Madère : Jessy Forgues vise un top 10 au Portugal

Plusieurs Québécois au départ de l’Ultra-Trail de l’île de Madère

MIUT PORTUGAL Joao M. Faria
Photo : Joao M. Faria

Marqué par un enchaînement de pics abrupts cumulant 7712 m de dénivelé sur 116 km, l’Ultra-Trail de l’île de Madère (MIUT) est l’une des étapes les plus exigeantes de l’Ultra-Trail World Tour (UTWT). Parmi les coureurs élites qui se lanceront vendredi soir dans la traversée de l’île portugaise, on suivra la Sherbrookoise Jessy Forgues, qui rêve d’un top 10.

Cette huitième épreuve du circuit mondial est plus dure et plus technique que la Diagonale des fous, selon François D’Haene dernier vainqueur en un peu plus de 13 h. Les 900 engagés devront courir sur des sentiers de roches volcaniques et affronter des montées raides et des descentes dangereuses.

Le MIUT offre des vues époustouflantes aux coureurs - Photo : Tiago Sousa Nowords Productions
Le MIUT offre des vues époustouflantes aux coureurs – Photo : Tiago Sousa Nowords Productions

La force mentale de Jessy Forgues

L’an dernier, même blessée, Jessy Forgues n’avait pas voulu renoncer à prendre le départ de sa première course en Europe. Elle avait fait le voyage du Québec au Portugal, mais son corps avait rapidement exprimé son désaccord. Elle y retourne donc le couteau entre les dents, en forme et déterminée à aller au bout.

« Je me sens fébrile de partir là-bas et de faire face à ce beau défi d’atteindre le finish cette fois », a-t-elle confié à Distances+ avant de s’envoler vers Madère. En mars, elle a décroché une superbe troisième place lors du 50 km de Behind The Rock à Moab, en Utah, course à laquelle elle avait dû également renoncer en 2017.

Malheureusement, il y a quelques jours, elle est tombée sur la tête lors d’un entraînement matinal sur une piste de ski glacée. « J’ai fait une commotion. Il me reste encore quelques séquelles, mais ça passera, j’en suis convaincue. J’ai la tête dure! » assure-t-elle.

L’objectif de Jessy, lors de cet Ultra-Trail de l’île de Madère, est de se classer parmi les dix meilleures féminines.

JESSY FORGUES BEHIND THE ROCK
Jessy Forgues, à Moab (Utah) – Photo : Jessy Forgues

Claire Heslop enchaîne les courses de l’UTWT

Il y a deux mois, la Torontoise Claire Heslop avait terminé 40e de la Transgrancanaria, en Espagne. Avant d’aller courir le Lavaredo en Italie, elle se rendra elle aussi au Portugal pour le MIUT dans le but de «  simplement profiter du parcours », a-t-elle indiqué à Distances+. « Il a été difficile de m’entraîner en montagne avec mes longues heures de travail (elle est urgentologue et enseignante à l’Université de Toronto), donc j’ai surtout fait beaucoup plus de musculation et j’espère bien courir jusqu’à la fin. »

Le plus grand défi de Michelle Bousquet

Autre Québécoise engagée à Madère en fin de semaine, Michelle Bousquet est excitée à l’idée de « voir les grandes montagnes, de nouveaux paysages et (par) l’énorme défi », qu’elle s’offre. Elle a par ailleurs bien hâte de courir à la chaleur pour couper court à un hiver qui n’en finit pas.

Michelle fera l’objet d’un article sur Distances+ cette semaine.

« Trip de gars » à Madère

Du côté des athlètes masculins, aucun coureur élite, mais des coureurs expérimentés, comme le « trio de potes » Vincent Houle, Stéphane Poulin et Maxime Simard.

Vincent, qui prend le départ pour la deuxième année consécutive, vise uniquement la ligne d’arrivée. Il ne cherchera même pas forcément à faire mieux que l’an dernier. Il a peu couru depuis son Tor des Géants. « Le retour a été très difficile et la course a été mise de côté pendant plusieurs mois pour laisser place au ski de rando, au ski de fond et au fatbike. Je suis retourné dans les Alpes en janvier-février, mais seulement pour y skier. On va y aller au rythme du jour, avec le sourire », nous raconte-t-il avec son éternel dynamisme. En septembre, Vincent Houle va découvrir « le plus long trail d’Europe», la Swisspeak 360, au coeur des Alpes suisses.

Pour Maxime Simard, le gérant de la Maison de la course de Sainte-Thérèse, le MIUT est la première escale vers le Tor, dont il prendra le départ cet automne avec Stéphane Poulin. « Ça va être un gros défi, surtout en début de saison, estime-t-il. J’attaque de front cette course dans le but de la finir et de profiter de chaque petit instant que la course nous procure et les paysages époustouflants de Madère. On ne peut jamais être prêt pour des courses comme ça. On y va un kilomètre à la fois et on s’adapte, mais je me sens définitivement en bonne forme physique. »

François Dessureault, David Orr et Mir Shafiee sont les trois autres Canadiens engagés sur la course qui partira de Porto Moniz au nord-ouest de Madère en direction du coeur de l’île avant de remonter vers Machico au sud-ouest.

L’Ultra-Trail du Mont-Fuji, au Japon, est également au programme ce week-end. Il a réintégré cette année le calendrier de l’UTWT.