« J’ai respecté tous mes objectifs » : l’année 2019 de Jean-François Cauchon

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Jean-François Cauchon au fil d’arrivée de la Diagonale des fous – Photo : Team Cauchon

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En début d’année, Distances+ présentait des reportages sur une quinzaine d’athlètes élites québécois et sur ce qui les attendait en cours d’année sur le plan sportif. Alors que se termine la saison, nous avons demandé à ces coureurs de jeter un coup d’oeil sur les derniers mois afin de nous partager ce qu’ils ont vécu de beau et de fort, ce qu’ils ont appris sur eux-mêmes, tout en reconnaissant leurs moins beaux moments et leurs réflexions. Aujourd’hui : Jean-François Cauchon.

Cet hiver, afin d’éviter les blessures liées à une reprise trop rapide au printemps, j’ai décidé d’intégrer du renforcement et du gainage à ma routine. J’ai aussi conservé un certain volume de course la semaine en me gardant assez de temps le week-end pour mon autre grande passion, le télémark. Cette stratégie, différente de mes hivers 2016-17 et 2017-18, a été payante, car la même blessure que j’ai eue les deux derniers hivers n’a pas refait surface. La saison était déjà très bien commencée.

J’étais en quelque sorte obligé de maintenir mon volume de course, car mon premier objectif de la saison était fin février avec les 128 km de la Transgrancanaria aux îles Canaries. Cette course tôt en saison a été un facteur déterminant dans ma motivation de début de saison et s’inscrivait très bien dans ma ligne directrice pour 2019 de continuer à découvrir le monde par la course à pied. Une belle quatorzième position pour commencer la saison en force. Une superbe découverte et des paysages à couper le souffle. J’y retournerai assurément.

Le Québec Méga Trail fin juin au mont Sainte-Anne, avec ses 110 km, constituait mon deuxième objectif de la saison. Cette course était en quelque sorte un rêve pour moi puisqu’elle allait me permettre d’enchaîner mes trois terrains de jeu favoris, le sentier des Caps, la Mestachibo et le mont Sainte-Anne, un à la suite de l’autre. En prime, j’avais l’opportunité de défendre mon titre de champion canadien d’ultra-trail. Une journée mémorable à travers mes sentiers favoris avec une très satisfaisante troisième position à la fin de la journée.

À la conquête du mont Sainte-Anne

L’entraînement pour des ultras nécessite beaucoup de volume de course et j’aime bien appliquer la notion de volume spécifique. Avec la Diagonale des Fous comme troisième objectif de la saison, c’était l’été ou jamais pour me faire plaisir et tenter un projet que j’avais en tête depuis un certain moment : réaliser le plus de montées et descentes possibles du mont Sainte-Anne en 24 h.

Le concept est simple, un check-point en bas, un en haut et, entre les deux, être le plus efficace possible. J’ai fait 22 allers-retours, bon pour 13 315 m, un nouveau record au mont Sainte-Anne et pas très loin du record du monde de D+/D- en 24 h. Une journée efficace comme je les aime, rendue possible grâce à mon équipe et à tous ceux qui sont venus m’encourager. L’ultra-trail n’est définitivement pas un sport individuel. J’étais fin prêt pour le Grand Raid. Il fallait seulement récupérer.

« Un rêve devenu réalité »

Les 168 km de la mythique Diagonale des Fous sur l’île de la Réunion à la mi-octobre étaient mon objectif ultime et mon plus gros défi à ce jour. Une fois sur place, je me suis rendu compte que la destination n’était pas si importante comparée au voyage pour s’y rendre. Une chimie de groupe incroyable s’est développée avec les Guerriers du Grand Raid et il régnait un esprit de véritable camp de vacances pour adulte. Ce voyage aura été une expérience humaine hors du commun. L’île de la Réunion a beaucoup à offrir et j’y retournerais demain sans aucune hésitation. La cerise sur le sundae fut ma septième position. Un rêve devenu réalité. J’en profite pour remercier encore une fois La Clinique du Coureur d’avoir rendu ce voyage possible.

En résumé, cette année, j’ai respecté tous mes objectifs : continuer à progresser, continuer à voyager et découvrir le monde au pas de course, continuer d’essayer d’inspirer le plus grand nombre de personnes au passage et le tout en équilibrant aussi ma famille et mon travail.

P.S. Le seul problème avec ce compte-rendu de ma saison 2019, c’est qu’elle n’est, en réalité, pas encore terminée. Je serai à nouveau au départ de la TransMartinique le 7 décembre pour revivre le dépaysement, le dépassement de soi et l’expérience culturelle que j’y ai vécue en 2018.

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