Gros plateau de coureurs élites sur le 110 km du Québec Méga Trail

Lever de soleil sur le parcours du QMT - Photo : Québec Méga Trail
Lever de soleil sur le parcours du QMT – Photo : Québec Méga Trail

De nouveau en pleine forme, Mathieu Blanchard sera le grand favori de l’épreuve reine du Québec Méga Trail (110 km et 4800 m D+), ce samedi, entre le Massif de Charlevoix et le redoutable mont Sainte-Anne. Mais la présence de nombreux coureurs élites canadiens (Max Leboeuf, Jeff Cauchon, Elliot Cardin…) et américains (Michael Bailey, Brian Rusiecki…) laisse présager une lutte excitante pour la victoire. La course devrait être tout aussi passionnante chez les athlètes féminines. Distances+ vous propose un passage en revue de ce beau plateau.

Le QMT sacrera aussi le champion canadien d’ultra-trail 2019. Les coureurs étrangers ne sont évidemment pas éligibles.

Mathieu Blanchard (cote 843)

De retour de blessure, l’athlète masculin Distances+ 2017 et 2018, qui avait remporté l’an dernier le QMT, a enchaîné trois victoires sur des trails de 50 km en trois semaines, à Tahiti, au Trail de la Clinique du Coureur et au Gaspesia 100.

En attente de sa citoyenneté canadienne, Mathieu Blanchard ne pourra pas prétendre au titre de champion canadien d’ultra-trail. À noter qu’avec sa cote ITRA de 843, il serait le troisième meilleur coureur en sentier au pays derrière Rob Krar (898) et Nick Elson (856).

« J’ai eu d’excellentes sensations pendant les trois courses de 50 km », s’est-il enthousiasmé, estimant qu’il est prêt pour performer aussi sur de plus longues distances, car il en avait à chaque fois encore dans les jambes.

« Le gros bobo au dos est derrière, a-t-il réaffirmé à Distances+. Je crois que cette période de blessure a finalement été bénéfique pour tout mon corps. C’était un vrai repos global. »

À la Gaspesia 100, il avait opté pour le 100 km en trois étapes. Il a gagné les deux premières, mais n’a pas pris le départ de la dernière, pour se préserver. « Je n’ai pas pris le départ, car j’avais un tendon d’Achille douloureux le matin. Rien de grave, mais assez pour m’inquiéter et choisir la prudence pour ne pas risquer d’être blessé au QMT. »

Il arrive sur le QMT avec un bel état d’esprit et l’envie de courir « pour lui », même si toutes les conditions ne seront pas réunies. « Je l’ai déjà couru l’année dernière, je sais donc à quoi m’attendre et je connais déjà mes stratégies de course, ce qui élimine un bon degré de stress, confie-t-il. Je suis juste un peu inquiet, car comme pour le Trail de la Clinique Coureur, je fais un voyage en France juste avant, et je vais revenir la veille de la course, ce qui n’optimise vraiment pas le repos. »

Seth Marcaccio (cote 824)

Deuxième plus grosse cote ITRA (824) du QMT, la présence de l’Ontarien Seth Marcaccio était alléchante, mais il s’est blessé lors des championnats du monde de trail au Portugal et a dû déclarer forfait.

Max Leboeuf (cote 820)

Maxime avait coché le QMT 2019 depuis longtemps. L’an dernier, il était venu pour découvrir cet ultra, et se tester. Il avait arrêté la course après 70 km parce qu’il en avait assez, mais pas parce qu’il était épuisé. Il s’est entraîné avec cet objectif en tête et il faut s’attendre à le voir rapidement devant.

« Je crois avoir beaucoup progressé, affirme-t-il. Je suis plus endurant, beaucoup plus rapide dans les descentes et je gère mieux l’équipement et la nourriture. »

« Le QMT est mon gros objectif, mais je l’aborde avec beaucoup de modestie, car je n’ai pas d’expérience sur la distance », ajoute-t-il.

Max Leboeuf craint aussi la chaleur, qui lui cause souvent de la difficulté. Il devrait d’ailleurs faire ensuite une pause durant l’été.

« J’ai l’intention de partir conservateur sur la première moitié de course, anticipe-t-il, transparent. Je crois que mes chances de battre Mathieu sont très minces s’il est dans un bon jour, mais bon, je me concentre sur ma performance. Sur une course de 12 h avec beaucoup de dénivelé à la fin, tout est possible. Je crois que le podium est accessible si je gère bien mon effort. Une chose est sûre, j’ai bien l’intention de challenger Mathieu et les autres. »

Michael Bailey (cote 818)

Le coureur américain a remporté le TNF Endurance Challenge Washington DC (80 km 1125 m D+), mais la seule fois qu’il a pris le départ d’une course de plus de 100 km, l’UROC en Virginie, il a abandonné. C’est sur les portions roulantes qu’il pourrait tirer son épingle du jeu.

Brian Rusiecki (cote 809)

Depuis plusieurs années, l’Américain joue le top 5 de toutes les courses auxquelles il participe. Double vainqueur au Vermont 100, il reste sur une 4e place au 125 km de l’Ultra-Trail Harricana et une 3e place au TNF Endurance Challenge du Massachusetts début juin. Il est donc en forme.

Patrick Caron (cote 808)

En remportant le TNF Endurance Challenge de Bear Mountain, battant au passage le record de Mathieu Blanchard, le jeune (22 ans) et rapide coureur filiforme se positionne comme l’un des espoirs de l’armada de traileurs américains. Il avait hâte de se mesurer à Blanchard, mais il a annoncé à Distances+ qu’il ne se sent finalement pas assez prêt et qu’il préfère renoncer à son engagement pour s’entraîner plus fort au cours des prochaines semaines, et revenir bientôt au Canada.

Jeff Cauchon (cote 803)

Jean-François Cauchon sera sur ses terres en fin de semaine et il a l’intention de défendre son titre de champion (il a entre autres remporté le 100 miles de la Sinister 7 en Alberta en 2018). Les sentiers du QMT sont ses terrains d’entraînement. S’il est déçu de sa course au Trail de la Clinique du Coureur, où il a pris la 10e place, il se dit prêt à rivaliser sur une distance qui lui devrait lui être plus favorable.

« Je sais que mon entraînement est adéquat et que la forme est là, mais peut-être que j’en avais trop fait avant le Trail de la Clinique du Coureur, explique Jeff. Là, on tourne la page et j’ai pris deux semaines complètes de taper pour arriver reposé physiquement au QMT. »

« Avec du recul, je suis vraiment content d’avoir opté pour un voyage de course (à la Transgrancanaria) au lieu d’un voyage de ski cette année. L’île de Gran Canaria était vraiment dépaysante et j’ai pu confirmer que mon entraînement hivernal avait porté fruit, car j’ai eu beaucoup de plaisir lors de la course et la forme était au rendez-vous, avant les crampes au ventre sur la fin de course. »

Plus que la place, il s’est fixé un objectif de temps au QMT, qu’il veut garder pour lui. « Je vais faire ma course, rester dans ma game et j’ai confiance de bien gérer mon effort, fidèle à mes habitudes. La vraie course va commencer dans le [sentier] Mestachibo, selon moi c’est là que les écarts vont se créer et c’est ensuite derrière le mont Sainte-Anne qu’on verra qui a le mieux géré son effort! »

Alexandre Sauvageau (cote 793)

Deuxième place au 11,5 km du XTrail Orford et au 80 km du Bromont Ultra en 2018, il a commencé l’année 2019 en force avec une deuxième place au 80 km du TNF Endurance Challenge New York en mai dernier et une troisième place au 50 km du Trail de la Clinique du Coureur en juin. Distances+ lui consacre un article spécifique au sujet de sa participation au Québec Méga Trail ici.

Elliot Cardin (cote 788)

Elliot est déçu d’avoir été dans un mauvais jour lors des mondiaux de trail au Portugal, mais il en est revenu avec un peu plus d’expérience, et la confirmation qu’il aime passionnément la course en sentier. Il a aussi conscience qu’en raison d’une blessure, il est sous-entraîné et qu’il aura du mal à être aussi performant que l’an dernier au QMT. Il avait terminé 2e, derrière Mathieu Blanchard.

« J’ai juste peur que mon corps ne soit pas prêt. Je n’ai même pas fait une semaine en haut de 100 km. J’hésite à savoir si je ne change pas pour le 10 km, mais mon cœur veut être sur le 110 », a-t-il indiqué à Distances+ à quelques jours de l’épreuve.

David Savard-Gagnon (773)

Vainqueur du 70 km du Québec Méga Trail l’an dernier, et 8e du dernier Trail de la Clinique du Coureur, David dit se sentir bien. « Je connais bien la première partie, ce qui me donnera confiance, croit-il. J’espère bien gérer ma course afin d’avoir un bon résultat. »

David Savard-Gagnon est l’un des coureurs qui pourraient créer la surprise samedi sur la ligne d’arrivée.

Alister Gardner (cote 764)

En dépit de sa cote ITRA, Alister ne fait pas partie des favoris de cette édition du QMT.

« Je me sens moins entraîné pour ce type de distance que d’habitude, dit-il. Je me suis concentré sur de plus courtes distances. J’espère que le volume d’entraînement que j’ai fait est quand même adéquat. Mon objectif est de compléter la course et avoir du plaisir, et surtout dépasser le point où je me suis arrêté la dernière fois. Le problème de hanche qui m’a forcé à arrêter l’an passé n’a pas complètement disparu, mais ce n’est pas problématique. »

Tout comme Elliot Cardin, il n’est complètement sûr de prendre le départ du 110 km. « Avec ma forme du moment et ma passion pour les courses rapides, j’avoue que le 10 km du championnat de course en montagne m’attire beaucoup ».

Jayden Dalke (cote 741)

L’Albertain fera partie des challengers à suivre, d’autant qu’il a gagné l’an dernier la Canadian Death Race, une course semblable au Québec Méga Trail (117 km pour 4900 m D+).

Luis Tomas Lopez Villagran (cote 719)

Il faudra aussi surveiller cet excellent ultra-marathonien en sentier québécois, habitué aux places d’honneur (2e du 125 km Harricana en 2016 et 2017) et capable d’accrocher les meilleurs et de profiter de la casse devant sur la deuxième partie de la course.

« J’aborde cette course comme tous les ultras que j’ai faits jusqu’à présent, avec curiosité, sans stress et prêt à faire face à toute éventualité. Je ne me fais pas d’attentes, je suis bien préparé et la beauté d’un événement comme celui-là, c’est la grosse part d’inconnu qu’elle contient. Je n’ai pas vraiment d’autre objectif que de bien courir et de profiter des beaux sentiers de la région. J’adore notamment le sentier Mestashibo, que j’ai eu la chance de parcourir un grand nombre de fois en été comme en hiver (course en raquettes). »

Florent Bouguin (cote 718)

Florent est un habitué des grands rendez-vous québécois et répondra présent, mais il en arrache ces derniers temps. Il a cumulé beaucoup de fatigue et « cela fait plus de trois mois [qu’il] titube, a-t-il écrit sur sa page Facebook, expliquant qu’il se remettait doucement d’une déchirure du ménisque à chacun de ses genoux. 

Ce grand champion a tout de même réussi à terminer l’Ultra-Trail des Chics-Chocs le week-end dernier. Et, accessoirement pour lui, à monter sur le podium. Alors sait-on jamais…

Sébastien Roulier (cote 708)

Sébastien Roulier a surtout couru sur route depuis l’an dernier et son gros objectif est le Championnat du monde de 24 h en octobre à Albi, en France, mais lorsqu’il a vu l’annonce du QMT, il s’est dit que « ça serait bien de faire une longue sortie en sentiers plutôt que de faire le demi-marathon de Sherbrooke comme les six dernières années ». Le QMT sera donc une belle façon de visiter ce coin de province qu’il connait peu.

On ne devrait pas le voir aux avant-postes, mais son grand sourire ne devrait toutefois pas être trop loin.

« Je ne suis pas du tout nerveux. Je n’ai aucune appréhension. Par contre, j’ai hâte de découvrir le parcours qui ne cesse d’être vanté par les gens de l’Estrie avec qui je cours. Je vais m’ajuster au fil des kilomètres. »

Jason Kinsella (cote 708)

L’Albertain est un spécialiste des très longues distances et du dénivelé. Il a remporté le Bigfoot Endurance Runs 200 en 2017 et détient le record de ce parcours de 300 km et 11400 m D+.

Benoit Beaupré (cote 702)

Traileur indéboulonnable, Benoit se dit « honoré de prendre le départ avec tous ces champions, mais à l’aube de la cinquantaine, je suis bien conscient que je ne suis pas de même calibre avec eux. »

« J’ai eu un gros hiver en course à pied avec plusieurs sorties de Skimo qui m’ont mené au bord du surentraînement. J’ai dû abandonner au 80e kilomètre (après en avoir marché presque 30 km) lors de ma première course au Riverlands 100, dans le Maine, en mai. Mais ça va mieux depuis, dit-il. Je me suis servi du 50 km du Trail de la Clinique du Coureur comme course préparatoire sans toutefois tout donner. Donc pour le QMT, j’irai selon ma forme du jour en essayant de trouver l’équilibre entre tout donner et profiter du paysage. »

Ailsa MacDonald (cote 777) grande favorite du QMT

L’Albertaine, qui gagne souvent les courses auxquelles elle participe, sera la grande favorite du championnat canadien d’ultra-trail.

Ailsa ne connaît pas le Québec, mais rêvait d’y venir en visite avec mon conjoint. « Donc quand j’ai reçu une invitation pour la course, nous avons foncé, profitant pour organiser des vacances en famille. »

« Je n’ai ni crainte ni appréhension, assure-t-elle. Mes entraînements en vue du QMT se sont bien passés et je me sens forte, confiante et prête pour répondre à ce challenge. Sachant qu’il y a plusieurs facteurs qui peuvent avoir de l’incidence sur un ultra, mon seul objectif sera de courir intelligemment et de donner mon meilleur. »

Anne Champagne (cote 674)

Celle qui a remporté le Trail de la Clinique du Coureur a continué à s’entraîner fort en vue du QMT. Elle est ravie de constater qu’elle récupère toujours très vite.

« Pour le QMT, je suis dans de la nouveauté quand même, étant nouvelle dans le circuit. Ma plus grande distance à ce jour est 80 km, donc 110 km sera une première pour moi. Difficile d’avoir un objectif précis. »

Elle a tout fait pour être performante. « Le corps est prêt et la tête aussi, je me sens bien présentement, se félicite-t-elle. J’adore le sport que je pratique et le bien-être qui s’y rattache. Les performances viennent de pair et c’est le meilleur des deux mondes. »

« J’aimerais assurément bien performer lors de l’événement étant de nature compétitive, mais mon objectif numéro 1 est de voir où je me situe par rapport aux autres coureuses. Je crois que de m’entraîner dans des parcours techniques et sauvages dans mon coin (Lanaudière) m’aidera ainsi que le fait que j’adore les descentes. »

Elle craint toutefois les erreurs qu’elle pourrait commettre par manque d’expérience dans la gestion de sa course.

Marieve Legrand (cote 655)

La coureuse de Colombie-Britannique a grandi à Saint-Bruno, sur la Rive-Sud et a quitté le Québec il y a une vingtaine d’années. Elle s’attend à « une longue journée d’aventures! »

« C’est un peu comme ça que j’aborde mes plus longues courses, dit-elle. Une fois sur le parcours, le but est de s’amuser, de rester mentalement forte et de garder conscience de ces moments privilégiés. Même si j’ai vécu au Québec, je n’y ai jamais fait de courses, et j’ai vraiment hâte de me sentir « chez moi » dans de tous nouveaux sentiers. »

Marieve aime les courses de toutes les distances. « L’expérience de m’être déjà retrouvée non seulement dans des situations de course où les choses vont bien, mais aussi dans des moments où tout semble impossible, me laisse avec une réserve de scénarios dont je peux puiser toutes sortes de leçons, illustre-t-elle. Les ultras nécessitent à mon avis une certaine force mentale, car c’est évident que physiquement notre corps va se sentir épuisé et voudra arrêter. L’important est de reconnaître comment gérer ça, et de trouver l’équilibre entre notre entraînement physique et préparation mentale. »

Celle qui a remporté la dernière édition de la Whistler Alpine Meadows (106 km, 5900 m D+) pense que la « compétition va être forte. Je ne peux que me promettre et viser une chose : faire la course pour moi-même et contrôler les facteurs que je peux contrôler. Rester concentrée, trouver mon propre rythme et bien gérer mon hydratation et mon alimentation. Ça va être une longue journée, et mon plan est de parcourir ces sentiers un pas à la fois, du mieux que je peux. »

Eli Cauchon (cote 642)

Ce sera la première course en sentiers de la saison pour Élisabeth Cauchon, deuxième du 125 km Harricana en septembre dernier, alors même si elle se sent bien, elle ne s’attend pas à gagner. Elle mise plutôt sur une victoire d’Ailsa MacDonald.

Comme son frère, elle a pris deux semaines de pause pour arriver reposée au départ. « J’ai hâte d’être dans les sentiers, s’impatiente-t-elle. Le training est bon, j’ai fait de bonnes semaines de volumes et j’ai travaillé beaucoup ma vitesse sur route en début de saison avec le marathon d’Ottawa. Mes dernières semaines ont été en trail ce qui m’a mise plus en confiance. »

Ses objectifs seront simples : « avoir du plaisir, me dépasser en respectant mon plan de course considérant la longueur du parcours et essayer de bien performer si les deux conditions précédentes sont atteintes. »

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