La cinéaste Caroline Côté part pour 2000 km en solo sur la route de l’électricité

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Caroline Côté – Photo : Hydro-Québec

La cinéaste et ultramarathonienne Caroline Coté vient d’entamer une expédition de 2000 kilomètres qui symbolise le parcours de l’électricité à travers le Québec. De Natashquan à Montréal, elle va mettre 80 jours pour franchir la distance que le courant électrique prend normalement quelques millisecondes à parcourir. Distances+ lui a parlé la veille de son départ.

Caroline Coté était déjà sous le charme avant même le début de son aventure. « Ici, à Natashquan, les bancs de neige sont immenses et même dans nos plus grands hivers à Montréal, il n’y a rien qui peut s’en approcher, dit-elle avec enthousiasme. Je veux montrer que le Québec est un endroit formidable alors que la majorité des gens que je connais n’ont jamais dépassé Tadoussac. »

C’est le 4 avril à 10 heures du matin qu’a débuté la première étape de son périple. À partir de Natashquan, en Basse-Côte-Nord, elle doit rejoindre la centrale électrique de la Romaine. « L’objectif, c’est que je passe toujours à proximité des lignes électriques ou, sinon, que je demeure le plus près possible du réseau électrique », explique-t-elle.

Un projet hydro-québécois

C’est en août dernier qu’Hydro-Québec a approché Caroline Côté avec cette idée. « Il recherchait quelqu’un en mesure de filmer l’hiver et d’affronter ce défi énorme, appelé expédition électrON, qui est de suivre le parcours de l’électricité, de l’extrémité des lignes aux grands centres », précise la cinéaste.

Un territoire immense qu’elle va parcourir en ski de fond, puis à la course à pied dès que les conditions le permettront. « Notre réseau électrique traverse un territoire très vaste et a été bâti par des gens de partout au Québec, dit-elle. Des gens que je vais rencontrer durant mon expédition. »

Une préparation minutieuse

Comme l’explique Caroline Coté, Hydro-Québec a mis à sa disposition une équipe d’experts pour la préparation de son voyage. « Une personne m’a aidée pour la fabrication du traîneau pour le transport de mon matériel, dont une tente et de la nourriture. C’est plus de 30 kilos, affirme Caroline. Je vais compléter par un sac à dos pour l’équipement vidéo. »

La préparation a été un défi en soi. « Je vais être seule à réaliser l’aventure, mais derrière tout ça il y a une équipe qui m’aide à relever ce défi, avoue-t-elle. J’ai un architecte d’aventure, Samuel Ostiguy, pour toute la planification, dont les ravitaillements et le tracé de l’expédition. J’ai également reçu l’aide d’un entraîneur pour ma préparation physique et mentale. »

Même si c’est une aventure solo, elle sera toujours en communication avec une équipe de soutien. « J’ai un téléphone et une balise GPS. J’ai accès aux experts de Sirius Wildeness Medecine, qui sont spécialisés en survie en milieu éloigné et qui m’ont donné une formation. J’ai également le support d’AirMedic si j’ai besoin d’aide médicale. Je suis super bien encadrée », dit-elle.

En plus de faire du camping, en pleine nature, dans toutes les conditions climatiques imaginables, elle compte s’alimenter de nourriture déshydratée pendant les 80 jours de l’expédition. « Je devrais y arriver, car il y a un menu qui a été développé spécialement pour moi comme je suis végétarienne, explique-t-elle. Un gruau le matin, une bonne soupe le midi alors que le soir, ça sera plus varié. J’ai besoin d’environ 4000 calories par jour. »

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L’itinéraire de Caroline Côté

L’entraînement

Afin d’optimiser sa préparation physique, elle s’entraîne depuis plusieurs mois avec des charges. « Peu importe mon moyen de déplacement, en vélo, à la course ou en ski, je pars avec beaucoup de poids, précise Caroline Côté. C’est important parce que c’est souvent quand on ajoute du poids à nos activités physiques qu’on se blesse, d’où l’importance de s’y habituer progressivement. »

Son entraînement visait autant les aspects physiques que mentaux. « J’ai fait beaucoup de courtes distances, environ 5 kilomètres et souvent plus d’une fois par jour. Mon but, c’était de sortir à chaque jour même par des températures de -25 degrés, puisque ça me permettait aussi de m’entraîner mentalement. »

Comme elle l’explique, c’est tout un défi que de parcourir 2000 kilomètres en solitaire. « C’est la première fois que je pars seule. Pour Qamaniq et les autres expéditions que j’ai faites, j’étais toujours accompagnée. »

Un film et une présence en ligne

Au-delà du défi physique de l’expédition, l’objectif est de recueillir du contenu visuel pour un futur documentaire. « J’ai déjà un scénario en tête, mais ça reste à voir avec ce qui va arriver, avoue-t-elle. J’ai déjà des entrevues de prévues avec du personnel d’Hydro-Québec, dont des monteurs de lignes. J’ai aussi l’intention de rencontrer les Innus de Mingan et d’autres personnes qui vont se présenter sur ma route. »

Elle devrait également publier une photo par jour sur le site Instagram d’Hydro-Québec en plus de rédiger un récapitulatif de la semaine sur sa page Facebook.

Après la Romaine et le barrage Manic-5, elle se dirigera lentement vers Montréal. « Je vais aller vers le Saguenay, avant de suivre la rivière Saint-Maurice jusqu’à Shawinigan. Je compte également traverser le fleuve, peut-être à la nage. Je me garde quelques surprises de ce genre », dit-elle.

Le 16 juin prochain, après 80 jours de ski et de marche, elle devrait terminer l’aventure par la traversée du pont Jacques-Cartier. « Pour les derniers kilomètres, je devrais être accompagnée par des membres de ma famille et des amis. Tous ceux qui voudront terminer la course avec moi seront les bienvenus », conclut-elle.