Le XC de la Vallée : au cœur de l’émergence de la course en sentier au Québec

Maxime Leboeuf
Maxime Leboeuf, gagnant masculin 2016 de la course TransVallée du XC de la Vallée - Photo : Olivier Mura

Le XC de la Vallée avait lieu cette fin de semaine, du 19 au 21 août, dans la Vallée-Bras-du-Nord, dans la région de Portneuf. Tout un succès, encore une fois, pour cette course qui fêtera l’an prochain son dixième anniversaire. Atteignant depuis au moins trois ans le plafond maximal de coureurs admissibles, le XC de la Vallée a beaucoup évolué avec le temps, non sans enorgueillir ses organisateurs de figurer aujourd’hui parmi les incontournables de la saison québécoise de course en sentier.

Le fondateur et directeur de course, Jean Fortier, se rappelle, il y a neuf ans, que tout était difficile. Première course à étapes se tenant sur plusieurs jours et première course proposant une épreuve de nuit à la lampe frontale, le XC de la Vallée a été créé alors que la course en forêt en était à ses balbutiements au Québec, avec seulement sept courses officielles enregistrées.

« Je viens du monde des raids d’aventures et il était donc naturel pour moi de courir en forêt », explique Jean Fortier. « Quand j’ai vu l’intérêt qu’il y a eu pour la première édition du Ultimate XC au Québec, à l’été 2008, un événement auparavant organisé aux États-Unis, j’ai compris qu’il y avait un potentiel à développer », poursuit-il. Aussi, lorsque le directeur général de la Vallée-Bras-du-Nord, Frédéric Asselin, a ouvert la porte pour organiser un nouvel événement dans son parc, l’idée n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.

Le défi était de taille. « Il n’y avait pas d’eau potable, l’électricité était très limitée, le parc n’offrait pas de services de proximité, pas d’hébergement et les communications radio et Internet n’étaient vraiment pas terribles », souligne Jean Fortier. Au fil du temps, le propriétaire du camping local et les responsables du parc ont heureusement créé des services qui allaient être utiles pour la course (accès à l’eau potable, bornes électriques, etc.). C’est cependant le concept unique de la course et sa localisation dans un environnement exceptionnel qui allaient en garantir le succès.

Un développement rapide

Proposant les premières années un circuit de 10 km de nuit et un demi-marathon de jour le lendemain, la création du TransVallée, avec l’inauguration du sentier de 38 km, en 2011, a été une étape marquante pour l’évènement, qui s’est alors étalé sur trois jours plutôt que deux. « À la 5e édition, en 2012, on a eu assez d’inscriptions pour être capable de réserver le camping et aller s’y installer. Ça a fait progresser la course parce que les commentaires étaient dithyrambiques », explique Jean Fortier.

Pour Antoine Lebeau, qui participe au XC de la Vallée depuis ses touts débuts, tout le bouillonnement autour du XC de la Vallée et le fait qu’il y ait un grand espace pour se rassembler et célébrer, sur le bord de la plage, pendant trois jours, crée en effet un réel noyau entre les coureurs. Ce dernier, ancien coureur sur route, qui est aussi responsable de l’entretien des sentiers de la Vallée-Bras-du-Nord, ne jure plus que par la course en sentier, et particulièrement le XC de la Vallée, qu’il n’a manqué que pour une deuxième fois cette année en raison de l’accouchement imminent de sa conjointe. « J’adore les parcours du XC de la Vallée, très exigeants et techniques, 100% trail, majoritairement en sentiers étroits et rarement dans des sentiers forestiers », souligne-t-il.

Le XC de la Vallée a d’ailleurs sans doute contribué au développement fulgurant que connaît la course en sentier aujourd’hui, croit Jean Fortier. « Le fait de partir l’événement en même temps que d’autres courses comme le Xtrail du Mont Orford et le Ultimate XC, ça a parti un mouvement. Plusieurs ont commencé par le XC de la Vallée et ont trippé, donnant la piqûre pour créer d’autres courses ailleurs au Québec », conclut le directeur de course, qui prépare de nouvelles surprises pour le dixième anniversaire de l’évènement, en 2017.

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