David Jeker - Photo : Vincent Champagne

Une cinquième Transgrancanaria pour David Jeker

DISTANCES+ À LA GRAN CANARIA – « J’ai une relation amour-haine avec cette course-là », lance l’athlète québécois David Jeker, attablé à une petite table de café, sur le « paseo de las Canteras », devant l’océan Atlantique. Et pour cause : il a abandonné trois fois l’épreuve de 128 km (7500 m D+) de la Transgrancanaria, qui a lieu de nouveau ce week-end, avant de la compléter l’an dernier, mais sur un résultat qui ne l’a pas satisfait (51e, 18 h 28).

Toujours ambitieux, David espère bien courir cette fois, mais ne se fait pas trop d’attentes. « Oui et non », répond-il lorsqu’on lui demande s’il espère un bon résultat. « C’était mon objectif quand je me suis inscrit, mais je n’ai pas fait l’entraînement nécessaire », dit celui qui, ironiquement, est l’entraîneur d’une vingtaine d’athlètes.

« Mon problème, c’est que l’hiver, j’aime mieux faire du ski que courir », dit-il. Résultat : peu d’entraînement spécifique, surtout pour les descentes, qui lui font peur. « Je ne me sens pas prêt du tout à faire 7000 m de dénivelé négatif », lance-t-il.

Pourquoi revenir?

En octobre, David Jeker a fait partie de la délégation québécoise rassemblée par La Clinique du Coureur à La Réunion, où il a pris le départ de la fameuse Diagonale des fous. Parti très vite, comme c’est son habitude, il a fait partie du groupe de tête qui a pris un mauvais embranchement et qui s’est perdu sur le parcours. Même s’il a tenté de revenir, il a dû abandonner en cours de route.

« J’étais très en forme pour la Diag’, et je me suis perdu, en plus de me fouler une cheville, alors la Transgrancanaria, je vois ça un peu comme une revanche », dit-il. Surtout que son avion pour La Réunion ayant été en retard de plus de 24 h, il a obtenu le remboursement du billet. Il a pris son vol pour la Gran Canaria avec la somme obtenue.

« Et puis, le ˝timing˝ est bon, ajoute-t-il, car c’est la semaine de relâche ». David, 32 ans, effectue un doctorat en sciences de l’activité physique à l’Université de Sherbrooke. 

Enfin, il aime pouvoir se comparer avec l’élite internationale, afin de jauger de son niveau. Ce week-end, on trouvera sur le parcours certain des plus grands coureurs du moment, dont l’Espagnol Pau Capell (cote ITRA 926), triple vainqueur (2017, 2018 et 2019) et champion en titre de l’Ultra-Trail World Tour, son compatriote Pablo Villa Gonzalez (ITRA 893), deuxième de l’épreuve l’an dernier, les Américains Jared Hazen (ITRA 919) et Dylan Bowman (ITRA 900), ou encore le Chinois You Peiquan (ITRA 890).

La compétition avant tout

De son propre aveu, David ne court pas juste pour le plaisir de finir une course. S’il est ici, c’est pour faire un bon résultat. Il est compétitif. « La Diagonale des fous, c’est une expérience qui m’a amené a réfléchir beaucoup. C’est sûr que du point de vue ˝plaisir˝, le vélo aussi c’est pas mal le fun, alors des fois je me demande pourquoi je fais encore des ultras », dit celui qui a connu ses heures de gloire autour de 2015, lorsqu’il a, notamment, remporté l’Ultra-Trail Harricana.

Depuis, même s’il se qualifie de « has been du trail », il continue de participer à des compétitions – « parce que ça reste le fun l’ambiance au départ, avec tout le monde » – mais n’a plus impressionné sur les résultats. Il est quand même capable de fournir un bon effort – après tout, il était du cortège de tête de la Diagonale avant de se perdre, et il a fini 4e à l’Ultra-Trail Harricana en septembre dernier après avoir passé une ne bonne partie de la course en tête.

À quelques jours du départ, il profite du bon temps sur l’île de la Gran Canaria, au large de l’Afrique, et tente de relaxer un peu en faisant du vélo de route. « C’est le paradis du vélo ici », lance-t-il d’ailleurs. « Je ne pense pas que mes quads sont prêts pour la course, mais on verra bien comment ça va se passer. Je pense que c’est mieux quand on ne prend pas tout ça trop au sérieux. »

La Transgrancanaria « classique » s’élance vendredi soir sur le coup de 23 h (heure locale, 18 h au Québec) à partir de la plage de Las Canteras, à Las Palmas. L’épreuve traverse toute l’île pour se terminer au sud, dans le village de Maspalomas.

Outre la course classique, il y a aussi une distance de 262 km, un 65 km, un marathon et des plus petites distances de 30 et 17 km.

Parmi les Québécois, deux autres hommes sont du départ du 128 km, Julien Conte et Maxime Simard.

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