket » pour la Western States Endurance Run 2020 – Photo : Rebecca Collicott / Aravaipa Running

La suite est presque trop belle pour être vraie : non seulement Elliot finit troisième, à 8 secondes du second, mais il obtient du même coup un des fameux « Golden Ticket » de la Western States, soit l’un des rares laissez-passer octroyés sur des courses partenaires.

« Je me suis dit que j’étais capable d’être parmi les pros. Ça m’a donné de la confiance », lance Elliot.

Et au sujet des chaussures : « je n’ai pas eu d’orteils noirs, je n’ai ressenti aucun point de pression. J’ai trouvé que ce soulier-là est vraiment confo! »

On Cloudventure Peak
Photo : Gophrette Power

Et pour cause : le Cloudventure Peak est une chaussure de performance pour le trail. Sa technologie brevetée CloudTec (les fameux petits « nuages » sous la chaussure) répartie sur toute la semelle assure un excellent amorti, selon l’équipementier. Quant au caoutchouc, lui aussi breveté, sous le nom de « Missiongrip », il offre une adhérence maximale sur toutes les surfaces, même mouillées, assure encore « On ».

« C’est un soulier qui penche un peu plus du côté minimaliste », observe Elliot, qui apprécie l’empeigne légère et l’inclinaison de 4 mm seulement. « On sent bien le contact avec le sol et ça ‘’grip’’ bien. »

Malheureusement, la Western States, comme la presque totalité des événements à l’échelle mondiale, a été annulée pour cause de pandémie. La place d’Elliot est toutefois réservée pour 2021.

Apprendre et poursuivre

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Photo : Gophrette Power

Au sujet de l’aventure gaspésienne, Elliot reste l’éternel positif que l’on connaît, à travers la déception. « C’est sûr que j’ai été vraiment déçu. Quand ça c’est mis à mal aller, j’ai compris que ça se pouvait que j’arrête, mais le plus important c’est la santé », réitère Elliot, fier de son accomplissement.

« Chez ˝On˝, on prône avant tout le bien-être et la santé physique, explique Maxime Simard, représentant de la marque suisse. Quelqu’un comme Elliot qui est là pour les bonnes raisons, c’est ce qu’on supporte. Il a du plaisir à courir et il répand le plaisir. La course à pied, ce n’est pas juste un sport, c’est un mode de vie. »

Le défi d’Elliot est une réussite, réaffirme Maxime, qui assurait la direction technique du défi et supervisait toute une équipe. « Peu importe le nombre de kilomètres que tu réussis à faire dans les Chic-Chocs, tu ressors grandi, parce que c’est plein de roches et de racines. Ce sont des petits stress mentaux qui te grugent l’esprit. Tu deviens plus fort mentalement. »

Depuis, la vie suit son cours : Elliot poursuit ses sorties de course avec ses partenaires d’entraînement habituels et se prépare pour affronter le 125 km de l’Ultra-Trail Harricana. « Tout est apprentissage. J’ai une vision positive des choses : on en apprend toujours plus sur soi. C’est ce que j’aime de l’ultra. Tu vas puiser loin en toi, dans tes ressources. »

C’est d’ailleurs pour cela qu’Elliot aime particulièrement les longues distances. Il peut partir longtemps, vivre de longues aventures, voir beaucoup de paysages, et se rendre au fond de lui-même. Il n’a pas fini de courir.


Basée à Zurich, en Suisse, « On » a pris d’assaut le marché de la chaussure de sport. Les coureurs apprécient les performances et les sensations qu’offrent ses chaussures, notamment en raison de sa technologie CloudTec®. « On » a de plus en plus de fans à travers le monde!

En trail, deux chaussures sont actuellement sur le marché : la Cloudventure, et la Cloudventure Peak. Si un coureur amateur est à la recherche d’un soulier efficace dans toutes les situations en montagne, la Cloudventure sera tout à fait appropriée. La version « Peak » sera un peu plus rapide et dynamique, pour performer en compétition.

Dix ans après son lancement, « On » est disponible chez plus de 6000 détaillants et dans plus de 55 pays d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et d’Asie-Pacifique.

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Photo : Gophrette Power

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