Annie Jean veut mettre la cerise sur le sundae en Californie

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Annie Jean lors de la course La Chute du Diable – Photo : Olivier Mura

La première chose qui frappe chez Annie Jean, c’est le bonheur dans sa voix. L’athlète québécoise, qui est en route pour San Francisco afin de participer au North Face Endurance Challenge, célèbre sa plus grande victoire à ce jour : un retour à la santé et à la joie de courir.

C’est qu’elle en sait quelque chose sur la santé et les blessures. Podiatre depuis 2009 et spécialisée en analyse de course à pied, elle se présente souvent à ses compétitions avec sa trousse de travail. Une fois traversé le fil d’arrivée, elle traite les coureurs mal en point. Quoi de mieux que de jumeler deux passions et de joindre l’utile à l’agréable en alliant course et podiatrie!

Ça n’a pas été facile au cours des dernières années pour Annie. Certes, en 2016, elle est montée sur le podium de toutes les courses auxquelles elle a participé, sauf une. Mais, auparavant, elle était atteinte d’une endofibrose de l’artère iliaque, un mal où une artère coincée crée un mauvais débit sanguin. Elle était alors incapable de courir à un effort normal sans douleur. Le mal a persisté environ six ans, alors le plaisir avait pris le bord.

C’est donc avec soulagement qu’elle a subi la chirurgie qui l’a délivrée de ce mal il y a un an. Sa récupération spectaculairement rapide et l’amour renoué avec le sport lui ont permis d’accumuler les réussites sportives cette année. « Ça fait du bien de pouvoir courir sans douleur et de pouvoir pousser comme je veux », s’exclame Annie d’une voix enjouée.

Une saison brillante

Parmi les moments forts de sa saison, notons plusieurs records de parcours, sa qualification au championnat canadien Long Distance Mountain Running à Vernon, en Colombie-Britannique, où elle est arrivée deuxième femme à la course de 50 mi. Ce résultat lui a permis de se qualifier automatiquement pour le championnat mondial de course en montagne, en Slovénie, en juin.

Lors de cette course comportant 3 000 m de D+, elle est arrivée douzième chez les femme et première Canadienne. Plus tard dans la saison, elle a terminé première femme au 65 km de l’Ultra-Trail Harricana, au 55 km du Bromont Ultra, au 50 km de La Chute du Diable, au marathon du Tour du Mont-Royal Brébeuf, au demi-marathon du Parc de la Gatineau et au 22 km du Trail X Skinouk, en plus d’avoir fait le marathon sur route d’Ottawa en 2 h 56.

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Direction : la Californie

C’est après une telle saison qu’Annie se rend à cette course à San Francisco. Elle en rêve depuis longtemps. Elle prendra le départ avec les élites femmes et hommes, une réussite en soi puisqu’il est nécessaire de s’y qualifier. Il faut en effet un temps de moins de 7 h 30 sur un 50 mi pour le faire. Elle dit se sentir prête. Elle y va avec des amies, dont Sarah Bergeron-Larouche qui fait, tout comme elle, partie de l’équipe canadienne de course en montagne.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle vise pour cette course, Annie hésite avant de répondre. Un top 10, avance-t-elle, pour une course terminée aux alentours de 7 h.

Mais on ne la fait pas parler de chiffres bien longtemps, car pour Annie, ce sont le bonheur de la course, les amitiés qui s’y forgent et les voyages qu’elle permet qui importent. D’ailleurs, elle apporte toujours son vélo lorsqu’elle voyage pour une course, afin de profiter des environs. Elle a très hâte de se promener dans les collines de San Bernardino, au nord de San Francisco.

Étonnement, Annie dit ne ressentir aucun stress. C’est un état enviable qui est habituel chez elle. « Je profite de ma santé, ce qui me mène à de belles réalisations, réitère-t-elle. Je fais ça pour m’amuser et, en même temps, j’aime beaucoup découvrir d’autres régions ».

Parions qu’après sa course, elle pourra tranquillement savourer un verre de vin avec ses amis coureurs dans les vignobles de la Californie, et qu’elle célèbrera ainsi une très belle saison, ainsi qu’un retour à la santé.