Thomas Duhamel s’apprête à prendre le départ du Marathon des Sables

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Photo : Olivier Mura

Thomas Duhamel, un Français de 31 ans, installé depuis un peu plus d’un an au Québec fera partie des mille et quelque concurrents qui s’élanceront à l’assaut du désert à partir de ce week-end, dans le cadre du célèbre Marathon des Sables.

« Dans le désert, vivre c’est avancer sans cesse » écrit Théodore Monod, inlassable explorateur du désert saharien, dans son livre Méharées. C’est là un principe que ne démentiront sans doute pas les concurrents de la 32e édition de cette course mythique qui a lieu dans le Sud marocain.

La course est redoutable car les coureurs doivent, pendant une semaine, gérer leur effort, mais également leur alimentation – en autosuffisance alimentaire – , tout en prenant soin de répondre aux besoins en eau, fournie en plusieurs points du parcours. Ajoutez à cela une forte amplitude thermique entre le jour (30° C en moyenne) et la nuit (14° C), et tous les ingrédients sont là pour en faire une course hors norme.

Une préparation pour le sable… dans la neige

On se demande comment se fait la préparation pour une telle course quand on vit à Montréal? En courant dans la neige, explique Thomas. « L’hiver venu, alors que certains évitent la neige, moi je la cherche, et je cours le plus possible sur des chemins enneigés ».

Coureur-navetteur, le Normand relie le quartier du Plateau à Atwater quotidiennement en traversant le mont Royal, et cumule ainsi ses 100 km hebdomadaires. Si la neige permet de simuler la sensation du sable, notamment au niveau des appuis, reste le problème de la chaleur. Il existe bien des centres sportifs qui proposent d’associer vélo et sauna, mais le coureur n’a pas tenté l’expérience.

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Photo : courtoisie

Un coureur avec du bagage

Avec un passé de sportif aguerri (il a joué au basketball), Thomas a découvert la course en sentier par l’entremise d’un ami. En 2013, alors installé pour quelques mois sur l’île de La Réunion, il se retrouve embarqué sur « la petite sœur de la Diagonale des fous ». Pas si petite, puisque la course fait tout de même 70 km.

L’année suivante, il court la Diagonale complète, accompagné de sa sœur. Pour se préparer, le frère et la sœur s’offrent une escapade dans le massif alpin qui entoure Annecy, en France. En quatre jours, ils parcourent 160 km et cumulent 10 000 m de dénivelé positif, l’idée étant de se préparer à la Diagonale.

La même année, Thomas s’offre une belle 14e place à l’Ultra Tour des 4 Massifs et, en 2015, une 54e place (sur près de 750 participants) au Grand Raid des Pyrénées, ainsi qu’une 11e place au Luchon Aneto Trail, en France.

Capable de relever de gros défis

Thomas aime les défis. Tout juste arrivé à Montréal en 2016, il souhaite, pour ses 30 ans, s’offrir quelque chose de mémorable. Sa sœur vivant à New York, il couvrira la distance qui sépare Montréal de la Grosse Pomme.

À la frontière américaine, deux douaniers bienveillants s’enorgueillissent de leur propre allure d’entraînement de 11 km à l’heure, et raillent gentiment Thomas qui tourne autour de 10. Auraient-ils, comme lui, parcouru les 650 km en 9 jours?

Pour Thomas, la recherche de la performance au Marathon des Sables sera secondaire. L’important est d’abord d’aller jusqu’au bout de l’aventure, notamment parce que Thomas et son ami Quentin courront au profit de l’association Y Arrivarem qui permet à des enfants handicapés d’accéder à des lieux qui leur sont généralement inaccessibles, que ce soit à la montagne ou en mer.

L’objectif de Thomas et de Quentin est d’atteindre 1500 euros (un peu plus de 2000 $) en dons et, ainsi, de financer une joëlette, un ingénieux dispositif qui permet de conduire des personnes n’ayant pas l’usage de leurs jambes en montagne.

Courir pour celles et ceux qui ne le peuvent pas : voilà une aventure qui a du sens.


En complément : 

L’association Y Arrivarem

Le site pour le financement de la joëlette au profit de l’association Y Arrivarem

La page Facebook de Quentin et Thomas


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