À la découverte d’un joyau des Laurentides : le parc des Falaises

parc_des_falaises_prevost
Le lac Paradis – Photo : Comité régional pour la protection des falaises

Herman Smith-Johannsen, alias Jack Rabbit, est considéré comme le pionnier de la pratique du ski de fond au pays. Résident de Piedmont, dans les Laurentides, il a mis en place, dans les années 1930 et 1940, un vaste réseau de sentiers de ski, de Prévost à Sainte-Agathe, en passant par Saint-Sauveur, soit la Maple Leaf Trail. Certains des sentiers qu’il a lui-même tracés ont été sauvegardés et sont maintenant intégrés dans une aire protégée, le parc des Falaises, à Prévost.

Comme le mentionne Claude Bourque, président du Comité régional pour la protection des falaises (CRPF), « le parc des Falaises est encore un rêve
inachevé ». Pour l’instant, seulement 45 % des 16 km carrés du territoire à protéger sont propriété soit de la réserve naturelle Alfred-Kelly (Conservation de la nature Canada) ou de la réserve naturelle du Parc-des-Falaises. Les 55 % restant sont toujours détenus par des propriétaires. Les deux réserves visent les mêmes buts : la protection du milieu naturel et la pratique d’activités récréoéducatives.

parc_des_falaises
Photo : Comité régional pour la protection des falaises

Le parc des Falaises offre environ 22 km de sentiers techniques avec un bon dénivelé, puisque ces derniers serpentent sur plusieurs montagnes. « Le circuit le plus populaire est celui du Pandora 24 et emprunte, à partir du stationnement de la gare Prévost, le sentier MOC vers le lac Paradis. Puis, jusqu’en haut de la montagne, on enchaîne avec le sentier WZ jusqu’au marais aux Castors. Ensuite, on revient par le sentier JE avant de reprendre le MOC jusqu’au stationnement. C’est 10 km pile et 400 m de D+ » affirme, d’une seule traite, Martin Coulombe, coorganisateur des activités de course et de collecte de fonds du CRPF.

Ces mêmes sentiers se transforment, l’hiver venu, en autant de sentiers de ski nordique et de raquette. Les usagers du parc seront heureux d’apprendre que la signalisation, parfois déficiente, a été améliorée lors de la dernière corvée faite à l’automne.

Le parc des Falaises est le fruit d’une initiative citoyenne qui remonte au début des années 1980. À cette époque, un inventaire biologique a démontré le caractère exceptionnel de ce secteur en ce qui a trait à la biodiversité. Les falaises du parc hébergent plusieurs oiseaux de proie, dont un couple de faucons pèlerins, une espèce menacée. « On est chanceux d’avoir un territoire aussi exceptionnel en héritage. Le rôle du CRPF est d’encadrer de façon formelle les activités sur ce territoire pour le léguer aux générations futures », mentionne Claude Bourque. Pour poursuivre ses activités et augmenter la superficie des zones protégées, le parc des Falaises reçoit des dons et des subventions, en plus d’organiser trois activités annuelles de financement.

Des courses pour se financer

pandora_24_photo_crpf
Photo : Comité régional pour la protection des falaises

En octobre, nous retrouvons le Tour du massif des falaises, qui propose plusieurs distances de course : 4, 10, 25 et 50 km. Le parcours de 25 km est une boucle comprenant 1 000 m de D+, alors que celui de 50 km correspond à deux boucles de 25 km. Malheureusement, cette année, en raison du défaut d’entente avec un propriétaire riverain, les courses de 25 et 50 km ont été remplacées par une course unique de 20 km. C’est d’ailleurs Sarah Bergeron-Larouche, récente médaillée du North Face Endurance Challenge California, qui a remporté l’épreuve chez les femmes (en plus d’être arrivée deuxième toutes catégories). Pour l’instant, il n’est pas possible de savoir si les distances de 25 et 50 km seront de retour en 2017.

La formule de la course Pandora, qui existe en versions hivernale (Pandora -24, en février) et estivale (Pandora 24, en juillet), est unique. Pour l’édition hivernale, en équipe ou de façon individuelle, il s’agit de parcourir un maximum de fois un circuit de 3,5 km pendant une période de 6 ou 12 h. Ce qui rend l’expérience unique et particulièrement appréciée en hiver, c’est qu’un restaurant à proximité immédiate des pistes met un buffet copieux à la disposition des coureurs. Comme le mentionne Martin Coulombe, « c’est l’ultra qui propose le ravitaillement le plus gastronomique de toute la galaxie »!

Les profits de ces événements servent notamment à financer l’acquisition de terrains. Cette dernière activité prend de l’importance, puisque l’urbanisation grandissante de la région menace les zones à protéger. À ce sujet, 135 ha ont été récemment acquis et devraient être bientôt être intégrés au parc des Falaises, incluant l’aménagement de nouveaux sentiers.

Finalement, plusieurs usagers du parc espèrent la mise en place d’un lien entre la réserve Alfred-Kelly et la réserve du Parc-des-Falaises, car ces deux zones sont actuellement séparées par des terrains privés.

Situé à seulement 50 km de Montréal, le parc des Falaises est un terrain de jeux à découvrir pour les coureurs de la région. Vous êtes donc invités à emprunter ses sentiers, à découvrir ses paysages et, pourquoi pas, à suivre les traces de Jack Rabbit qui, même centenaire, pratiquait son sport tous les jours.