Sarah Verguet Moniz, la nouvelle venue en sentier qui arrive 3e à l’UTHC

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Sarah MOnet Verguiz à l’Ultra-Trail Harricana 2017 – Photo : Jerome Kearney

À peine quelques mois après avoir commencé à courir des ultras en sentier, Sarah Verguet Moniz a créé la surprise lors du 6e Ultra-Trail Harricana (UTHC) début septembre. L’Abitibienne a raflé la troisième place du podium chez les femmes sur la plus longue distance de l’événement, le 125 km.

Sarah a réalisé cette épreuve en 15 heures 47 minutes, soit une heure et quart après la gagnante Sarah Keyes. Cette performance lui a valu la quinzième place au classement général. Il s’agit d’un accomplissement pour celle qui réalisait son premier ultra à vie il y a six mois, soit le 80 km de Monument Valley, dans le sud-ouest américain.

« La course a été difficile à cause du faible dénivelé, ce qui me forçait à courir beaucoup, dit Sarah. Après 80 km, je n’étais pas capable de bien courir parce que mes jambes étaient lourdes, poursuit la Rouynorandienne. En plus, j’ai fait une erreur de débutante. Je pensais que mon dropbag était plus loin, donc je suis passée tout droit au ravito. Mais j’ai appris de mes erreurs. »

De la course à obstacles à l’ultra

La novice de l’ultra n’est pas pour autant une débutante en sport. Après avoir fait partie de l’équipe nationale du Portugal en triathlon, elle arrête le sport pendant sept mois. En 2007, elle reprend l’activité physique avec la ferme intention de réaliser un raid d’aventure de quatre jours au Brésil. De cette expérience, elle se découvre une passion pour l’endurance. « Après le raid, où je suis restée 36 heures sans dormir, j’ai su que j’étais faite pour les courses d’endurance », affirme celle qui prendra part, l’année suivante, à une course de vélo de 24 heures.

C’est surtout la course à obstacles qui lui fait découvrir les sentiers. « J’ai connu la course à obstacles en 2012, peu après mon arrivée au Québec. En 2015, j’ai pris part à mon premier marathon à obstacles », commente la coureuse d’origine franco-portugaise.

Très rapidement, elle obtient des performances remarquables, à l’instar de sa deuxième place aux championnats du monde de course à obstacles qui se déroulaient en Californie en 2016.

Suite à l’ultra de Monument Valley, elle s’aligne sur l’épreuve de 70 km du Trail des crêtes du Chablais, en Haute-Savoie. « Il y avait 4800 mètres de dénivelé. C’est difficile parce que chez nous, on n’a pas beaucoup de montagnes. Je travaille sur tapis avec une inclinaison à 40 %, ça aide beaucoup », commente l’Abitibienne tout en soulignant sa faiblesse technique en descente.

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Le podium féminin du 125 km de l’Ultra-Trail Harricana : Sarah Keyes (au centre : 1ère), Aleandra Earle (à gauche : 2e), et Sarah Monet Verguiz (à droite : 3e) – Photo : Olivier Mura

Une inscription tardive au 125

Sarah Verguet Moniz pensait bien boucler sa saison en retournant aux championnats du monde de course à obstacles, mais le destin en a décidé autrement. « Je n’avais pas le budget et en plus ça me tentait moins. J’avais en tête de faire l’Harricana l’année prochaine. J’ai devancé ma participation parce que j’ai eu l’une des 40 places supplémentaires sur le 125 km », informe-t-elle, même si ce choix devait la contraindre à un changement tardif dans son entraînement.

« L’entraînement pour la course à obstacles est complet, mais on ne peut pas passer autant de temps à courir. Les dix dernières semaines avant la course, j’ai juste couru. Les conditions étaient quand même là. En plus, j’ai bénéficié d’une commandite de la Caisse Desjardins de Rouyn-Noranda », ajoute l’athlète en guise de gratitude.

L’UTHC aura malgré tout définitivement converti Sarah Verguet Moniz à l’ultra en sentiers. « L’Harricana est venue me chercher. Maintenant, je me repose et je décide ensuite de ma saison. Mais il est certain que je prévois de participer l’année prochaine au North Face Challenge Bear Mountain. À plus long terme, j’aimerais faire les 100 miles du Hardrock ou le Tor des Géants », confie-t-elle.