Blessé, il continue de s’entraîner avec des béquilles

Antonin Vanasse béquilles
Antonin Vanasse s'entraîne avec ses béquilles sur la neige - Photo : courtoisie

Sérieusement blessé à la cheville après une grosse chute dans la neige, début février, l’ultra-marathonien Antonin Lauzière Vanasse continue malgré tout de s’entraîner avec ses béquilles. Le Québécois, qui avait fait le tour de la Gaspésie (625  km) en 8 jours et 12 heures l’été dernier, dit avoir déjà parcouru près de 100 km, en plein hiver, avec une jambe dans le plâtre. Et il ne compte pas s’arrêter là.

Le coureur de Drummondville se permet même de varier les allures avec des sorties fractionnées ou en mode récupération.

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Antonin est tombé de l’échelle et s’est fracturé la malléole droite et déplacé un ligament alors qu’il aidait un ami à déneiger son toit. Opéré le lendemain et resté alité une semaine, il a rapidement éprouvé la nécessité de se dépenser. « C’est un besoin primaire, commente-t-il. J’ai essayé de trouver une façon de transposer ce que je faisais avant avec la mobilité qui était à ma disposition. »

Des débuts difficiles 

Mais il doit composer avec une contrainte délicate : ne pas mouiller son plâtre pour ne pas risquer une mauvaise cicatrisation. Il doit donc gérer son effort pour ne pas suer à grosse goutte et faire attention à ne pas chuter dans la neige. Pour limiter sa transpiration, il opte pour le short malgré les températures hivernales. « À toute autre saison, ça n’aurait sûrement pas été possible, la chaleur aurait été trop importante », pense d’ailleurs Antonin Vanasse.

L’adaptation a été compliquée. « J’ai eu des ampoules aux mains, mais on fait comme en ultra, on les draine, on les vide et puis on continue, a-t-il raconté à Distances+. Et puis, c’est tout un groupe musculaire différent qui travaille. » Le Québécois avoue toutefois avoir eu beaucoup de mal au début à faire des sorties de « seulement » 4 km.

Il a augmenté son volume progressivement et affirme qu’il est désormais capable de faire une soixantaine de kilomètres par semaine en allant parfois aussi vite que lors de son périple estival. « Ça me semble être un objectif raisonnable », estime-t-il. Et comme si ce n’était pas assez dur de s’entraîner avec des béquilles, il fait la plupart de ses sorties… à jeun.

Impossible de cesser l’activité sportive

Antonin Vanasse
Antonin Vanasse s’est mis au trail il y a 3 ans et rêve de longues traversées – Photo : Aegir Médias

Le sportif de 29 ans a choisi de poursuivre son entraînement pour deux raisons. Pour maintenir une forme musculaire d’abord, et éviter une atrophie des muscles de ses jambes. « Si ma jambe valide s’était atrophiée également, le chemin pour ramener la jambe faible aurait été long parce que l’autre jambe aurait été faible aussi », croit l’intéressé. D’ailleurs, selon ses dires, il n’y a que son mollet enfermé dans le plâtre qu’il faudra complètement reconstruire puisqu’il continue de mobiliser la partie supérieure de la jambe blessée.

La seconde raison, c’est que, depuis 2017, il éprouve un perpétuel besoin de faire du sport. À l’époque, Antonin Vanasse venait de quitter son groupe de musique et s’était laissé aller. Dépassant la barre des 90 kg, il s’était repris en main en se fixant l’objectif de participer à l’Ironman de Mont-Tremblant. « Il me fallait un défi extrême pour me motiver, se souvient-il. L’Ironman de Mont-Tremblant est le plus extrême que j’avais trouvé. » Depuis, il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’il ne fasse du sport, à raison d’une trentaine de kilomètres de course à pied quotidienne en moyenne.

Maîtriser les béquilles

Pour pouvoir poursuivre son entraînement, il a fallu apprendre à maîtriser ses deux cannes de métal, qui viennent se fixer sous les aisselles. « Ce n’est pas ma première fois, mais comme en course à pied, il y a plusieurs techniques. Quand la surface est bien sèche, tu peux te permettre d’aller chercher plus loin et d’allonger le temps de suspension de la jambe, détaille Antonin. Quand tu es sur des terrains moins stables, comme de la glace ou de la neige, il faut faire de plus petites enjambées et essayer de garder le poids plutôt sur la jambe que sur les béquilles. »

S’il doit retirer son plâtre d’ici quelques jours, après presque un mois et demi d’immobilisation théorique, le chemin pour recouvrer une pleine mobilité et le chemin de la compétition est encore long. La rééducation devrait prendre plusieurs semaines, tandis que les plaques et les visses ne lui seront pas retirées avant l’année prochaine.

Un mal pour un bien 

Antonin Vanasse
Antonin Vanasse souhaite faire le tour de la Gaspésie durant la saison hivernale – Photo : Aegir Médias

Antonin Vanasse trouve du positif dans son malheur. « C’est une décision que j’ai prise aussitôt que je me suis blessé. Je voulais que ça soit un cadeau mal emballé, a-t-il dit à Distances+. Je veux transformer autant que possible cette expérience en tremplin vers la performance sportive. » 

Il a commencé à faire attention à son alimentation, en bannissant notamment l’alcool. Selon lui, la rééducation sera aussi une épreuve pour renforcer son mental.

Bien qu’il souhaite « prendre [son] temps pour revenir à la course » et éviter « de revenir trop tôt », Antonin Vanasse se projette déjà vers l’avenir. Il ambitionne de participer un jour à la célèbre Barkley, mais ce sont surtout les longues traversées qui attirent l’ancien musicien, comme son tour de la Gaspésie, qu’il voudrait refaire en hiver, ou parcourir le GR-A1 comme Mathieu Blanchard l’été dernier.



 

 

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