Christophe Le Saux bat le record de la traversée du Jura en se perdant une dizaine de fois

Traversée des sept merveilles françaises

Christophe Le Saux
Christophe Le Saux a battu le record de la traversée du Jura en 25 h et 20 min - Photo : Christophe Le Saux

L’ultra-traileur français Christophe Le Saux a battu le week-end du 10 et 11 juillet le record de la traversée du Jura en 25 h et 20 min. Cette aventure de 190 km et 7000 m de dénivelé positif était la troisième étape de son projet de parcourir « les sept merveilles françaises ».

Ce dernier consiste à faire sept traversées, et autant de tentatives de record, dans sept massifs français, à savoir l’île de la Réunion, le Jura, les Alpes, les Vosges, le Massif central, les Pyrénées et les quatre plus hauts sommets de Tahiti. Il avait commencé ce défi en octobre 2020 en traversant La Réunion et l’avait poursuivi début juin avec la traversée du Massif central.

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Le temps de référence de la traversée du Jura était détenu depuis à peine deux mois par Romain Sophys en 26 h 22 min.

Difficulté d’orientation et orage

Christophe Le Saux
La trace de Christophe Le Saux passait par moment dans des prairies au milieu des vaches – Photo : Christophe Le Saux

Ce troisième défi a été plein d’embûches. Parti de Pontarlier, Christophe Le Saux a dû composer avec un orage durant « trois ou quatre heures à la tombée de la nuit ». Résultat : il a eu très froid juste avant une nuit périlleuse. 

En effet, l’ultra-traileur et les quelques coureurs qui l’ont accompagné ont éprouvé des difficultés à progresser dans la pénombre. « Il y a beaucoup de brouillard la nuit dans le Jura », souligne le coureur à la longue chevelure bouclée. Et la trace GPS qu’il avait importée sur sa montre n’était pas très précise, déplore-t-il. « J’ai dû me perdre une dizaine de fois », a-t-il confié à Distances+.


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Même de jour, il n’a pas toujours été facile de s’orienter correctement. « Il y a de grandes parties où le sentier n’existe pas, raconte Christophe Le Saux. On suit la trace GPS au milieu de nulle part, dans de grandes prairies au milieu des vaches ou dans des bois où il y a eu de grosses coupes. »

Lui qui a compté à un moment jusqu’à deux heures et demie d’avance sur le record de Romain Sophys, a perdu beaucoup de temps durant la nuit. « À la fin, j’étais un peu dégoûté d’avoir perdu du temps dans la nuit donc j’ai couru assez vite sur la dernière partie qui était assez technique », se remémore-t-il. Après avoir parcouru 170 km, il dit avoir couru les 18 derniers kilomètres (750 m D+) en 2 h 20 min

Un parcours « roulant »

Christophe Le Saux
Christophe Le Saux a trouvé le parcours roulant avec une grande majorité de portions où il fallait courir – Photo : Christophe Le Saux

L’aventurier dit avoir été surpris par l’aspect « roulant » de cette traversée. « On trouve de très beaux sentiers, de très beaux singles, de la piste forestière, quelques parties bitumées et des parcours inhabituels, comme des traces de GR ou des traversées de pâturages, mais il faut toujours beaucoup courir et ne rien lâcher », détaille-t-il. 

Car, il faut le rappeler, avant de se lancer dans ses quêtes de record de ses différentes traversées, il ne prend pas le temps de faire des reconnaissances. « J’ai tellement envie de faire des parcours différents et de profiter au maximum de la vie que je n’ai pas le temps de faire plusieurs fois le même trajet », argumente-t-il.


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Néanmoins, ne pas devoir beaucoup marcher a ravi Christophe Le Saux qui estime « ne pas être un bon marcheur ». « Ce parcours était vraiment fait pour moi! »

Il s’est tout de même improvisé une séance de cryothérapie au 75e kilomètre, à Foncine-le-Haut, en restant quelques minutes dans l’eau d’une fontaine.

Quatrième étape : les Vosges

« La prochaine étape sera sûrement la traversée des Vosges, mais j’ai du mal à trouver un créneau parce que j’essaye de prendre au minimum 15 jours un peu plus cool entre chaque course ou défi, explique Christophe Le Saux. Pour le moment, je prévois de la faire la troisième semaine d’octobre. »

Le globe-trotteur est rentré la semaine dernière à Vancouver, dans l’ouest du Canada, où il compte passer du temps en famille, mais aussi poursuivre son entraînement en faisant « du paddle, du kayak, du vélo et de la course à pied ». Car son programme jusqu’à la fin de l’année est déjà bien chargé.

Le 17 septembre, il participera notamment à la Run Rabbit Run (165 km, 6160 m D+) dans le Colorado, aux États-Unis. « Je dois faire cette course en moins de 26 heures parce que, juste après, j’ai un vol pour faire un stage de trail avec une entreprise à Tenerife. Si je ne la fais pas en moins de 26 heures, je loupe mon avion », s’amuse-t-il.

Lors de ce stage, il prévoit notamment de faire la Ruta 0-4-0, soit l’ascension et la descente du Teide (le sommet le plus haut d’Espagne avec ses 3715 m d’altitude) totalisant 55 km pour 4000 m de dénivelé positif et autant de dénivelé négatif, avant d’enchaîner avec le Trail des Incas (226 km et 9000 m D+ en 10 étapes) qu’il organise, et auquel il participe, au Pérou. 

Au retour de cette aventure, il devrait réaliser sa traversée des Vosges, puis enchaîner avec la traversée du Haut Atlas au Maroc (240 km en huit étapes) et celle du Draa, toujours au Maroc (120 km en 4 jours). Il terminera l’année 2021 par une autre course à étapes, au Cap-Vert cette fois-ci, et par une dernière course en France qu’il n’a pas encore déterminée, peut-être la SaintéLyon (78 km, 2040 m D+) ou la LyonSaintéLyon (156 km, 4400 m D+). 

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