Les tiques se font de plus en plus nombreuses : prudence!

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Une tique photographiée à la macro - Photo : Erik Karits / Pexels

Au fil des années, les tiques semblent de plus en plus présentes dans les campagnes et les boisés. Porteuses de bactéries susceptibles de transmettre à l’homme certaines maladies et notamment la maladie de Lyme, elles constituent une véritable menace pour les coureurs adeptes des itinéraires en milieu naturel. En cette période propice aux tiques, quelques précautions sont à prendre dans la pratique de la course à pied.   

L’été est là. Quel plaisir de profiter des longues journées pour partir courir en forêt, d’emprunter les petits sentiers au cœur d’un massif forestier, protégé des grosses chaleurs et des rayons du soleil par un parasol naturel constitué de la cime des arbres. La vision est idyllique. Pourtant, au détour d’un itinéraire, quand le sentier se fait plus étroit et que de grandes herbes ou des buissons viennent caresser les mollets, les cuisses ou toute autre partie du corps, l’ennemi peut être là. Accrochée à une herbe haute, la tique est là, prête à bondir sur le premier bout de peau qui la frôle. Et attention à ne pas se fier aux apparences.

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Malgré sa petite taille comprise entre seulement 3 et 11 mm, la tique peut se montrer redoutable pour le coureur à pied, ou le promeneur.

Rangées dans la famille des acariens, les tiques guettent leur « proie », principalement entre la fin du printemps et le début de l’automne, dans les zones boisées et humides, le plus souvent à des altitudes inférieures à 1500 m. Et quand se présente un « hôte » potentiel, elles s’accrochent alors au corps, de préférence dans les zones humides et chaudes (aisselles, entrejambe, derrière les genoux ou les oreilles), puis plongent leur tête dans la peau et commencent à aspirer le sang. 

Une durée d’incubation pouvant aller jusqu’à 30 jours

Si la tique se contentait de quelques grammes de sang aspirés et d’une petite démangeaison, sa nocivité serait limitée. Malheureusement, elle peut se montrer bien plus dangereuse. 

Dans certains cas, elle est en effet porteuse de bactéries dangereuses pour l’homme. La Borrelia est la plus connue de ces bactéries, car à l’origine de la maladie de Lyme, maladie qui se caractérise par des maux de tête, des douleurs musculaires, de la fièvre, des frissons, une faiblesse généralisée et parfois même par des complications cardiovasculaires. 

L’apparition d’un érythème migrant, une grosse plaque rouge et ronde d’au moins 5 cm de diamètre, à l’endroit où la tique a élu domicile, est souvent le signe le plus visible de l’infection. Il doit le plus vite possible déclencher une consultation médicale. 

D’autres bactéries transmissibles par les tiques peuvent provoquer chez l’homme plusieurs maladies (encéphalite à tique, anaplasmose granulocytaire humaine, tularémie, fièvre Q, rickettsioses éruptives). 

Problème : la durée d’incubation est très variable et peut s’étaler entre 3 et 30 jours après la morsure, rendant le diagnostic plus compliqué. Pas toujours évident en effet de faire le rapprochement entre une grosse fatigue et une morsure que l’on a peut-être attribuée à un insecte ou que, probablement, on n’a même pas sentie.

Si, selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), le risque d’être touché par la maladie de Lyme après une morsure de tique n’est « que » de 6 %, le danger existe et touche plusieurs milliers de personnes par an.

L’augmentation des cas en France ces dernières années (104 cas pour 100 000 habitants en 2018 contre 69 pour 100 000 en 2017, selon le ministère des Solidarités et de la Santé) a même déclenché, en 2016, un « plan national de prévention et de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmises par les tiques ».

Répandues sur tout le territoire français

Si la tique est implantée sur l’ensemble du territoire français, selon plusieurs études, notamment celles réalisées par l’INRAE à travers son programme Citique (une application sur le téléphone permet de signaler les morsures de tiques et ainsi d’établir une cartographie des zones à risque), elle est davantage présente en Alsace, Lorraine, Île-de-France, Basse-Normandie, Aquitaine, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées. 

Depuis quelques années, le Var (massif des Maures) et les Bouches-du-Rhône ont également vu croître dans les zones de garrigues ou de collines sèches la tique Hyalomma marginatum, reconnaissable à ses pattes rayées. 

Sans danger pour les animaux, elle peut dans certains cas (rares) transmettre à l’homme la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (potentiellement mortelle). Si aucun cas n’a pour le moment été diagnostiqué en France, cette variété de tiques a déjà fait des victimes en Espagne et en Turquie et est désormais placée sous haute surveillance.


Les tiques sont aussi présentes en quantité au Québec!


Les bons réflexes

Avant de partir courir dans une zone potentiellement habitée par les « poux des bois », il est conseillé d’appliquer un répulsif sur sa peau. L’idéal serait de se couvrir suffisamment pour limiter les zones de peau « offertes » et d’éviter de sortir des sentiers balisés. 

Mais en période estivale, il est difficile pour un coureur de résister à la tentation de partir explorer la nature. Au retour, il est donc très important d’inspecter l’ensemble du corps pour s’assurer qu’aucune tique n’est venue s’accrocher. 

Si tel est le cas, il faut alors la retirer le plus rapidement possible pour limiter les risques d’infection. De petites pinces spéciales sont vendues en pharmacie et permettent d’attraper la tique au plus près de la peau. Une pince à épiler peut aussi faire l’affaire. 

Attention à ne pas tirer d’un coup, la tête risquerait de rester dans la peau. Deux ou trois petites rotations permettent d’ôter l’ensemble du corps. Une fois la tique retirée, utiliser un antiseptique pour désinfecter la plaie (ne pas utiliser d’alcool ou d’éther avant de l’avoir retirée sous peine de provoquer chez la tique une régurgitation et donc d’augmenter les possibilités d’infection).

En cas de morsure, une attention particulière est nécessaire dans les semaines suivantes. Toute fatigue inhabituelle, faiblesse, apparition de courbatures sans raison particulière et, bien sûr, l’arrivée d’un érythème doivent être prises au sérieux et signalées à un docteur. 

Un traitement par antibiotiques permet de lutter très efficacement contre la maladie. Mais plus elle sera diagnostiquée tardivement, plus elle sera difficile à combattre et plus le risque de complications (problèmes cardiaques, arthrites sévères, paralysie des membres, des nerfs faciaux, etc.) sera important. 

Pas question de bouder son plaisir de courir en pleine nature, mais un minimum de précautions et de vigilance pourront éviter de gâcher l’été.

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