Sébastien Roulier sur le fil de départ de la Western States

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Sébastien Roulier – Photo : Marco Bergeron

C’est ce samedi que l’athlète et médecin Sébastien Roulier réalise un rêve en prenant le départ de la Western States 100-Mile Endurance Run, dans la Sierra Nevada, en Californie. C’est la plus ancienne course de 160 kilomètres (100 miles) et c’est aussi l’une des plus prisées au monde.

À ses côtés, 368 coureurs provenant de 30 pays parcourront le « Golden State » dans l’espoir d’obtenir une magnifique boucle de ceinture argent ou bronze, selon le temps réalisé.

Depuis plus de quatre décennies, des coureurs de partout sur la planète tentent leur chance sur ce parcours mythique. « Ça faisait partie de mon bucket list des courses que j’aimerais faire un jour comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, a confié le Sherbrookois à Distances+, à quelques jours de son départ. Mais l’UTMB je l’ai fait l’année passée. Cette année, c’est la Western State. »

Pour participer à cette épreuve, il faut avoir été pigé lors d’une loterie. Pour obtenir un billet, il faut au préalable avoir fait une course qualificative. Pour Sébastien Roulier, cette course était justement l’UTMB. Notons au passage qu’une seule course canadienne peut servir de course de qualification : il s’agit du 125 km de l’Ultra-Trail Harricana.

Ainsi, ce sont plus de 7000 billets de tirage qui se retrouvent dans un baril. Le tirage se déroule en direct sur le web. « C’est sûr que j’étais bien content, au mois de décembre, quand j’ai été pigé. Quand je les ai entendus massacrer mon nom, j’ai dit : ‘’Ha! Ça, c’est moi!’’ C’était live et j’étais content! »

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Photo : Western States Endurance Run

Les mythes ont tous une histoire exceptionnelle 

La course Western States tire son origine d’un exploit qu’un dénommé Gordy Ainsleigh a réalisé en 1974. Mis au défi, il voulait prouver qu’il pouvait parcourir à pied, plutôt qu’à cheval, l’épreuve d’endurance équestre du Western States Trail Ride. Il est ainsi devenu le premier homme à avoir parcouru les 100 miles de la course en 23 heures et 42 minutes. Depuis sa création cette année là, la Western States est devenue l’un des tests ultimes d’endurance au monde.

Le départ de l’épreuve est donné à Squaw Valley près du vieux site des Jeux olympiques d’hiver et se termine 160 kilomètres et 5200 mètres de dénivelé plus loin à Auburn, toujours en Californie. Le parcours traverse l’état par de vieux sentiers, les mêmes qu’ont empruntés autrefois les chercheurs d’or lors de la conquête de l’Ouest américain.

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Photo : Western States Endurance Run

« Je vais y aller à mon rythme »

Sébastien Roulier prépare cette course depuis cet hiver. « Je vois ça un peu comme des jalons au fil des mois pour en arriver à la course de 160 km. J’ai quand même fait du bon millage pendant l’hiver, pas nécessairement autant de longues sorties que j’aurais aimées parce que je n’avais pas autant le temps pour m’en permettre, mais j’ai fait quelques gros week-ends dont la course de Pineland Farm Trail.»

C’est d’ailleurs lors de cette course préparatoire que Sébastien a commencé à avoir quelques inquiétudes pour sa préparation du Western States. « J’avais une bursite à la base du tendon d’Achille qui s’est manifesté un plus plus durant la course, ça m’avait d’ailleurs un peu achalé tout l’hiver, mais à la course Pineland j’ai été deux jours à boiter.»

À quatre semaines de la Western States, cet état l’a donc forcé à réviser ses objectifs. « On revient les deux pieds sur terre et on se dit qu’on va le faire, mais on verra bien où ça va nous mener, dit Sébastien. Dans un monde idéal je ne me serais pas garroché pour aller faire une course ce week-end, mais j’ai pris un peu de repos, j’ai fait des étirements, j’ai encore une douleur qui m’achale, mais qui est moins pire. »

La Californie vit présentement des épisodes de chaleur intense. La température annoncée cette fin de semaine oscillera entre 36 et 40 Celsius. C’est un autre facteur qui ralentira assurément notre Québécois. « La chaleur, c’est quelque chose qui me convient rarement. On va être exposé au soleil toute la journée, alors la stratégie pour me refroidir va être de transporter des glaçons sur moi. »

Sébastien va tenter de faire la course en bas de vingt heures. « Si je fais 17 ou 18 heures, tant mieux. Mais si ça va en bas de 24 h ça sera ça. C’est sûr qu’idéalement j’aimerais être en bas du 24 heures pour obtenir la fameuse Silver Belt Buckle, mais je comte vraiment écouter mon corps pour ne pas être dans le rouge, car avec cette chaleur, faut que je sois prudent. Je veux la finir cette course.»

C’est du sérieux 

Cette année, l’organisation procédera à des tests antidopage auprès des coureurs. Si Sébastien Roulier avoue ne jamais avoir eu connaissance de coureurs sous l’effet de produit illicite, il constate quand même que parfois les gens feraient n’importe quoi pour avoir leur moment de gloire.

« Je ne suis pas surpris qu’il y en ait, mais est-ce que ça les avantage réellement? Je ne sais pas. C’est un sport qui se joue dans la tête contrairement à des plus petites distances. Pour ça, il n’y a pas de pilules qui peuvent aider. Le mental ça se travail au fil des courses, mais c’est sûr qu’il y en a qui sont là pour la performance. »

Les suites…

Après cette épreuve, la saison 2017 de Sébastien Roulier n’est pas terminée. Il tentera de prendre le départ du Vermont 100 Endurance Race trois semaines après la Western States.

« Ça fait beaucoup. Je me suis questionné et je me questionne encore. Ça va dépendre de comment je vais ressortir de la Western States. C’est dans mes plans de la faire. Ça peut être intéressant de faire deux courses proches pour voir comment mon corps va répondre à tout ça. »

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