L’Ultra-Trail Harricana, prête pour sa première édition dans l’Ultra-Trail World Tour

Le chef cuisinier Jean Soulard parmi les participants du 28 km lors de l’Ultra-Trail Harricana 2015 – Photo : Ultra-Trail Harricana/Nicolas Mithieux

C’est ce weekend que les coureurs en sentier se lanceront dans les étendues sauvages de Charlevoix, dans le cadre de l’une des courses de l’Ultra-Trail Harricana (UTHC), dont l’épreuve reine de 125 km. Cette cinquième édition de l’une des plus importantes courses de trail au Québec marque son entrée dans le circuit prestigieux de l’Ultra-Trail World Tour (UTWT).

L’UTHC rejoint ainsi la douzaine de courses emblématiques de cette compétition, entre autres le Marathon des Sables, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc et celui du mont Fuji. « On est vraiment aux côtés des plus grandes courses du monde », signale Sébastien Côté, président-fondateur de l’événement.

C’est en août 2015 qu’il s’est rendu à Chamonix pour vendre son épreuve et la région de Charlevoix aux dirigeants de l’UTWT. Visiblement, ils se sont montrés intéressés.

« Le circuit ne veut pas un seul format. Il veut vraiment intéresser des athlètes complets. C’est pourquoi ils vont chercher différents terrains, mais aussi différentes cultures. »

« Quand on a lancé l’UTHC, on l’a fait pour vrai. On a pris ça au sérieux, on avait un plan d’affaires, raconte l’organisateur. On ne peut pas arriver et rentrer dans une série mondiale comme l’UTWT juste comme ça. Il faut travailler dans ce sens-là, faire les bonnes rencontres. On a travaillé longuement là-dessus ».

À Charlevoix, on ne trouve pas le soleil brûlant du désert ni les sommets aux neiges éternelles des Alpes. On y retrouve plutôt un dépaysement et un sentiment de communion avec la nature, ainsi que des points de vue à couper le souffle. « On met vraiment l’accent sur la forêt boréale, le côté rustique et l’accueil chaleureux, explique Sébastien. Quelqu’un qui vient ici sait que ça va être vraiment sauvage », dit-il, pour expliquer comment son organisation cherche à se démarquer depuis les tout premiers débuts.

« On a tout ce qu’il faut à Charlevoix pour accueillir le monde entier », relève encore le président-fondateur, qui est aussi ultramarathonien. Les dénivelés et les paysages, bien sûr, mais la gastronomie et les sites touristiques de Charlevoix comptent aussi beaucoup pour séduire les visiteurs et les faire revenir année après année.

Une course accessible, mais exigeante

Se disant accessible, avec des distances plus courtes de 5, 10 et 28 km, l’événement Harricana n’est pas pour autant qu’une simple balade dans les bois. On y trouve des sections en montée ardues ainsi que des passages jonchés de roches et de racines.

Les parcours de 65 et 80 km représentent de beaux défis. « C’est psychologique, explique Sébastien. Pour les coureurs, il y a des creux où on ne veut plus avancer, des doutes, des moments de pleurs. Mais d’un autre côté, la nature est tellement magnifique. Ça t’appartient, c’est ta course. »

Le 80 km est un parcours que l’UTHC ramène cette année, et il sera offert tous les deux ans. Dans l’esprit de rendre l’ultra-trail plus accessible, cette course s’adresse aux ultramarathoniens en progression. « L’idée de l’amener comme ça tous les deux ans, c’est pour préparer l’athlète à faire un jour son 125 km », explique Sébastien.

Une organisation qui grandit

La course Harricana a été nommée ainsi en l’honneur d’une défunte course de motoneige entre Montréal et Radisson, que Sébastien décrivait comme « le Paris-Dakar de la motoneige ».

Pendant l’année, environ 70 bénévoles travaillent sporadiquement à l’organisation de la course. À ce noyau dur s’ajoutent environ 250 bénévoles le weekend de l’événement, notamment pour accueillir les coureurs aux points de ravitaillement, mais aussi sur le site du centre de ski du mont Grand-Fonds.

« L’UTHC est de plus en plus populaire chaque année, note Sébastien. C’est qu’au fil du temps, la course en sentier est de plus en plus reconnue, croit-il, sans toutefois devenir victime de sa popularité. »

« Depuis trois ans, on a entre 1 200 et 1 300 athlètes, et on ne veut pas trop dépasser ça. Si c’est trop gros, on va perdre un peu de notre cachet », dit-il. Ce qui ne l’a pas empêché d’annoncer récemment que l’UTHC 2016 allait accueillir un nombre record de coureurs, soit plus de 1 400.

« Il ne faut pas se méprendre; si les coureurs sont bienvenus dans les bois, la nature doit rester reine », conclut Sébastien. Mais désireux de toujours innover, il promet encore des nouveautés et des surprises pour l’édition 2017, et « elles seront annoncées dès le lendemain de la course », dit-il.

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