Le défi « Les camps de l’Everest » démarre en lion

Kate Rivard
Kate Rivard, ambassadrice pour le Témiscouata du défi des Camps de l'Everest - Photo : courtoisie

L’organisateur des « Camps de l’Everest », Yvan L’Heureux, n’était pas moins enthousiaste qu’à son habitude cette semaine en entrevue avec Distances+, en faisant la liste des premières statistiques du défi qu’il a monté avec son organisation « Défi Everest ».

Pour le lancement, le 1er janvier, pas moins de 208 coureurs étaient inscrits. En une semaine, ils ont déjà cumulé plus de 260 000 mètres de dénivelé positif. Certains coureurs ont déjà fait plus de 10 000 mètres, énumère-t-il. « Je ne pensais que ça allait partir en fou comme ça », avoue Yvan L’Heureux, un athlète du Bas-Saint-Laurent qui a déjà participé à plusieurs ultras, dont le Tor des Géants et la TransPyrenea.

Ce énième défi virtuel est né en raison de la situation sanitaire, explique M. L’Heureux, alors qu’il cherchait une solution de rechange à la tenue de l’événement « Défi Everest » qu’il a fondé et qui se déroule (normalement) dans plusieurs villes du Québec. 

Car, comme presque tous les autres événements sportifs, la Covid a forcé son annulation en 2020, avant de passer en mode virtuel.

« On a réfléchi à ce qu’on pouvait faire de différent en 2021, et on a proposé ce projet au conseil d’administration », raconte Yvan L’Heureux, avant de détailler le concept : pendant huit mois, les participants devront accumuler un maximum de dénivelé positif de quelque manière que ce soit, soit la marche, la course, la raquette ou le ski de randonnée, entre autres (tout, sauf ce qui est motorisé comme le vélo ou la moto, par exemple.)

Le but est d’atteindre des « camps de l’Everest » virtuel, et peut-être de se rendre au sommet! Le chiffre de référence : la vraie hauteur du vrai Everest, depuis le niveau de la mer, soit 8848 mètres. 

Le camp 1 est arbitrairement placé à trois fois cette hauteur, le camp 2 à 5 fois cette hauteur et ainsi de suite, jusqu’au « sommet », qui pourra être atteint en accomplissant 70 784 m de D+, c’est-à-dire huit fois la hauteur du vrai mont Everest.

Ce qui est assez costaud, constate Yvan L’Heureux, calculant que l’atteinte du « sommet » équivaut à gravir 300 m de D+ par jour, pendant huit mois. « Mais tu peux aussi te faire des week-ends-chocs », rappelle-t-il, certain que « tu vas te durcir les jambons ».

Une application a été créée spécifiquement pour le défi, où les participants peuvent entrer manuellement leurs entraînements. L’application n’est pas connectée à Strava ou aux montres d’entraînement.

« On veut que les gens se réapproprient leur liberté et leur territoire, parce que les courses sont annulées, donc ça prend un peu de motivation pour s’entraîner », dit Yvan L’Heureux, qui a lui-même commencé son défi sur tapis roulant en mode plaisir, avec son fils.

Une panoplie d’ambassadeurs motivés

L’aventurier Frédéric Dion, ambassadeur des Camps de l’Everest – Photo : courtoisie

Yvan L’Heureux, qui est aussi l’instigateur de l’événement Big Wolf Backyard Ultra, a réuni tout un groupe d’ambassadeurs afin d’influencer les sportifs à s’inscrire.

Parmi ceux-ci, on note Marline Côté, directrice générale de l’Ultra-Trail Harricana, Gilles Poulin, organisateur du Bromont Ultra, l’athlète bien connue Hélène Dumais, ainsi que plusieurs coureurs impliqués sur la scène du trail québécois, tels qu’Isabelle Bernier, Emmanuelle Dudon, David Bombardier, Martine Marois, et des coureurs d’expérience comme Richard Turgeon et Benoit Létourneau.

« Nos ambassadeurs, on a de la misère à les suivre », lance Yvan L’Heureux, tant ils débordent d’idées pour susciter l’engouement dans leur cercle respectif, et au sein de leur région.

Certains vont organiser des « défis escaliers », d’autres vont faire des « sorties-chocs » en groupe (lorsque cela sera possible).

L’aventurier bien connu Frédéric Dion est aussi de la partie à titre d’ambassadeur provincial. Il était déjà ambassadeur du Défi Everest régulier depuis trois ans, et a accepté de sauter dans ce nouveau projet avec joie.

« Pour moi, l’idée à travers ce défi-là, c’est de m’entraîner sur une base quotidienne pour augmenter mon dénivelé », explique-t-il, alors qu’il a en tête un défi montagnard pour l’année qui vient, et dont il ne peut pas encore parler.

Depuis le début de l’année, il s’est donc rendu à plusieurs reprises à « la seule côte » proche de chez lui, qui ne fait qu’une quarantaine de mètres de dénivelé.

« Non, je n’aurais pas fait ça sans le défi des Camps de l’Everest », affirme-t-il en riant. « Mais quand tu t’inscris, ça devient un engagement. Quand tu annonces ton projet, ça t’oblige à le faire! »

Frédéric Dion n’est pas un athlète de course à pied, dit-il. S’il a déjà fait un défi de 33 marathons en sept semaines, il court surtout pour maintenir son endurance de base, en vue des défis hors norme auxquels il est abonné.

Il a bon espoir d’atteindre le « sommet de l’Everest » sur sa petite côte ou ailleurs, au cours des prochains mois, notamment en se tapant des journées-chocs de 1000 ou 2000 mètres.

L’organisation Défi Everest ne conserve aucun montant administratif du coût d’inscription. Une partie paye le t-shirt qui est remis aux participants, tout le reste constitue un don à des organismes de bienfaisance.

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