Ne vous arrêtez pas de courir l’hiver, mais équipez-vous adéquatement!

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Serre Chevalier Snow Trail 2020 - Photo : Cyrille Quintard

L’hiver, ne craignez pas le froid, sortez et courez dehors! Si vous êtes convenablement équipés, ce sera un vrai plaisir. C’est en tout cas l’avis unanime de trois coureuses chevronnées, l’athlète Lyne Bessette, l’humoriste Geneviève Gagnon, et Josée Prévost, propriétaire des boutiques Maison de la course. Nous leur avons demandé quel était l’équipement idéal pour courir l’hiver.

Josée Prévost conseille tout d’abord de s’y mettre dès le début de l’hiver pour s’adapter progressivement au froid. « La première fois, c’est toujours difficile, mais ça passe », assure-t-elle.

« Je trouve que les gens s’habillent souvent trop quand ils vont courir, même quand il fait très froid », déplore pour sa part Lyne Bessette.

« Quand on est trop habillé, on ne fait pas de belles courses, reconnaît Geneviève Gagnon, qui s’efforce de désacraliser la course à pied avec ses capsules vidéo Cours Toutoune sur le web. Les gens ont peur d’avoir froid, mais je leur dis qu’ils vont rapidement se réchauffer et se sentir bien. »

Comme de fait, « on a un système de thermorégulation intégré à notre corps », rappelle Josée Prévost. En gros, en s’activant il produit de la chaleur, et cette chaleur se maintient tant que l’on reste en mouvement. Il faut en revanche bien se protéger les oreilles, le cou, les mains et les pieds, car par grand froid le corps est programmé pour maintenir en priorité les organes à une température de 37 degrés Celsius. Les extrémités du corps, elles, sont « sacrifiées ».

Se protéger le haut du corps

Lyne Bessette
Lyne Bessette lors d’un compétition de skimo en 2017 – Photo : courtoisie

Les coureurs suivent généralement la règle des trois couches lorsque les températures dégringolent en dessous du point de congélation.

Le principe est de superposer trois vêtements techniques, une première couche respirante, près du corps, qui permet d’évacuer la transpiration pour rester au sec, une seconde couche qui assure l’isolation thermique pour ne pas laisser entrer le froid et ne pas laisser sortir la chaleur du corps, et une troisième couche imperméable qui coupe le vent.

Dans les faits, nombreux sont les traileurs qui se contentent de deux couches (la respirante et le coupe-vent imperméable), surtout lorsque la sensation de froid est raisonnable.

Se protéger le bas du corps

josee prevost
Josée Prévost – Photo : Nancy Létourneau

« Il vaut mieux privilégier les pantalons fabriqués avec un tissu qui coupe le vent devant et un tissu qui respire derrière », conseille Josée Prévost.

L’ancienne championne de cyclisme Lyne Bessette, qui consacre ses hivers au ski de montagne (skimo), privilégie « des collants pas trop épais », parce que, dit-elle, « j’aime me sentir comme si j’étais nue quand je cours. »

Les hommes apprécieront une protection contre le vent, surtout au niveau de l’entre-jambe, où un grand froid peut causer un grand inconfort, tandis que les femmes seront soucieuses de ne pas avoir froid aux fesses, selon Josée Prévost. « L’item très populaire est la jupe coupe-vent molletonnée qui est appréciée lors des journées très froides. »

À cette température, Geneviève Gagnon ne jure que par les vêtements en laine de mérinos ou en polar. « Le mérinos, c’est dispendieux, mais vous allez le garder longtemps », promet-elle. Attention toutefois à la proportion de laine de mérinos dans les vêtements techniques (elle est précisée sur la boîte du produit) que vous trouverez notamment dans les boutiques spécialisées. Plus elle est élevée, plus vous aurez chaud.

Se protéger la tête

Cours Toutoune
L’humoriste Geneviève Gagnon / Cours Toutoune – Photo : courtoisie

Un bonnet, qui couvre aussi le front et les oreilles, et un tube pour le cou sont indispensables l’hiver. Quand il fait très froid, on peut opter pour une cagoule intégrale avec une grille devant le nez pour respirer, même si « on a l’air d’un bandit », plaisante Josée Prévost.

« Mais ne vous couvrez pas trop la tête, prévient Geneviève Gagnon. On veut une petite tuque (technique) qui respire, pas une grosse tuque en laine, ça c’est épouvantable! »

Lyne Bessette ne sort jamais sans un foulard qu’elle met ponctuellement devant sa bouche pour réchauffer sa respiration quand elle a besoin.

À noter que, pandémie oblige, plusieurs équipementiers ont développé au cours des derniers mois des masques en textile technique. Tout récemment, la marque Raidlight a par exemple sorti un tour de cou 2 en 1 équipé d’un masque barrière qui permet de se couvrir la bouche et le nez en cas d’interactions sociales durant une sortie.

Enfin, Josée Prévost recommande fortement une crème anti-froid pour le visage, les mains et les pieds, tout particulièrement la « Cold » d’Akileine.

Se protéger les mains

Courir avec des gants, c’est bien — encore faut-il en trouver qui tiennent les mains au chaud — mais courir avec des moufles, dans lesquelles les doigts sont les uns contre les autres, c’est mieux, estime Josée Prévost, qui donne en passant deux petits trucs utiles : « sortir vos mains dehors une minute de temps en temps pour évacuer l’humidité. Et, pour les réchauffer, les ouvrir et les fermer plusieurs fois de suite. »

Se chausser adéquatement

hiver
Photo : Sébastien Côté

Au Québec, il faut composer avec la neige, la glace et la slush. On peut donc privilégier une chaussure avec membrane imperméable et de gros crampons, selon Josée. « Par contre, le pied peut devenir mouillé par la transpiration du coureur, donc elles ne sont pas recommandées pour un entraînement en intensité ». Dans ce cas, il vaut mieux « choisir un modèle ventilé comme des souliers de trail classiques. Avec un bas de laine mérinos de qualité, ils conviennent dans la majorité des situations. »

Et pour courir malgré la pluie verglaçante, « les seules solutions sont des chaussures équipées de crampons de métal ou des crampons que nous ajoutons à notre chaussure. C’est un peu moins confortable, mais parfois, c’est ce qu’il faut pour sortir de chez soi en sécurité », conclut-elle.

Courir en sécurité

frontale
Photo : Cyrille Quintard

Si vous courez le matin ou le soir, il y a de bonnes chances que votre sortie soit nocturne. Pour bien voir, une lampe frontale est recommandée. Pour être bien vu, vous pouvez porter un brassard ou un gilet fluorescent ou équipé de DEL.

Et s’il vous reste du budget, vous pouvez compléter votre kit de course hivernal avec une paire de lunettes de soleil anti-buée.

Les coureurs expérimentés s’entendent là-dessus : il n’y a pas de raisons de s’empêcher de sortir courir l’hiver.  Il faut s’adapter en permanence en fonction des conditions météo et de ses habitudes, en portant des vêtements techniques appropriés, afin que l’entraînement reste un véritable plaisir.

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