Matthieu Pelletier signe le deuxième meilleur temps du tour de l’île de Montréal

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Matthieu Pelletier, en mauve, encadré de ses accompagnateurs sur le parcours du tour de l'île de Montréal - Photo : Geoffrey Lonca

L’athlète montréalais Matthieu Pelletier a réussi à faire le tour complet de l’île de Montréal en courant ce samedi 10 avril. Il lui a fallu 10 h 53 m 28 s pour venir à bout des 123,8 km de cette grande boucle, à 24 minutes du temps de référence établi l’an dernier par Mathieu Blanchard. Distances+ profite de l’occasion pour présenter cet athlète à surveiller sur les courses de trail.

C’est pour fêter son 36e anniversaire que le père de quatre enfants s’est élancé à 7 h du matin avec des membres de sa famille et quelques amis proches qui se sont relayés pour le soutenir tout au long de son aventure. 

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Sur les premiers 50 km, les sensations étaient très bonnes, raconte Matthieu. Il est parti sur un rythme de 13 km/h dans le but de revenir à son point de départ en moins de 10 heures, ce qui était son premier objectif, et afin de ravir le FKT (Fastest Known Time) à Mathieu Blanchard (10 h 29 m).

Mais il a été pris de crampes et a dû s’ajuster. « J’ai ralenti le rythme pour rester sur le temps de Mathieu Blanchard après la mi-parcours », explique celui qui travaille comme conseiller pédagogique en activité physique au Centre de service scolaire de Montréal et qui, en parallèle, étudie à la maîtrise en enseignement de l’univers social.

Lorsque les crampes se sont renforcées, que l’allure diminuait et que la chaleur augmentait, il s’est repositionné sur son objectif B, à savoir de terminer en moins de 10 h 30.

Une fois arrivé sur la rue Notre-Dame, au moment d’attaquer les 23 derniers kilomètres, « j’étais juste en mode survie avec la chaleur et le manque d’ombre », raconte Matthieu. Sur l’ensemble du parcours, il a couru à une allure moyenne de 5’17 min/km.

L’auteur de ces lignes, qui a mis une heure de plus pour effectuer le même tour de l’île en octobre dernier, peut témoigner de l’effort impressionnant fourni par Matthieu, en l’accompagnant sur les 46 derniers kilomètres.

Strava Montréal
Le tour de l’île représenté sur Strava

En guise de préparation, Matthieu Pelletier avait couru, le 28 février dernier, le tour de Laval, s’offrant le FKT sur ce parcours de 77 km en 6 h 03 m 45 s, alors que la neige recouvrait encore les trottoirs. Il a maintenu un entraînement soutenu pendant l’hiver afin d’attaquer la saison de trail québécoise, malgré les incertitudes liées à la pandémie.


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Un coureur dans l’âme

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Matthieu Pelletier a mis 10 h 53 pour compléter le tour de Montréal. – Photo : Geoffrey Lonca

Matthieu Pelletier a grandi dans un milieu modeste où il n’a pas pu pratiquer de sport, mais il est tombé dans la course à pied assez tôt. 

Adolescent, il livrait les journaux dans son quartier équipé d’un chariot qu’il tirait avec une corde au rythme de course. « J’avais besoin de me dépenser et je livrais plus vite en courant », explique-t-il. 

Il a remporté sa première course en secondaire et a pris conscience de son potentiel athlétique, ce qui l’a amené à intégrer le club d’athlétisme de son cégep.

À 20 ans, à la suite d’une rupture amoureuse, Matthieu a décidé de partir de Montréal à la course pour rejoindre Québec, puis il a poursuivi son chemin vers Matane, aux portes de la Gaspésie, avant de revenir en faisant du pouce. « Je me sens bien dans la course à pied et plus particulièrement dans les longs efforts. C’est là-dedans que je m’épanouis », confie-t-il en se remémorant cette aventure.


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Un athlète bien plus discret que son palmarès

Matthieu Pelletier et sa famille – Photo : Geoffrey Loncas

Après s’être entraîné dans différents clubs d’athlétisme, Matthieu s’est attaqué à son premier marathon, à Philadelphie, qu’il a terminé en 2 h 55. Mais l’appel des sentiers devenant de plus en plus fort, il s’est inscrit au XTrail de Sutton qui accueillait les championnats canadiens en 2012.

Ce premier essai en trail lui laisse un souvenir « désastreux », mais il a renouvelé l’expérience au même endroit cinq ans plus tard et a terminé à la seconde place.

C’est à partir de là qu’il a la piqûre des sentiers. Toujours en 2017, il a enchaîné sur le format marathon de l’Ultra-Trail Harricana (UTHC) et s’est classé à une belle 5e place. Constatant ses facultés pour endurer de longs efforts, il ambitionne alors de se tester sur des formats plus longs. « Chaque année, j’augmentais les distances », fait-il remarquer.


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En 2018, il s’est aligné sur le 80 km du Québec Méga Trail (QMT), puis sur le 65 km de l’UTHC. En 2019, il a signé une 9e place au championnat canadien d’ultra-trail qui se déroulaient sur le 110 km du QMT. Notons également une 9e place au très relevé 50 km de la Clinique du Coureur, une 2e place au 50 km du Trail du Grand-duc ainsi qu’une 6e place sur le 125 km de l’UTHC.

Depuis la pandémie, Matthieu s’est lancé sur plusieurs défis. Il a notamment réalisé un 100 km dans les Laurentides en courant trois boucles de 33 km, et un 160 km sur le mont Royal en parcourant huit boucles de 20 km l’été dernier – qu’il a fait à deux reprises. Il n’a passé que 15 h 40 sur les sentiers de la « montagne » montréalaise lors de sa deuxième tentative.

Malgré les doutes sur la tenue des événements, Matthieu maintient son objectif de courir des 100 miles puisqu’il a inscrit la Gaspésia 100 à son programme estival, ainsi que les 80 km de la Chute du Diable, en guise de préparation au 160 km du Bromont Ultra plus tard à l’automne. 

Il faudra surveiller Matthieu dans les années à venir sur la TransMartinique, le Zion Ultra Marathons et la Black Canyon Ultra… et ainsi compter sur lui pour représenter dignement les couleurs du trail québécois à l’international.

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