Andy Symonds : retour sur sa première saison de « vrais » ultras

Andy Symonds lors de la Transgrancanaria – Photo : Grimon

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ENTREVUE EXCLUSIVE

L’année 2016 aura été celle de la découverte et des surprises pour Andy Symonds. Coureur depuis plus de 20 ans et depuis 11 ans sur le circuit de l’Ultra-Trail World Tour, le plus francophile des Britanniques n’avait encore jamais participé à une course au-delà des 80 km. Il s’agissait donc pour lui, cette année, de voir s’il était capable de tenir la distance sur ce qu’il qualifie de « vrais longs » ultras : « C’est la première année que je vois si je peux tenir 12 h et plus! »

Résultats : cinquième place à l’occasion de sa première course, la Transgrancanaria (125 km), victoire au Lavaredo Ultra Trail (120 km) et abandon lors du « vrai, vrai long », l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) (170 km).

Le tout a été entrecoupé de courses plus courtes telles que la Transvulcania
(74 km, 4e place), la Buff Epic Trail (105 km, 2e place) et, pour clore la saison, les championnats du monde de trail (83 km, 9e place).

Cette année bien remplie s’est achevée pour lui avec une réussite variable sur les ultras au long cours, mais aussi beaucoup d’expérience emmagasinée et d’enseignements tirés. Lors de la Transgrancanaria, par exemple, il n’avait pas eu de très bonnes sensations, ce qu’il attribue à un début de préparation un peu tardif. Malgré tout, il a fait une performance des plus honorables à l’arrivée.

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Le Lavaredo Ultra Trail, fin juin, est arrivé à une période où il avait de meilleures sensations qu’en début de saison. Mais de là à gagner… « J’ai été surpris par ma victoire, d’autant plus que ça arrivait juste après une course que j’avais organisée et que j’étais cuit! » Andy confie qu’il aime arriver le plus frais possible au départ de ses courses.

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Photo : Guillem Casanova

Un abandon difficile

Pour sa première participation à l’UTMB, l’une des épreuves reines du circuit mondial, le coureur de 35 ans a dû se résoudre à l’abandon au bout de 16 h de course. Il s’y présentait avec pour objectif de cocher la case « UTMB ».

« Vu que ça n’a pas marché, je vais devoir y retourner! » glisse-t-il avec la pointe d’humour et d’autodérision qui le caractérise. Lui qui n’abandonne pas facilement – son dernier abandon datait d’il y a cinq ans – n’avait tout simplement pas les jambes qu’il fallait ce jour-là.

« Je n’avançais plus, je faisais l’escargot. […] Il y a toujours des choses à apprendre même si on voudrait que ce soit un succès du premier coup. » Loin d’être fataliste sur son abandon à l’UTMB, il estime que son début de saison réussi et sa victoire deux mois plus tôt en Italie lui ont permis de relativiser sa mésaventure alpine. D’autant plus qu’il n’avait pas axé toute sa saison sur cette course.

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Photo – Guillem Casanova

Aux championnats

Dernière course au programme de sa saison 2016 : les mondiaux de course en sentier au Portugal. Après s’être accordé trois semaines de repos après l’UTMB, Andy a repris sa préparation et a su se remotiver pour cette ultime échéance.

« Beaucoup de coureurs font les mondiaux comme une course boni dans leur saison. Sauf les Français qui, eux, viennent pour gagner! » La preuve, ces derniers ont placé cinq coureurs dans les dix premiers chez les hommes, dont le vainqueur de l’UTMB, Ludovic Pommeret.

Lors de ses six semaines de préparation pour cette course, Andy n’aura fait aucune sortie au-delà de deux heures, en faisant beaucoup d’entraînement fractionné. Parti prudemment, il a su progressivement accélérer et bénéficier d’une vitesse de pointe et d’un cardio qui ont répondu présent jusqu’au 50 ou 60e km, allant même jusqu’à envisager pouvoir revenir sur les cinq premiers.

Résultat : une neuvième place finalement pour le natif de Manchester, après une baisse de régime à la fin de la course, qui estime qu’il n’aurait pas pu faire mieux étant donné l’enchaînement des courses auxquelles il a pris part cette saison.

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Photo – Guillem Casanova

Un programme d’entraînement souple

Andy, ingénieur spécialisé dans les énergies renouvelables, a déjà repris sa préparation en vue de la prochaine saison. Même s’il s’est toujours entraîné seul, il ne voit rien de compliqué dans la planification de ses sorties hebdomadaires.
« Un peu de volume, un peu de vitesse et un peu de récupération. »

Andy travaille à 80 % et bénéficie ainsi d’une journée complète dans la semaine pour « aller se dégourdir les jambes en montagne ». Il court présentement entre 100 et 140 km par semaine et profite de l’hiver doux du sud de la France, où il réside depuis maintenant cinq ans, pour aller s’entraîner en altitude, notamment au mont Ventoux.

« J’aime rester flexible dans mon programme », confie-t-il, lui qui élève avec sa femme leurs deux enfants de cinq et sept ans, et qui adapte donc ses sorties aux impératifs de la vie de famille.

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Andy Symonds à l’UTMB

Objectifs 2017

« Rien de sûr encore pour le moment, mais c’est certain que je vais refaire une course de 170 km, certainement l’UTMB », dit Andy. D’autant plus après la déconvenue de cette année.

Même s’il hésite encore sur les courses auxquelles il va participer en 2017, sa saison sera probablement composée de quelques courses entre 100 et 170 km, ainsi que de plusieurs courses préparatoires de 20 km près de chez lui.

Quelques courses de skyrunning devraient également y trouver une place, pour lui qui affectionne tout particulièrement cette forme de compétition.

Quelles que soient les courses qu’il mettra à son calendrier, Andy Symonds repartira à l’assaut de la nouvelle saison avec la même motivation et en se fiant à son instinct de coureur aguerri. Avec l’expérience qu’Andy a acquise en 2016 et ses résultats très prometteurs aux courses de longue distance, attendez-vous à ce qu’il fasse à nouveau parler de lui en 2017. À l’aube de la nouvelle année, c’est tout ce qu’on peut lui souhaiter.

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