Une backyard revisitée s’est déroulée ce mardi 20 janvier 2026 à Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris. Elle a été organisée sous la houlette du champion du monde de triathlon olympique Vincent Luis, propriétaire du café « La Chance », situé non loin de là, d’où le nom donné à cet événement. Il avait convié pour l’occasion deux traileurs renommés : Baptiste Chassagne et Yoann Stuck. Tous les trois sont des ambassadeurs de la plateforme d’inscription Miles Republic. Particularité de cette course au format backyard revisité : le chronomètre était dégressif. À 7 h du matin, 37 personnes se sont élancées, dont trois femmes.
Les formats de type « backyard » sont devenus très populaires au sein de la communauté des coureurs à pied. C’est Gary Cantrell, alias Lazarus Lake, père de la mythique Barkley – la fameuse course quasi-impossible organisée dans le parc de Frozen Head dans le Tennessee (États-Unis) -, qui a inventé le concept dans son jardin. Le principe : courir chaque heure 6,7 km jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un athlète en lice. Les participants gèrent leur temps comme ils le souhaitent, tant qu’ils sont de retour avant l’heure impartie. Il peuvent par exemple courir vite puis se reposer, ou courir très lentement et enchaîner. Tout est permis.

Une backyard dégressive
Sauf qu’à Montmartre, ce mardi 20 janvier, une petite subtilité a été ajoutée à chaque boucle : au bout de trois tours, cinq minutes étaient retranchées à l’heure maximale initiale, les coureurs n’ayant plus que 55 minutes pour parcourir la distance avant que le chronomètre ne s’abaisse encore de cinq minutes tous les deux tours. Ainsi, à la boucle 8, les 24 coureurs restant n’avaient plus que 45 minutes pour effectuer 6,7 km et 110 m de dénivelé positif – puisqu’à Montmartre, ça grimpe ! L’idée derrière cet aménagement de la « règle » était que l’événement ne dure pas plus d’une journée.
Non loin de la station de métro Marcadet-Poissonniers, sur la ligne 4, les coureurs ont notamment fait le tour de l’emblématique et ultra touristique Basilique du Sacré-Coeur.
Chaque début et fin de tour se déroulait au café La Chance, situé dans une ruelle piétonne. Pour être original, à l’image notamment de la Barkley, chaque tour réussi était ici sanctionné d’un coup de tampon sur un torchon.
Organisé de manière confidentielle, l’événement avait pour objectif de faire se rencontrer des athlètes élites et des coureurs amateurs autour d’une pratique commune : la course à pied.
« Je suis fan de la Barkley », a confié au micro de Distances+ l’organisateur et triathlète Vincent Luis (double champion du monde en individuel et médaillé de bronze sur le relais lors des Jeux olympiques 2021). C’est ce qui l’a motivé à initier un événement sortant de l’ordinaire. Il a effectué trois tours ce mardi, pour la forme disons.
En fin d’année (2026), le double champion du monde de triathlon sur la distance olympique mettra un terme à sa carrière. Il aborde cette transition de vie sans plan de reconquête ni objectif chiffré. L’ultra-trail fait partie des formats qui l’attirent désormais. Il cite notamment la Diagonale des fous à La Réunion, qu’il évoque comme une expérience à vivre avant tout, sans obsession de performance « pour vivre des émotions d’athlètes ».
Sur la ligne de départ, on retrouvait aussi, d’ailleurs, le récent vainqueur de la Diagonale des fous, Baptiste Chassagne, qui a couru le premier tour. L’athlète basé à Combloux, en Haute-Savoie, qui tient un blogue sur le site internet de la plateforme Miles Republic (également partenaire du podcast La Bande à D+) a en même temps confirmé que son objectif 2026 était l’UTMB, et qu’il ambitionnait de faire le tour du mont-Blanc en moins de 20 heures.
L’athlète lyonnais Yoann Stuck, notamment vainqueur de la MCC fin août à Chamonix, était lui aussi de la partie, mais il n’a finalement pas pris le départ, car il souffre d’un genou. Lui aussi devrait être au départ de l’UTMB l’été prochain. Ce sera son premier 100 miles à vie, avant peut-être des mythes américains comme la Western States et la Leadville 100.
Après 15 tours (100 km) et une arrivée à 18 h 50, c’est Quentin Turban qui a remporté cette backyard revisitée. Il a ainsi décroché… un jambon. Marion Rivasi a quant à elle été la « dernière femme debout ». Elle a réalisé 8 tours (54 km).
Article écrit avec la collaboration d’Aurore Tarenne, qui a réalisé le reportage sur le terrain à retrouver sur les réseaux sociaux de Distances+
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