« Je ne m’attendais pas à ça » : Pat Godin surpris par la Peak Bloodroot Ultra

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Patrice Godin – Photo : courtoisie

« Une leçon d’humilité » : voilà ce qu’a vécue l’acteur et ultramarathonien Patrice Godin lorsqu’il s’est attaqué au 80 km de la Peak Bloodroot Ultra à la mi-mai. Même s’il a complété l’épreuve, il n’a pas atteint son objectif de courir en bas de 12 h cette petite compétition presque anonyme de Pittsfield, au Vermont.

Patrice Godin était à la recherche d’une course de 80 km qui lui aurait permis de se qualifier pour la Vermont 100, une épreuve de 160 kilomètres qu’il a déjà complétée quatre fois, et qu’il veut faire encore, pour obtenir sa « boucle de 500 miles ». Il faut en effet terminer une course de 80 km en bas de 12 h pour pouvoir s’inscrire.

Il lui aura fallu 13 heures et des poussières pour venir à bout de cette course qui lui a « joué dans la tête ». « C’est mon 80 le plus long en carrière! » lance-t-il.

« J’essaie toujours de ne pas m’accrocher au négatif et d’essayer de voir du positif dans ce que je vis, dit Patrice Godin. J’aurais aimé ça faire le Vermont 100, mais ce ne sera pas cette année. »

La course de 80 km du Peak Bloodroot, à laquelle participaient 10 coureurs seulement, débute par une grande boucle de 30 miles. « Il n’y a pas beaucoup de plat, explique Patrice Godin. Ça monte et ça descend dans les montagnes. On est au Vermont, au printemps, alors c’est assez boueux avec du temps assez frais. »

Le parcours est sauvage : « J’avais l’impression de me retrouver dans le Ultimate XC de Dan Desrosiers à l’époque! C’est du bushwhack, j’avais les jambes grafignées. »

Les jambes de Pat Godin après 30 miles au Peak Bloodroot Ultra - Photo : Patrice Godin
Les jambes de Pat Godin après 30 miles au Peak Bloodroot Ultra – Photo : Patrice Godin

Mais surtout, Patrice reconnaît que son entraînement n’était pas optimal. Toutes ces conditions l’ont ralenti, mais pas seulement lui, puisque cinq participants seulement ont terminé la course.

Après les 30 miles, il fallait encore faire deux fois une boucle de 10 miles à partir de la base. « Je me suis dit : parfait, il me reste deux boucles à faire, mais… erreur! C’est une boucle solide. C’est interminable, parce que ce sont des lacets de vélo de montagne. C’est difficile », affirme Patrice.

Voyant s’envoler la possibilité de faire son sub-12, il a d’ailleurs pensé abandonner en ne repartant pas pour la dernière boucle de 10 miles. Mais une fois sur place, il s’est convaincu, par la force du mental, de l’importance de ne pas lâcher.

« Je me suis accroché pour me rendre jusqu’au bout. Je suis content de voir que je suis encore capable de m’accrocher. Je n’ai pas l’abandon vissé au corps. »

Une course très vintage

En arrivant sur le site la veille de l’événement, Patric Godin s’est demandé s’il était à la bonne place et s’il y avait vraiment une course organisée à cet endroit. Le dossard se prenait le matin même.

« C’est très low key comme organisation », dit-il. Les ravitaillements sont simples : des bénévoles installent leur camionnette 4×4 quelque part sur le parcours, et il y a de l’eau et du Gatorade « dans la boîte du pick-up », ainsi que quelques jujubes et du chocolat. Rien à voir avec l’abondance de certains ravitaillements ailleurs.

L’événement offre aussi un 160 km. Les coureurs doivent faire dix fois la fameuse petite boucle de 10 miles qui a donné tant de fil à retordre à Patrice. « Je me suis vraiment demandé comment ils ont fait pour la faire dix fois », lance-t-il.

Sur les six participants du 100 miles, seuls deux ont terminé… en 37 heures.

Malgré la petite taille de l’organisation, Patrice assure qu’elle est efficace et que les gens sont super sympathiques. « C’est tout petit, mais ça gagne a être connu », dit-il.

Un paysage sur le parcours de la Peak Bloodroot Ultra - Photo : Patrice Godin
Un paysage sur le parcours de la Peak Bloodroot Ultra – Photo : Patrice Godin

La suite de la saison

Maintenant que l’objectif du Vermont 100 n’est plus dans la mire, Patrice Godin entend se consacrer à ses autres défis de la saison.

Il y aura le 160 km du Bromont Ultra, en octobre, qu’il a déjà tenté de compléter sans succès. « J’ai le temps de me préparer », dit-il.

Mais il y a surtout son habituel défi de 24 h, qu’il court au parc des Iles-de-Boucherville depuis deux ans, dans le but d’amasser des fonds pour la Fondation du Centre jeunesse de la Montérégie.

L’événement est prévu pour le week-end des 14 et 15 septembre. La fin de semaine précédente, il pense participer au 65 km de l’Ultra-Trail Harricana, mais la décision n’est pas encore prise.

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