La Diagonale des fous des Québécois

C’est parti pour la 25e Diagonale des fous!

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Départ de la Diagonale des fous 2016 – Photo : courtoisie

La 25e édition de la Diagonale des fous s’élance ce jeudi soir (14 h à Montréal) avec, sur la ligne de départ, plusieurs des meilleurs ultra-traileurs au monde. L’épreuve réunionnaise, hors norme, fait rêver bien des coureurs en sentier, et marque à jamais tous ceux qui ont réussi à y participer. C’est le cas notamment des Québécois Florent Bouguin, Éric Breton, Jeff Gosselin, Vincent Houle ou encore Joan Roch.

La « Diag » traverse l’île de La Réunion du sud-est au nord-ouest sur une distance de 165 km pour 10 000 m de dénivelé positif, entre la Ravine Blanche à Saint-Pierre, et le stade de La Redoute à Saint-Denis. Les sentiers sont techniques et souvent rocailleux, les montées sont abruptes et interminables à travers les volcans et les cirques naturels. Sans compter que la température peut varier du tout au tout.

Les souvenirs de Joan Roch

« Je n’ai toujours rien compris du relief des cirques traversés, a confié Joan Roch à Distances+. C’est l’endroit le plus chaotique que j’ai jamais vu. De nuit, on voit les lampes des coureurs partout : en avant, en arrière, à gauche, à droite, au-dessus, au-dessous de nous, c’est très déstabilisant. »

Ce qui a le plus marqué Joan, qui vient de boucler le 160 km du Bromont Ultra, c’est d’avoir « fini par perdre toute notion du temps. On se forge un rythme à soi, qui n’a plus rien à voir avec l’horloge, juste pour pouvoir continuer, explique-t-il. Au final, une fois la notion traditionnelle de temps détruite, ça ne paraît plus si long comme épreuve, et on a l’impression qu’on pourrait continuer comme ça éternellement. »

Les derniers coureurs à passer la ligne d’arrivée parcourent la distance en 66 heures.

Les souvenirs de Florent Bouguin et Jeff Gosselin

Originaire de La Réunion, Florent Bouguin est retourné dans l’océan Indien pour réaliser un rêve. La course a été une « célébration avec [sa] famille et [ses] amis d’enfance » à chaque point de ravitaillement, se souvient-il. Il avait emmené dans ses bagages son « grand ami Jeff Gosselin » avec qui il a couru « pendant 35 heures main dans la main ». « L’intensité de mon île faisait honneur à sa réputation », assure-t-il.

« Deux ans plus tard, la Diag est déjà loin dans mes souvenirs, mais je n’oublierai jamais la générosité et l’accueil de la famille Bouguin », s’est remémoré Jeff, qui a gardé en tête « l’énergie des Réunionnais. C’était fou! Une chaîne de télévision 24h/24 pendant quatre jours, des gens qui t’offrent le rougail-saucisses à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et l’île, c’est grandiose! »

Jeff Gosselin, qui est désormais installé en Suisse, pense que s’il avait été seul, il n’aurait jamais fait cette course « aussi longue et aussi loin », mais « ce fut une aventure humaine hors du commun. Florent Bouguin, c’est tout un bonhomme! Quand tu vois ce que ses amis d’enfance ont été prêts à faire pour nous, tu as un reflet assez fidèle du genre d’êtres humains que sont Florent et sa famille. »

Les souvenirs d’Éric Breton

Éric Breton, qui était, tout comme Florent, Jeff et Joan, au départ de la Diagonale 2015, reste subjugué par ce qu’il a vécu. « Le départ, tard en soirée, avec des milliers de supporteurs le long de la route, est certainement un des moments forts de ma petite carrière d’ultra-marathonien, a-t-il raconté à Distances+. Il y avait des gens des deux côtés du parcours, qui nous encourageaient sur plusieurs kilomètres avant de tomber seuls dans cette montée nocturne de 40 km et de 2040 m de D+. La difficile et technique montée du Maïdo, après 24 h de course, fût aussi une étape dont je me souviendrai longtemps. »

« Toutefois, l’élément le plus fort de cette course pour moi a été de vivre ce Grand Raid avec mon père qui m’a accompagné tout au long de la course et avec qui j’ai vécu de belles et grandes émotions », a ajouté Éric, illustrant que toute grande épreuve individuelle se vit collectivement.

Les souvenirs de Vincent Houle

L’an dernier, Vincent Houle affrontait lui aussi la bête pour tordre le cou à la vie. Lui, c’est la « solidité de l’organisation » du Grand Raid qui l’a marqué. « Les organisateurs donnent tous les outils pour la réussite d’une telle distance, ravitos, hélicos, bénévoles, public… » souligne-t-il.

Et puis, il garde évidemment en tête « les paysages à couper le souffle. Et le nombre de coureurs. Des kilomètres de frontales dans les sentiers la première nuit. »

Vincent est allé au bout, et depuis, il a repoussé encore un peu ses limites en bouclant cet automne le Tor des Géants, en Italie.

La Diagonale des fous est à suivre sur le fil Twitter de Distances+.

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