« Concilier travail, famille et sport n’est pas une option, c’est une obligation! »

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Les copropriétaires de la boutique Le coureur nordique, Jimmy Gobeil et Jolyane Bérubé, avec leurs quatre enfants. Photo : courtoisie

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Les copropriétaires de la boutique Le coureur nordique, Jimmy Gobeil et Jolyane Bérubé, sont des personnalités bien connues du monde de la course à pied de la grande région de Québec. Entre la gestion d’une entreprise en plein essor, l’éducation de leurs quatre enfants, leur participation à de nombreuses courses et leur grand engagement au sein de la communauté, ils sont des « conciliateurs de vie » modèles. D’autant qu’ils semblent garder le sourire aux lèvres en tout temps et avoir malgré tout de l’énergie à revendre. Quel est donc leur secret?

« C’est simple : concilier travail, famille et sport n’est pas une option, c’est une obligation! affirme Jimmy. La clé de notre équilibre de vie tourne autour de l’activité physique. Si je ne prends pas le temps de m’entraîner, je deviens détestable. Et c’est tout aussi important pour Jolyane », poursuit le coureur, qui avait d’ailleurs eu le coup de foudre pour sa gazelle sur les pistes de course des équipes de crosscountry, à Sherbrooke, il y a 17 ans.

Optimiser le temps en courant pour se déplacer

Pour y arriver et intégrer toutes leurs obligations à leur emploi du temps, Jimmy et Jolyane reconnaissent quand même avoir délaissé les entraînements en sentier depuis le lancement de leur entreprise, en 2009. « Nous habitons et travaillons en ville. Ce serait un non-sens et une terrible perte de temps de prendre la voiture pour aller s’entraîner ailleurs », explique le père de famille, qui se déplace tous les jours à la course pour aller travailler, laissant à la garderie, au passage, avec la poussette, ses deux plus jeunes enfants, Clovis, quatre ans et demi, et Janie, deux ans.

Selon la température, il les amène lors de plus longues sorties dans le Vieux-Québec, dans le Vieux-Port ou sur les Plaines d’Abraham. « Ça me permet de faire de bonnes semaines, avec des entraînements de plus de 20 km régulièrement. Et je passe du temps de qualité avec les enfants en même temps. On jase. Je leur montre des choses. Ce n’est vraiment pas ennuyant pour eux. »

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Photo : courtoisie

Mine de rien, ces entraînements quotidiens ont permis à Jimmy de battre de trois minutes son meilleur temps à vie sur un marathon l’automne dernier, avec un chrono de 2 heures 40 minutes au Marathon de Rimouski. Celui qui aura 40 ans cette année prend ainsi conscience que vieillir n’est pas tellement un enjeu pour performer, du moins à son âge. « L’important, c’est la qualité de l’entraînement, assure-t-il. Maintenant que la boutique peut compter sur une équipe solide et que la famille se stabilise, je peux me permettre de m’entraîner un peu plus et ça fait toute la différence. »

Le plaisir d’être actif

Le désir de performance est cependant la raison pour laquelle trop de coureurs cessent de pratiquer la course à pied lorsqu’ils fondent une famille, croit Jimmy.
« Le jour où ils ont à faire des concessions qui compromettent leurs performances, nombreux sont les coureurs qui arrêtent ou qui diminuent petit à petit leurs entraînements, au lieu de continuer seulement pour le plaisir. »

Sur la trentaine de coureurs du club Vert et Or de l’Université de Sherbrooke de son époque, ils ne seraient plus que trois à être encore véritablement actifs, selon Jimmy. « Il faut d’abord et avant tout s’amuser, s’adapter et profiter de chaque saison. Le changement et la variété dans les activités, c’est bon pour le moral et la santé, et c’est probablement pour ça que je cours encore aujourd’hui. »

Quand tout le monde y trouve son compte

Quant à Jolyane, elle aimerait bien évidemment avoir plus de temps pour tout. Elle aimerait être une mère au foyer pour éduquer ses enfants au meilleur de ses capacités et les voir grandir au maximum. Elle n’aurait aucun problème non plus à travailler presque sans arrêt. « Quand on a une entreprise, on se rend vite compte que c’est toujours possible d’en faire plus! Les possibilités de croissance, de progrès et de développement sont infinies », explique-t-elle.

En ce qui a trait au sport, c’est la même chose. « Ce serait un charme de courir le matin, patiner après le dîner, skier en soirée, faire de la raquette… alouette! Mais comme il n’y a que 24 heures dans une journée, ça prend un équilibre! », rappelle Jolyane.

La jeune maman entrepreneure continue donc de s’adonner au plaisir de la course quelques fois par semaine à travers son horaire bien chargé. « Je cours comme une vieille dame, mais ça me rend très fière malgré tout », ironise-t-elle, en soulignant qu’on n’a pas besoin de s’entraîner 10 heures par semaine pour être en forme.

« Au contraire, il suffit d’en faire peu, mais avec régularité. Été comme hiver, motivé, pas motivé, objectifs ou pas. Il faut cesser de penser qu’il faut imiter les super athlètes pour que ça vaille la peine. C’est trop décourageant de penser comme ça », croit-elle.

C’est aussi pourquoi le couple essaie de faire des sorties de course régulièrement ensemble, le soir, quand les plus petits sont couchés et que leur grande fille, Alexie (12 ans), peut surveiller sa fratrie qui sommeille. « C’est du temps précieux que nous passons ensemble, à jaser, en dehors du brouhaha et du stress de la
routine », confie Jimmy. Lors de courses officielles, les plus petits suivent dans la poussette ou le traîneau, alors que les plus grands, Théo (10 ans) et Alexie, apprennent à être autonomes et patients, et à se débrouiller sur le site d’animation des courses.

Le plus grand défi dans ce casse-tête familial quotidien, c’est de trouver du temps de qualité, toute la famille ensemble. « Les enfants ont eux aussi leurs activités : patinage, gymnastique, etc. Il en manque presque toujours un ou deux », constate Jimmy.

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Leurs meilleurs conseils

Leur conseil pour les nouveaux parents : ne pas hésiter à faire du sport avec le bébé. « Certaines femmes profitent d’ailleurs de leur congé de maternité pour se mettre en forme comme elles ne l’ont jamais été de leur vie. J’encourage même les papas à faire le plus de sport possible avec leur nouveau bébé. Ainsi, ils apprennent à s’en occuper, tout en laissant de petites périodes de solitude bien méritées à la maman », suggère Jolyane.

Finalement, l’important, c’est de s’investir avec constance et motivation dans toutes les sphères de sa vie, croit Jimmy. « Je me suis toujours occupé du commerce et de la famille comme de mon entraînement, en cherchant sans cesse à m’améliorer. Quand quelque chose te tient à cœur, tu t’en occupes et tu t’investis, sinon la qualité diminue », résume l’entrepreneur, qui a maintenant une trentaine d’employés à sa boutique.