Sarah Verguet Moniz : la première saison comme « ultratraileuse confirmée »

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Sarah Verguet Moniz en pleine pause contemplative / Photo : Steve Rochon

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Sarah Verguet Moniz a créé la surprise en septembre dernier en s’emparant de la 3e place du 125 km de l’Ultra Trail Harricana (UTHC). Nouvelle venue dans l’ultra-marathon en sentier, cette ancienne triathlète, médaillée d’argent aux championnats du monde de course à obstacles en 2016, veut être proche ou sur les podiums des trois courses auxquelles elle prendra part cette saison.

2017 aura été pour elle « une année de transition » parce qu’elle s’impliquait ces derniers temps essentiellement sur les courses à obstacles longue distance. « J’ai essayé l’ultra-trail, j’ai fait trois courses et j’y ai vraiment pris goût », a-t-elle expliqué à Distances+. Outre l’UTHC, elle avait terminé 2e du Trail des Crêtes du Chablais, dans les Alpes françaises, en juin et 4e du 80 km de Monument Valley, aux États-Unis, en mars. 

Si cette grande compétitrice a eu un coup de coeur pour la course en sentier, c’est aussi en raison de « l’esprit trail ». Elle a notamment en tête une vidéo de l’arrivée de la Transgrancanaria, une course de l’Ultra-Trail World Tour, où l’on voit le Suisse Diego Pazos incapable de finir sa course au sprint contre son compagnon de chemin, l’Espagnol Pau Capell, pour décrocher la dernière place sur le podium. « Quand tu n’es pas capable de te séparer de quelqu’un sur un ultra, à l’arrivée, tu ne sprintes pas, tu finis main dans la main, illustre-t-elle. Cette philosophie-là est venue me chercher. »

Trois ultras en trois mois

Sarah se dit déjà au top de sa forme. « Ça fait un bout que je m’y suis remise, précise-t-elle. J’ai pris une pause d’un mois après Harricana […], je suis rendu à 75-80 km par semaine, ça va super bien!»

Un volume important quand on sait que la jeune trentenaire ne court pas dehors. « Je cours uniquement sur tapis roulant l’hiver […]. Je ne modifie pas ma foulée, je suis capable de pousser pareil », assure-t-elle.

Bien qu’un peu gênée par les attentes qui reposent sur elle, notamment parce que « ce sera (sa) première année comme ultratraileuse confirmée », l’Abitibienne assume son statut de favorite. Son calendrier est prêt. Ce sera trois courses en trois mois.

La première épreuve sera le 80 km du North Face Endurance Challenge New York, à Bear Mountain. « Il paraît que Bear Mountain présente un terrain très technique avec beaucoup de roches, ce qui ne me sera pas favorable, commente-t-elle. […] Considérant cela, si je fais un top 5, je serai contente, c’est un bel objectif ».

Pour sa deuxième course, le 100 km du Québec Méga Trail, ses objectifs augmentent d’un cran. « Je monte mal, mais je descends bien, alors pour le QMT, j’aimerais faire un podium ».

Puis, pour sa dernière course prévue cette année, la Québeco-Franco-Portugaise se rendra en France pour y courir les 105 km pour 6400 m de dénivelé de l’Ultra Tour du Beaufortin. « Puisqu’il n’y a pas de grosses têtes d’affiche à l’UTB, j’aimerais également monter sur le podium », avance-t-elle.

Sarah Verguet Moniz sur le Trail des Crêtes du Chablais, dans les Alpes françaises à l'été 2017 / Photo : Ludovic Garbit
Sarah Verguet Moniz au Trail des Crêtes du Chablais, dans les Alpes en 2017 / Photo: Ludovic Garbit

Saison courte

La saison de Sarah devrait s’arrêter cet été. « Je n’ai rien de planifié après août, car je retourne aux études et déménage à Sherbrooke », nous a-t-elle confié.

D’ici là, elle va continuer à s’entraîner, mais elle ne suit plus comme avant de plan d’entraînement scrupuleusement. « L’an dernier, je m’entraînais comme ça me tentait, un peu n’importe comment, reconnaît-elle. Je suis maintenant un peu plus structurée, mais rien de très scientifique. Je n’ai pas d’entraîneur, j’ai lu le livre de Jason Koop et c’est moi-même qui planifie mes entraînements, alors j’ai hâte de voir ce que ça va donner. »

Au-delà de cette saison 2018 raccourcie, l’objectif ultime de Sarah Verguet Moniz, qu’elle partage avec bien des ultratraileurs, est de « faire l’Ultra Trail du Mont-Blanc un jour ».