Valérie Gagné part à la conquête du Mauna To Mauna

Photo : courtoisie

Elle n’a que 24 ans, mais a déjà traversé le désert d’Atacama au Chili ainsi que les Adirondacks dans le cadre du Great Range Traverse. En 2015, elle a terminé seconde au Canada au classement de l’UltraRunning Race Series. Et dans quelques semaines, elle prendra le départ du Mauna To Mauna, une course de 250 km en autonomie complète à Hawaï. Portrait de Valérie Gagné, une jeune coureuse inspirante et inspirée.

Il y a quelques années, son entraîneur lui avait pourtant proscrit la course à pied. « J’étais dans l’équipe nationale d’aviron et je m’entraînais en vue des Jeux olympiques de Rio. Mon entraîneur me disait que la course allait nuire à mon entraînement en puissance », dit-elle. Mais, au tournant de 2014, elle renonce finalement à son rêve. « J’étais épuisé. Le plaisir n’était plus présent, il ne restait que la pression », avoue-t-elle.

Cette résidente de Morin Heights, dans les Laurentides, décide alors de faire un retour à la course en sentier, une activité qu’elle pratique depuis qu’elle est toute petite. « J’avais besoin d’un objectif plus grand que seulement rester en forme. Je n’ai pas de motivation si mon seul but c’est de faire trois sorties par semaine », dit-elle.

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Ces jours-ci, elle redouble d’efforts en vue de sa course à Hawaï. « Je parcours de 100 à 120 km par semaine avec un sac à dos de 20 livres. C’est à peu près le poids que je vais devoir transporter », dit-elle. L’organisation ne fournit que les tentes ainsi que le ravitaillement en eau, les coureurs doivent donc transporter tout le reste.

La course comprend six étapes dont la plus longue fait 80 km, avec un dénivelé total de 5000 m. « Il faut traverser l’île de Kona. C’est un terrain difficile et varié, le volcan le plus actif au monde, l’archipel le plus isolé au monde et 11 des 13 zones climatiques. Je ferai partie des 100 participants sélectionnés », dit-elle avec enthousiasme. Mentionnons que Valérie sera la plus jeune des participantes cette année.

Pour l’aider à défrayer les frais d’inscription de cette course qui s’élèvent à près de 5000 $, elle a récemment démarré une campagne de sociofinancement. Un tirage au sort aura lieu pour remercier les donateurs.

L’Atacama

Elle ne se lance pas dans cette aventure sans expérience. La motivation de courir une telle aventure, elle l’a trouvée dans une course par étapes dans le désert d’Atacama au Chili, à l’initiative de l’organisation Impossible2Possible. « Ils ont pour mission d’éduquer et d’inspirer les jeunes à faire un changement positif dans notre monde, explique Valérie. Ils permettent à de jeunes ambassadeurs de courir dans des endroits reculés, puis de partager leur expérience dans les écoles », dit-elle.

Sans expérience réelle en course d’endurance, elle est tout de même sélectionnée. « Disons que mes antécédents sportifs m’ont beaucoup aidé », explique Valérie. Cette traversée du désert, le plus aride au monde, fut cependant une épreuve exigeante. « Mon entraînement n’était pas optimal, mais j’ai couru la distance d’un marathon par jour pendant six jours consécutifs. Heureusement, je m’adapte assez bien aux extrêmes de température », précise-t-elle.

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Valérie Gagné / Photo : courtoisie

La découverte du Nunavik

En 2015, elle participe à plusieurs courses dans le cadre des UltraRunning Race Series. Mentionnons le 65 km de l’Ultra-Trail Harricana ainsi que le 55 km du Bromont Ultra. Elle termine finalement seconde dans sa catégorie d’âge.

Cette étudiante en enseignement de l’éducation physique à récemment séjourné six mois à Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec. « J’ai été entraîneuse de ski de fond de l’équipe du Nunavik pour les Jeux de l’Arctique et j’ai adoré. Par contre, mes entraînements de course étaient plutôt difficiles : – 40˚ C et sans trop pouvoir s’éloigner du village en raison des conditions de blizzard », explique-t-elle.

Repousser ses limites

Puisque Valérie sera guide touristique dans l’Ouest canadien pour l’été, elle a dû limiter ses participations à des compétitions. À la mi-avril, elle a participé au 42 km de la course BreakNeck Point dans l’état de New York, avec 3000 m de D+. En octobre, elle compte participer au Bromont Ultra pour une distance qui va dépendre de sa forme du moment .

Et pour l’avenir? « J’ai constamment besoin de repousser mes limites. C’est important pour moi de me fixer un objectif et de l’atteindre. Mon but, ce n’est pas nécessairement la performance, c’est plus de savoir si je vais finir ou pas, c’est ça qui est excitant », dit-elle.

Elle envisage un premier 100 miles pour, justement, trouver cette limite. « Ma seule crainte, c’est de ne pas trouver ma limite et de demeurer dans une espèce de néant. »

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