Grégoire Curmer : « en sortant de tout ça, j’aurai faim et j’aurai envie de courir »

Grégoire Curmer
Grégoire Curmer dans le cirque de Mafate à La Réunion - Photo : Compressport
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Le confinement obligatoire instauré en France pour endiguer le coronavirus ainsi que l’annulation ou le report de toutes les compétitions jusqu’à cet été au plus tôt, a mis la saison de tous les athlètes européens, souvent avant même qu’elle ne débute, sur pause. Mais comment vivent-ils cette période complètement inédite? Distances+ a posé la question à plusieurs des meilleurs traileurs français actuels au nom de l’ensemble de la communauté de coureurs. Ils y ont répondu alors que le confinement était encore en vigueur.

C’est au tour de l’ultra-traileur Grégoire Curmer, vainqueur de la Diagonale des fous à La Réunion en octobre dernier, de nous raconter son confinement et ses perspectives pour cette année pas comme les autres.

L’athlète de Chamonix Grégoire Curmer a remporté la Diagonale des fous 2019 –
Photo : Grand Raid de La Réunion

En 2019, il s’est également distingué avec une deuxième place à l’Istria 100 en Croatie et une 5e place à la TDS à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Plus tôt cette année, Grégoire expliquait à Distances+ qu’il travaillait énormément dans le restaurant où il officie comme sous-chef à Chamonix, parfois jusqu’à 70 heures par semaine, mais que ça ne l’empêchait pas de passer du temps en montagne, parfois de 25 à 30 heures par semaine.

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Distances+ : Comment vis-tu la période de confinement actuelle?

Grégoire Curmer : J’ai vécu les 30 premiers jours plutôt bien, avec beaucoup d’activités intérieures. Je me suis occupé de mon jardin, de ma terrasse, j’ai beaucoup cuisiné et j’ai eu le temps de lire et de faire des étirements, ce que je n’ai pas le temps de faire d’habitude. Mais ensuite ça a commencé à devenir très long. Je suis un homme de l’extérieur et voir cette montagne ensoleillée tous les jours et ne pas pouvoir y aller me fruste beaucoup, mais bon ça vaut pour tout le monde alors j’attends et je suis patient.

Parle-nous de l’impact que cela a eu sur ta motivation.

Je ne ressens aucun n’impact négatif sur ma façon de voir les choses sur mes prochaines échéances, ça me permet de me ressourcer et de prendre le temps pour faire d’autres activités. J’ai aussi le temps de faire des entraînements de qualité et du renforcement musculaire. Je trouve justement que ça a au contraire un impact positif, car en sortant de tout cela j’aurai faim et j’aurai envie de courir.

As-tu fait une croix sur ta saison? Sur quoi te concentres-tu désormais?

Je devais faire une course au Pérou en début de saison et enchaîner avec la Swiss Canyon Trail pour me diriger vers l’Ultra trail di Corsica (où il avait terminé 2e en 2017, NDLR) au mois de juillet, avec comme objectif principal de l’année l’UTMB cet été avant de finir au mois d’octobre par une course aux États-Unis.

J’avais aussi le projet de tenter le record de la traversée du GR 5 dans les Alpes entre Chamonix et Briançon (202 km, 12 500 m D+).

Vu que tout est chamboulé et que nous ne savons pas grand-chose des courses à venir, je vais faire la traversée du GR 5 et ensuite je verrai comment se déroulent les courses et j’adapterai ma saison en fonction de cela.

Grégoire Curmer sur la TDS 2019 où il avait déjà marqué les esprits en prenant la 5e place – Photo courtoisie

Quel enseignement tires-tu de ce que nous sommes en train de vivre?

J’ai pris conscience que nous ne sommes que des humains et que face à de telles choses nous devons rester à notre place. Il faut savoir écouter, être patient et surtout, je pense que c’est un bon moyen de se remettre en question.

Quel message souhaites-tu faire passer à la communauté de traileurs et aux sportifs en règle générale en cette période difficile?

Je n’ai pas vraiment de conseils à donner. Je pense qu’on essaye tous de faire au mieux pour s’entraîner, ne pas dépasser les limites, ne pas partir dans l’exagération. Il faut juste être patient. Ça permet de travailler différemment, de prendre le temps de se reposer, de se ressourcer, de créer des projets, plein de choses qui ne sont sûrement pas possibles quand on travaille beaucoup et qu’on court après le temps.

Je pense qu’en sortant de ce confinement, on aura tous l’envie de courir des heures, donc faites attention à votre corps quand vous n’êtes pas habitués à des sorties longues. Attention aux blessures et écoutez-vous, c’est le plus important.

Greg Curmer en conférence de presse après sa victoire à la Diagonale
Grégoire Curmer en conférence de presse après sa victoire à la Diagonale – Photo : Nicolas Fréret

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