Ultra-Trail Cape Town : Josée Prévost et Raphaël Marchand courent au bout de l’Afrique

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Raphaël Marchand – Photo : courtoisie

Deux Québécois participent ce week-end à l’Ultra-Trail Cape Town, en Afrique du Sud, ultime épreuve de la saison de l’Ultra-Trail World Tour (UTWT). Josée Prévost et Raphaël Marchand prendront en effet le départ de cette course de 100 km, aux côtés de plusieurs grands noms de la course en sentier.

Courir en Afrique du Sud n’est pas chose courante, et c’est un peu le hasard qui va réunir aussi loin du Québec ces deux coureurs qui ne se sont jamais rencontrés.

« J’ai vu sur le site de l’UTWT qu’il y avait un 100 km en Afrique du Sud, se rappelle Josée Prévost, propriétaire des boutiques La Maison de la Course, et je n’ai jamais vu l’Afrique. »

« Je sors un peu de ma zone de confort », ajoute-t-elle, puisqu’elle se rend sans accompagnement en Afrique du Sud. « Beaucoup de gens de mon entourage ont des enfants et ils ne peuvent pas se libérer à ce moment-ci de l’année. »

L’an dernier, à pareille date, plusieurs membres de l’équipe de La Maison de la Course s’envolaient pour la Martinique, afin de participer à cette course qui traverse toute l’île des Antilles, et dont Distances+ fera une couverture spéciale dès la semaine prochaine.

Pour sa part, Raphaël Marchand devait accompagner un groupe d’amis coureurs au The North Face Endurance Challenge Californie, mais les inscriptions étaient déjà fermées lorsqu’il a décidé de s’inscrire. Tant mieux pour lui : l’événement a finalement été annulé.

« Je fais toujours un voyage de course par année et il ne me restait plus beaucoup d’options, dit-il. Je veux m’inscrire à la Western State l’année prochaine et j’ai vu que Cape Town est une des courses qualificatives. »

Josée Prévost (à gauche) avec des partenaires d'entraînement - Photo : courtoisie
Josée Prévost (à gauche) avec des partenaires d’entraînement – Photo : courtoisie

Entre deux océans

Le parcours de 100 km et de 4300 m de D+ a la particularité de surplomber deux océans. L’Atlantique et l’océan Indien se rencontrent en effet à la péninsule de Cape Town, située à l’extrême sud du continent africain.

« C’est 2500 m de D+ dans les premiers 45 km, précise Raphaël Marchand, qui a bien analysé le parcours. Après ça, c’est plus roulant. Dans la section Table Mountain, c’est assez rocheux. Ce sont des conditions qui rappellent l’Arizona : peu de racines, mais beaucoup de roches et des marches. »

Avec un temps limite de 17 h, cette course s’adresse aux coureurs expérimentés, mais cela ne semble nullement ébranler Josée Prévost. « C’est tout de même 4 h de plus que le temps qui m’était alloué au Squamish 50 (80 km) et en plus, c’est moins technique. Je pense faire la distance en 16 h, mais je n’y vais pas en mode compétitif, je vais prendre le temps d’admirer les paysages », se promet-elle.

Raphaël Marchand est conscient que le niveau risque d’être quand même assez élevé lors de cette dernière course du circuit de l’UTWT. Il n’a donc pas d’attente en termes de position. « Mon objectif, c’est de terminer en bas de 14 h. Il y a une médaille spéciale pour ceux qui terminent avant ce temps. C’est le printemps là-bas, c’est quand même 30 degrés dans l’après-midi, mais comme c’est au bord de l’océan, ça devrait être tolérable. »

Raphaël Marchand - Photo : courtoisie
Raphaël Marchand – Photo : courtoisie

Préparation et entraînement

Il s’agira de la plus longue distance à vie pour Josée Prévost. Elle a d’ailleurs changé sa façon de s’entraîner. « J’ai maintenu récemment un bon 100 km par semaine et cette année, pour la première fois depuis longtemps, je fais des intervalles deux fois par semaine. Ça m’a donné un gros coup de pouce, j’ai beaucoup plus d’endurance », affirme-t-elle.

Militaire, Raphaël Marchand a été déployé trois mois cet été au Koweït, ce qui a sérieusement ralenti son entraînement. « On restait tout le temps sur la base, c’était assez limité comme entraînement, pas plus de 50 km par semaine, se souvient-il. À 50 degrés Celsius ce n’est pas l’endroit pour faire du volume. J’ai plutôt fait du tapis avec la pente au maximum. Au retour au pays, en septembre, je suis allé m’entraîner trois semaines dans l’Ouest canadien en plus de faire le Whistler 50 Ultra. »

Raphaël attribue sa passion pour la course en sentier à son affectation, il y a 4 ans, à la base de Bagotville. « On a tellement de beaux sentiers là-bas et le groupe de coureurs est incroyable, dit-il. En plus, comme militaire, on est poussé vers le sport, j’ai beaucoup de latitude pour m’entraîner. »

Une course excitante

Lors de l’édition 2017, c’est le Zimbabwéen Prodigal Kumalo qui avait remporté l’épreuve en 9 h 51, devançant par à peine 5 minutes le Sud-Africain Ryan Sandes, qui courait à la maison. Chez les femmes, c’est l’Australienne Lucy Bartholomew qui avait été couronnée avec un temps de 11 h 21. 

Cette année, chez les élites, le duel Kumalo-Sandes sera de nouveau intéressant à observer, les deux coureurs étant du départ. Notons également la participation du Canadien Rob Krar et, chez les femmes, celle de Francesca Canepa (Italie), gagnante de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc cette année, de Mimmi Kotka (Suède), gagnante cette année du Marathon du Mont-Blanc et l’Ultra-Trail de Madère, ainsi que de Nathalie Mauclair (France), gagnante de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2015.

Il est à peu près certain qu’avec cette course, Francesca Canepa prendra la tête du classement final de l’Ultra-Trail World Tour. Elle est en ce moment deuxième, avec 15 petits points derrière la Chinoise Miao Yao. Il lui suffit tout simplement de finir la course. 

L’Espagnol Pau Capell, qui est en première place de l’UTWT chez les hommes, n’est quant à lui pas en danger. 

C’est vendredi à 22 h (heure de Montréal) que s’élanceront les coureurs à partir de la ville de Signal Hill, en banlieue de Cape Town.

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