Maxime Leboeuf, l’athlète qui conquiert l’hiver

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Maxime Leboeuf en compétition de raquettes - Photo : Richard McDonald

La trentaine en ligne de mire, Maxime Leboeuf a déjà eu plusieurs vies. À neuf ans, il était sur des skis de fond. À 29 ans, sa carrière dans l’équipe canadienne de biathlon est derrière lui. Désormais, c’est raquettes aux pieds qu’il s’épanouit. Avec la saison froide qui arrive, Distances+ a voulu faire le point sur sa passion hivernale.

En discutant avec l’athlète originaire de Québec, on ressent un attachement tout particulier pour les raquettes. « Je suis un bon coureur, mais en raquettes, on dirait que l’on redécouvre la course à pied. Je ressens une grande sensation de liberté, de laisser-aller. En raquettes, les roches et les racines ne nous embêtent pas, on peut attaquer les virages sans crainte, sans regarder sans cesse nos pieds et ainsi mieux profiter du paysage », dit Maxime.

Il démonte, en passant, une idée reçue sur la vitesse lorsque l’on court en raquettes. « Je suis souvent plus rapide en raquettes qu’en course en sentier. En course, tu as peur de t’enfarger, tu cours avec le frein à main dans les descentes. »

C’est un sport qu’il aime pratiquer aussi en loisir. « Dans la région de Gatineau [où il réside], une balade peut vite mener à un souper dans un refuge. C’est un vrai plaisir. »

Du biathlon à la course au triathlon d’hiver

Si beaucoup se contentent d’exceller dans une discipline, Maxime a choisi un autre chemin. Après six ans dans l’équipe canadienne de biathlon, qui l’ont mené jusqu’à l’élite mondiale, il a écouté ses envies. « J’aimais toujours le sport, mais j’avais besoin d’une pause du biathlon. Je voulais découvrir autre chose, un sport où tout était nouveau pour moi. »

C’est ainsi qu’à l’université, il commence à courir, pour ne plus s’arrêter. « J’ai rencontré des gens qui m’ont motivé. Je courais surtout sur la route au départ, mais je me suis vite mis à la course en sentier. »

Guillaume Ouellet, un ami d’enfance, évoque son style particulier. « Il ne vient pas de la course à pied et a réussi à transférer sa force dans de nouvelles disciplines, dit-il. Ces années durant lesquelles il s’est entraîné fort se ressentent sur la neige et cela vient avec un niveau de forme impressionnant. »

L’hiver, Maxime n’oublie pas ses skis de fond, mais il a su élargir sa palette pour devenir également un féru de triathlon d’hiver. C’est une discipline exigeante, dans laquelle les athlètes doivent combiner course de raquettes, ski de fond et patin.

Une condition physique sans faille

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Maxime Leboeuf – Photo : Olivier Mura

La passion pour la raquette requiert des caractéristiques physiques adéquates, si l’on veut y performer.

« En raquettes, tu dois toujours travailler, alors qu’en course à pied, le soulier est léger. Il y a plus de résistance pour faire tourner les jambes en descente et en montée. Il faut toujours être à l’offensive. »

Pour attaquer la pente, il n’y a pas de secret : une condition physique sans faille est requise, ainsi qu’un mental prêt à s’aventurer dans la souffrance sans frapper le mur.

« Ça prend des gens qui ont beaucoup de caractère, qui peuvent aller loin dans la douleur, dit Maxime. Moi, c’est un peu ma force, d’autant plus que les parcours sont souvent durs et sinueux. Les moments où on est à l’aise sont rares. »

Un entraînement au quotidien

Son souffle et ses mollets, il les peaufine chaque matin, en se rendant au travail. Trente minutes de course le matin et autant le soir, cela fait plus de 60 km par semaine. « C’est un exemple de conciliation travail-entraînement! » s’exclame, admiratif, son ami Guillaume.

Généreux dans l’effort, il ajoute à sa routine journalière des sorties de course sur piste deux soirs par semaine, un peu de ski à roulettes et une longue sortie de fin de semaine, en vélo, à l’occasion. Un entraînement multisport, qui travaille tout le corps. « Je ne m’impose pas de régime d’entraînement spécifique, précise Maxime. J’y vais selon mes envies. »

Comme en biathlon auparavant, il a su dompter de nouvelles difficultés. L’an dernier, il a remporté les championnats du monde de raquettes à Québec. En haute-ville, il a avalé les 10 km en 46 minutes 40 secondes, en bon stratège. Après être resté sagement troisième dans les trois premiers tours, son surplus d’énergie l’a lancé pour la dernière ligne droite.

Cette année, il compte bien tutoyer les sommets en triathlon d’hiver. Après une saison de course en sentier qu’il a su bien manœuvrer (en terminant notamment premier au 28 km de l’Ultra-Trail Harricana et deuxième au 21 km du XC de la Vallée), il s’entraîne actuellement pour la coupe du monde de triathlon d’hiver, en février prochain, ainsi que pour le championnat nord-américain de raquette.

Vous le verrez peut-être, cet hiver, sur les sentiers enneigés de l’Outaouais, ou non loin de son coin de pays d’origine, autour de Québec, au mont Sainte-Anne ou à Val-Bélair.

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