Courir deux jours en autonomie complète pour se tester

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Photo : courtoisie

Aux trois quarts de son parcours, Éric Deslandes décide d’abandonner. Il n’a pas vu une grosse racine, a trébuché et s’est fait une entorse à la cheville. Il rebrousse chemin.

Éric, un coureur en sentier estrien, s’est dirigé vers les montagnes Blanches pour faire le tour du mont Owl’s Head, dans l’État du New Hampshire, au courant du mois d’octobre 2016. Il s’agit d’une boucle de 50 km traversant une série de sommets et totalisant quelque 3000 m de D+.

Son objectif? Terminer son parcours en autonomie complète, en transportant dans un sac à dos de 15 litres tout son matériel pour dormir, se nourrir et s’hydrater, ainsi que son équipement pour se protéger des intempéries. « J’avais avec moi environ 12 livres de matériel. Le plus lourd à transporter, c’était l’eau », a-t-il confié à Distances+ quelques semaines plus tard.

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« Lorsque je me rends dans les montagnes Blanches, les sentiments sont forts. Je me sens libre. Je laisse tout derrière moi le temps du parcours. Je suis simplement connecté à la nature et à mon moi intérieur, dit-il.

« Le départ se fait dans la forêt. Graduellement, on passe d’une forêt de feuillus à une forêt de conifères, jusqu’à arriver au sommet, sur les crêtes. J’adore sentir mon arrivée au sommet. »

Le défi de l’autonomie complète

Éric sait bien le défi qu’offre un parcours de plusieurs jours en autonomie complète. Le coureur doit se fier uniquement à La connaissance de ses capacités, de ses limites et de ses besoins.

La planification est la clé pour la réussite d’un tel projet, selon lui. Lors des différentes courses organisées, les coureurs de sentier n’ont pas à prévoir d’une façon aussi méticuleuse leur parcours, puisque des stations de ravitaillement sont accessibles à des distances régulières et qu’elles offrent une grande variété de nourriture et de boissons.

Éric Deslandes - Photo : courtoisie
Éric Deslandes – Photo : courtoisie

« Avec le temps, j’ai appris à connaître mes besoins. Je sais exactement quelle quantité d’eau et d’aliments j’ai besoin, et quel type de vêtement je dois apporter, explique Éric. J’ai appris à minimiser le plus possible mon matériel dans le but d’être le plus léger possible. »

Il n’en est pas à sa première grande sortie. C’est d’ailleurs son expérience variée qui lui a permis d’ajuster son confort et d’optimiser son matériel.

Il prévoyait manger quelques bouchées de barres énergétiques et des mélanges de noix et de fruits séchés toutes les 15 minutes ou plus. « Je choisis des aliments efficaces, d’un point de vue énergétique, mais légers aussi, question de ne pas alourdir mon sac », déclare-t-il.

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Photo : Éric Deslandes

Les montagnes Blanches offrent une variété de sources d’eau pour remplir les réserves. « J’ai rempli mon sac d’hydratation aux différentes chutes d’eau que je croisais. De simples gouttes pour purifier l’eau et on est reparti, dit Éric. Les gouttes, c’est vraiment le système idéal. C’est léger, très petit et très simple. » Que ce soit des chutes ou bien des rivières, les sources sont abondantes dans les montagnes Blanches.

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Photo : Éric Deslandes

Pour dormir, le confort est l’enjeu le plus important. Plusieurs coureurs auraient de la difficulté à dormir en pleine nature, une fois la fatigue bien installée. Mais pour Éric, cela fait partie du défi. « Je voulais terminer le parcours en deux jours, avec une nuit en refuge. J’ai apporté dans mon sac un chandail long, un pantalon mince, une tuque et une doublure de sac de couchage pour dormir. Il faisait froid, mais je crois que j’ai mieux dormi que les gens avec un sac de couchage et du linge plus chaud », affirme-t-il. À noter que plusieurs refuges offrent des matelas de sol.

Même s’il n’a pu relever son défi, Éric revient de son aventure en sachant qu’il a une fois de plus testé son autonomie en nature. Il a choisi d’y aller en mode minimaliste. Ce sera pour une prochaine fois. Il tentera, alors, de voir venir les grosses racines.

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