La réalité virtuelle, pour permettre aux enfants malades de plonger en pleine nature

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Le projet de la Fondation Baskets aux pieds a permis à une centaine d'enfants malade de soulager un peu leur souffrance - Photo : BAP

Tous n’ont pas la chance de pouvoir s’élancer dans les sentiers à la recherche de ses limites. Parfois, c’est la maladie qui arrête l’élan. Pour soulager la souffrance, des initiatives existent, telles que celle de la fondation Baskets aux pieds, qui fait planer les enfants malades.

Une petite fille, casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, écouteurs sur les oreilles, sourire aux lèvres, est plongée dans une réalité virtuelle. Comme beaucoup d’autres enfants jouant sur sa console? Pas elle.

Anaïs survole les superbes sentiers du Mont Blanc, les montagnes pyrénéennes et des paysages époustouflants d’Islande. « J’ai l’impression d’être un aigle », s’émerveille-t-elle. Et pourtant, elle est couchée dans son lit à l’hôpital.

À ses côtés se trouve Antoine Bonnefille-Roualet, président fondateur de la fondation Baskets aux pieds (BAP). Il a les yeux pleins d’étoiles derrière son masque stérile.

Bien du chemin a été parcouru depuis 2018, quand il a eu l’idée d’offrir la nature aux enfants malades grâce à la technologie. À ce moment-là, Antoine passe beaucoup de temps à tourner des images dans de nombreux pays pour des documentaires de la chaîne Montagne TV et Trek TV. Il est aussi le créateur de la série E-Motion Trail.

Parallèlement, il embrasse la cause de l’association Rire Médecin, dont les clowns amusent les enfants hospitalisés, en levant des fonds par le biais de dossards solidaires en trail et ultra-trail.

Sa volonté d’engagement auprès des enfants malades devient de plus en plus forte. Il sent qu’il doit agir de façon encore plus concrète.

C’est alors qu’avec sa compagne Laure Bernou il décide de s’investir dans un concept inédit permettant de faire voyager les enfants hospitalisés en glissant des images de nature aériennes dans un casque de réalité virtuelle.

Il avait déjà le matériel : toutes les images de documentaires qu’il avait tournées. C’était une formidable manière de leur « donner une seconde vie ».

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Détourner l’attention de la douleur

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Photo : BAP

Sur le chemin de la guérison, il est démontré que des formes non médicamenteuses peuvent avoir une valeur thérapeutique importante.

Face à ce constat, fort de l’expérience du Rire Médecin, et après de nombreuses recherches et de tests en collaboration avec l’hôpital Armand-Trousseau de Paris, et notamment le service d’hématologie-oncologie pédiatrique, le projet Baskets aux pieds est lancé.

La « plongée » n’est pas seulement visuelle : dans le casque sont diffusés des bruits d’oiseaux, des meuglements de vaches, du vent. L’expérience est complète : l’enfant est vraiment déconnecté de sa chambre d’hôpital. 

L’intérêt avec ce procédé « d’évasion virtuelle » vient notamment de la possibilité de détourner l’attention de l’enfant. « Comme Anna, qui ne supporte aucun traitement, avec un état anxieux envers les médecins et n’importe quel soin, explique Antoine. Elle a une chimiothérapie par sonde qui la fait vomir. Pendant un voyage immersif, le traitement lui a été prodigué et elle s’est rendu compte de rien. »

Au-delà des hôpitaux

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Photo : BAP

Le besoin d’argent pour mener les opérations a conduit Antoine et Laure à fédérer la communauté du sport nature par des actions solidaires.

L’Event trail de Royat, près de Clermont-Ferrand, a été le premier à enclencher la dynamique en reversant 1 euro par dossard, mais aussi en donnant une visibilité à la fondation.

Une marque de vêtements de sport vosgienne a lancé une collection au nom de BAP. L’association « L’Aixploreuse » organise des sorties de course solidaires. Une cagnotte participative sur internet a été mise sur pied. La solidarité se met en place.

La fondation veut également « redonner un vrai sens au coureur solidaire, explique Antoine. Qu’il ne soit pas seulement un coureur, mais qu’il aille aussi aller visiter les enfants dans les hôpitaux une ou deux fois par mois par exemple. Que le coureur soit concrètement impliqué ».

Antoine confie que « l’association évolue au fur et à mesure des visites dans les hôpitaux et des personnes ». Quand un adolescent hospitalisé lui dit « que ce serait bien d’être sur un VTT, la tête à l’envers, sur la compétition Red Bull Rampage », ou qu’un petit garçon lui dit qu’il aimerait nager avec les requins, il ne peut qu’essayer de tout faire pour répondre à ces envies en trouvant des images de qualité.

L’aspect écologique est aussi apparu, car « la nature est sublimée et cela aiguise le regard des enfants. Il y a une forme d’éducation lorsque l’on présentant de belles images. Comme tout ce qui est beau, on n’a pas envie de le détruire », dit Antoine.

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2020 sur la route

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Photo : BAP

L’année 2020 marque un tournant dans la vie de l’association. Suite à tous ces projets, une dynamique s’engage avec de nombreux hôpitaux (hôpital de Genève, de Sion, la Pitié Salpêtrière à Paris) et d’autres services qui souhaitent mettre en place ce procédé.

Un dossier est en cours de préparation afin que l’expérience soit référencée comme protocole contre la douleur.

Plus de 100 enfants ont déjà été visités. L’objectif est de tripler ce chiffre et de signer une vingtaine d’établissements.

Ce weekend, l’association sera présente à la première édition du « mondial du trail » à Annecy avec les marraines et parrains Xavier Thévenard, Benoit Girondel, Julien Chorier ou encore Christine Janin.

Les responsables vont également faire un grand tour de France des hôpitaux du 1er mai au 31 août pour trouver les relais régionaux et des partenariats.

Cette tournée « va se terminer à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc de façon emblématique pour rejoindre des coureurs solidaires au nom de BAP sur la PTL (Petite trotte à Léon) », dit Antoine.

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