Le tour du monde à la course débute ce week-end en Nouvelle-Zélande pour Mathieu Blanchard

Mathieu Blanchard
Mathieu Blanchard s'élance sur la Tarawera Ultramarathon ce weekend - Photo : courtoisie

Si les conditions climatiques le permettent, c’est ce samedi que sera donné le départ de la 12e édition de l’Ultramarathon Tarawera, la plus importante course de la Nouvelle-Zélande. Les organisateurs ne savent toujours pas si les chaleurs extrêmes entraînant un risque élevé d’incendie permettront aux coureurs de participer à la course. Mais si la nature est clémente, ce sera la première course de l’année 2020 pour Mathieu Blanchard, l’un des athlètes de course en sentier les plus en vue au Québec. Distances+ s’est entretenu avec lui quelques jours avant le départ. 

Cette édition de l’Ultramarathon de Tarawera, deuxième étape de l’Ultra-Trail World Tour, sera la plus importante de son histoire, avec un nombre record de 3000 participants sur les quatre distances proposées de 21 km, 50 km, 102 km et 160 km. Il s’agit d’une augmentation de 50 % par rapport à l’an dernier.

Près de la moitié des participants de cette course viennent de l’étranger. Ils auront la chance de courir sur des parcours spectaculaires qui traversent des lieux naturels d’importance pour les Maoris, les aborigènes locaux.

Le risque élevé d’incendie a toutefois entraîné, cinq jours avant le départ, la fermeture au public et aux médias de la forêt de Tarawera où se déroule la course. Au moment d’écrire ces lignes, l’ultramarathon est toujours prévu, mais seuls les coureurs pourront accéder à certaines zones sensibles. Les organisateurs se réservent l’option d’annuler l’événement.

Quelques statistiques sur l’Ultramarathon Tarawera :

  • 48 % de femmes, 52 % d’hommes
  • 45 % des participants proviennent de l’étranger
  • 59 pays représentés
  • Les 4 nations les plus représentées à part la Nouvelle-Zélande : Australie, Grande-Bretagne, États-Unis et France
  • Le participant le plus âgé : 81 ans
  • Âge moyen : 43 ans

Une progression à l’internationale

Mathieu Blanchard
Tombé sous le charme de la culture et de la nature du Pacifique… – Photo : courtoisie

Mathieu Blanchard souhaite prendre le départ de cette course afin de pouvoir se mesurer aux meilleurs coureurs d’ultra-trail de la planète.  « J’ai progressé depuis l’année dernière et maintenant je souhaite me comparer aux coureurs de niveau international. Je suis donc obligé de quitter les courses locales », explique-t-il. 

Le choix de la Nouvelle-Zélande s’est fait tout naturellement. « L’année dernière, je suis allé en Polynésie et j’ai eu un coup de coeur pour la culture autochtone et l’histoire », rappelle-t-il.

Par ce voyage, Mathieu espère de nouveau vivre des émotions uniques, notamment par le contact avec les habitants. Les valeurs profondes de la tradition maorie sont la vie en communauté, le partage et l’harmonie avec la nature. 

Avec la compétition internationale, « je veux vivre des histoires et m’en faire raconter, dit-il. La Nouvelle-Zélande est un endroit tout indiqué pour cela. »

Je recherche plus des émotions que des paysages ˝instagramables˝ », confie-t-il.

Après une année de transition

Nouvelle-Zélande
Le genre de paysage croqué par Mathieu lors d’une séance de repérage – Photo : Mathieu Blanchard

Cette course, sa première de l’année, s’inscrit à la suite d’une saison plus tranquille pour Mathieu, qui résume 2019 comme une année de transition, au cours de laquelle il a dû se remettre d’une importante blessure.

S’il a été tout de même sportivement actif, il a préféré se consacrer à la course pour des causes qui lui sont chères plutôt qu’à des performances et des compétitions. « En 2019, je me suis fixé des objectifs pour amasser des fonds pour les enfants malades et handicapés afin de pouvoir leur faire vivre des expériences inédites », rappelle-t-il.

Parmi ses faits d’armes, notons sa 10e place à la CCC lors du dernier Ultra-Trail du Mont-Blanc. Il a également terminé 2e au 110 km du Québec Méga Trail et remporté le 45 km du XTerra Tupuna Trail en Polynésie. Devant prendre le départ de la Diagonale des fous, à La Réunion, il a renoncé à l’aventure, alors qu’il se trouvait sur place, pour un mystérieux projet.

Inspiré par son jeune frère qui a perdu une jambe lors d’un accident de moto, Mathieu veut pouvoir continuer d’aider et de redonner. « Je vais poursuivre cet objectif pour 2020, car je souhaite pouvoir contribuer et aider ces enfants. »

Une année autour du monde

Nouvelle-Zélande
Jolie forêt! – Photo : Mathieu Blanchard

Mathieu Blanchard a d’ailleurs récemment rendu public son programme de compétition pour l’année. En raison de son emploi qui lui permet de travailler de n’importe où sur la planète, il sera en constant déplacement.

Après la Tarawera, on le retrouvera sur le 83 km des Traces du Nord Basse Terre en Guadeloupe fin février, où il a une revanche à prendre. S’il a remporté l’ultra de 154 km en 2018, il a dû abandonner sur le 83 km l’an dernier en raison d’une fracture du sacrum.

Il ira ensuite en Corée du Nord – rien de moins – pour participer au marathon (sur route) de Pyongyang! 

Il reprendra du service sur le circuit de l’Ultra-Trail World Tour à la Penyagolosa, en Espagne, en avril, avant de retourner à la XTerra Tupuna Trail en Polynésie française en mai.

Il passera par la maison pour défendre son titre de champion du 50 km du Trail de La Clinique du Coureur (son employeur) début juin. Puis, il filera sur le Lavaredo (toujours dans l’Ultra-Trail World Tour), en Italie.

Le reste de son programme donne un peu le tournis. Il devrait d’abord donner le rythme, comme pacer, à un coureur élite lors de la Hardrock en juillet (ce n’est pas encore confirmé). Puis il tentera un ˝Fastest Known Time˝ (FKT), autrement dit de battre un record, sur le sentier international des Appalaches (650 km). Un bon entraînement en vue de son retour sur l’UTMB, la grande course de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, où il avait terminé à une exceptionnelle 13e place en 2018.

Sa saison devrait se conclure par le tout nouveau Béluga Ultra Trail à Tadoussac en septembre (45 km). À moins qu’il se laisse tenter, un peu plus tard, par un ultra au Guatemala qu’il avait remporté il y a deux ans.

Un texte écrit avec la collaboration de Vincent Champagne

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