Stephan Perron à Chamonix pour l’UTMB et le plaisir

Ultra-Trail du Mont-Blanc 2019

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Stephan Perron – Photo : Ultra-Trail Académie

Pousser ses limites : voilà ce que fait l’ultramarathonien en sentier Stephan Perron sur une base quotidienne, et voilà ce qu’il entend faire cette fin de semaine sur la plus célèbre course de trail du monde, le 170 km de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Distances+ s’est entretenu avec le copropriétaire de la boutique VO2, à Chicoutimi, à quelques jours du départ.

Stephan savoure la chance qu’il a de participer à l’UTMB, le plus long format de l’événement. S’il n’a pas de prétention face à ce défi de taille, il a la volonté d’en profiter au maximum, afin de franchir la ligne d’arrivée avec le sourire et le sentiment du devoir accompli.


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Le chemin pour se rendre à Chamonix a été long. Lorsqu’est venu le temps d’entamer sa préparation physique, Stephan a misé sur un mélange de kilomètres, dénivelé et heures passées dans les sentiers.

Au cours de cette longue préparation, il a entre autres participé au 110 km du Québec Méga Trail, en juin dernier, afin de se tester.

Sur cette course, « j’aurais pu aller plus vite, dit-il, mais je voulais être longtemps dans la trail. J’ai fait une estimation de la vitesse que j’allais avoir [lors de l’UTMB] ».

Il a donc mis 19 heures pour compléter cette étape de son entraînement, dont il est ressorti satisfait et confiant.


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Pour préparer ses jambes à l’impressionnant 10 000 m de D+ de l’UTMB, il a ensuite modifié graduellement sa préparation. « J’ai transféré mon entraînement, qui était plus en kilomètres, vers le D+ », explique-t-il.

Cela signifiait « s’organiser pour faire entre 500 et 800 mètres de D+ par jour », dit Stephan. Il est allé chercher ce dénivelé dans ses sentiers préférés, dont le sentier Eucher à La Baie, qui allie technicité et de très bonnes côtes.

Son secret : la répétition des pentes et des parcours afin de briser le mental et l’entraîner. Selon lui, « le défi va plus être dans les descentes ».

Alors que la plupart de ses sorties de semaine se faisaient en solo, il confie que « souvent, je ressentais le besoin de courir avec d’autres personnes ». « Toutes les personnes avec qui je me suis entraîné m’ont permis d’avoir la forme que j’ai en ce moment », dit-il, reconnaissant.

De la route aux sentiers

Stephan Perron et sa conjointe Audrey Tremblay - Photo : courtoisie
Stephan Perron et sa conjointe Audrey Tremblay – Photo : courtoisie

Comme beaucoup de coureurs en sentier, Stephan n’a pas commencé sa carrière de sportif en trail, mais bien sur route. Il a fait un temps impressionnant au marathon de Montréal en 2013 (2 h 42 : 57), et a participé au marathon de Boston à deux reprises, en 2014 et 2015.

Alors qu’il avait un CV de coureur sur route très frappant, il a décidé de faire la transition vers le trail en raison de blessures. Après une année d’amour-haine avec les sentiers, il finit par en tomber résolument amoureux. En 2015, il prend la décision de changer ses compétitions de la route vers la montagne.

Ce qui le motive dans la course en sentier, c’est très simplement que la pratique de ce sport lui permet de trouver un équilibre de vie entre famille, travail et présence avec lui-même.

Dans la vie de tous les jours, cet équilibre est essentiel, surtout quand on veut passer 10 heures dans la forêt seul avec ses propres pensées.

Dans une course comme l’UTMB, où l’on donne tout ce que l’on a pendant de nombreuses heures, c’est le mental qui gère les pas, alors que tout se déséquilibre.

Pour l’aider à rester concentré, sa partenaire de vie sera présente dans les points de ravitaillement pour le soutenir.

Alors qu’il prendra le départ vendredi, depuis le centre de Chamonix, à 18 h heure locale, Stephan rappelle que, pour lui, participer à cette course est un honneur et qu’il est extrêmement fier de pouvoir le faire aux côtés des plus grands athlètes, dont certains sont ses idoles.

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