Championnats du monde de trail : Annie Jean sur la ligne de départ

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Photo : L’équipe canadienne qui participe au Championnat mondial de trail 2017 / Photo : Sébastien Côté

L’athlète québécoise Annie Jean s’élancera ce samedi dans les sentiers de Badia Prataglia, en Italie, avec le chandail d’Équipe Canada pour tenter de se tailler une place parmi l’élite internationale lors des Championnats du monde de trail moyenne distance. Le parcours forestier de 50 km pour 3000 m de dénivelé planté au cœur de la Toscane devrait en tout cas lui aller comme un gant.

Très en jambe, la championne en titre du 65 km de l’Ultra-Trail Harricana a terminé en mars à la deuxième place de Behind the Rock Ultra (80 km) à Moab, dans les canyons de l’Utah, au terme de son stage au sein de l’Académie Salomon. Elle ne s’attendait pas pour autant à être sélectionnée pour représenter son pays aux côtés de Cassie Smith et Kathryn Drew (et de Cody Callon, Calum Neff, Jesse Booi et Jeremy Walsh chez les hommes). Elle semble d’ailleurs aborder cette belle opportunité avec une grande zénitude.

« Je ne suis pas quelqu’un qui stresse. Je ne suis pas très compétitive, mais quand le fusil part, là, je suis dans une autre philosophie », a confié Annie Jean à Distances+ lors d’une entrevue téléphonique depuis son lieu de villégiature.

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Annie Jean, de dos, porte les couleurs de l’équipe canadienne / Photo : courtoisie

« Je ne pense pas au podium parce que j’ai de la misère à me situer, je ne fais pas assez de courses internationales. Mais j’aimerais faire un top 10. J’aime bien le top 10 », a-t-elle ajouté, en soulignant que « le coach d’Équipe Canada veut avant tout qu’on s’amuse, même si c’est un niveau mondial. Il ne nous met pas de pression plus que ça. »

« Et puis, moi, je ne veux pas perdre le plaisir de courir,  j’y vais sans me stresser pour essayer de faire la meilleure course, sans trop de pesanteur », assure Annie, qui fait beaucoup de vélo pour se changer les idées. « Mon vélo me suit toujours dans mes déplacements. J’ai roulé aujourd’hui (jeudi) et je vais rouler demain. En plus, les paysages sont vraiment beaux. Il y a de grandes vallées, pas de plat, avec plusieurs châteaux au-dessus des montagnes, des petits villages tous espacés d’environ 10 km, et plein de petites maisons cachées derrière les arbres… »

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Annie Jean à vélo dans les vignobles toscans / Photo : Annie Jean

Annie Jean donne l’impression d’être en vacances, ultra détendue, heureuse de profiter de ces moments privilégiés, mais il ne sera plus vraiment question de tourisme quand elle se positionnera sur la ligne de départ samedi. La podiatre de Gatineau, qui a récemment bouclé « tranquillement » le marathon d’Ottawa sur route en 2 h 52, est la deuxième meilleure canadienne au classement ITRA (International Trail Running Association) des coureuses en sentier sur moyenne distance (entre 42 et 69 km) et le parcours de l’épreuve est taillé pour elle. « Ce sont des sentiers forestiers très peu techniques. Il n’y a pas de grosses roches, pas de gros dénivelés, pas de descentes difficiles, ça va être très rapide », comme elle aime. « C’est mon terrain favori, oui, mais la compétition sera très relevée », notamment avec les très fortes délégations italiennes et françaises.

Les championnats du monde de course en sentier sont organisés conjointement par l’ITRA et l’International Association of Ultrarunners. Les vainqueurs de l’édition 2017 seront champions du monde de trail moyenne distance pour les trois prochaines années.

À la suite de la compétition, Annie Jean va profiter de son périple en Italie pour sillonner les routes de la Toscane à vélo durant quelques jours avant de se rendre à Annecy, à 100 km de Chamonix, où elle rejoindra la gang de Salomon, dont Mathieu Blanchard et Marianne Hogan, pour participer au Marathon du Mont-Blanc le 25 juin. Annie prendra part au 42 km.

En septembre prochain, Annie défendra son titre à l’Ultra-Trail Harricana. « C’est ma course, dit-elle. Je me suis inscrite cette semaine. J’aimerais vraiment ça qu’ils augmentent le nombre de participants au 65 km parce que j’ai envie d’apporter de bons coureurs qui sont prêts à venir, mais c’est déjà complet. » À bon entendeur…