Le végétalisme des athlètes David Jeker et d’Alister Gardner

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Alister Gardner / Photo : courtoisie

Chaque végétalien (ou vegan) a ses raisons et sa façon de l’être. Ce mode d’alimentation implique souvent toute une philosophie de vie. Voici les versions David Jeker et Alister Garder du végétalisme.

Deux vegans, deux approches

Alister Gardner se souvient du dernier repas avec fromage qu’il a mangé. C’était en France, juste avant la course CCC en 2012. Il n’a mangé aucun produit ni sous-produit animal depuis. « Je trouve aberrant l’idée de traiter les animaux comme des objets. Je ne suis pas capable de vivre avec moi-même si j’embarque là-dedans », résume Alister.

Il était si convaincu et convainquant que son choix est aussi devenu celui de sa conjointe. « On a travaillé ensemble pour trouver des recettes. Clothilde est super motivée et talentueuse en cuisine », confie le coureur. Par ailleurs, même les produits pour sportifs qu’il vend à la boutique Course et cie dont il est co-propriétaire, respectent ses valeurs.

David Jeker a pour sa part pris le virage vegan en 2014. Celui qui a un bacc en agronomie s’inquiète avant tout du sort de la planète. « On fait des efforts immenses pour minimiser les dommages de l’industrie sur l’environnement, alors que c’est bien plus efficace d’arrêter de manger de la viande », tranche David.

L’ultra-coureur tient à ses principes environnementaux, mais il ne les impose pas à son entourage. « Je suis flexible lorsque je vais chez des amis, chez ma mère et même au resto. C’est chiant d’agir comme si on était allergique, je ne veux pas être freak! »

David accorde beaucoup d’importance aux modes de production des aliments et il achète local autant qu’il peut. « Je trouve important de choisir à qui on donne notre argent comme consommateur. » Il occupera d’ailleurs un emploi sur la ferme biologique Aux petits oignons dans les Laurentides à son retour de Suisse. Près des montagnes où il pourra courir et faire du skimo; il n’y a pas de hasard!

Des défis

Manger végétalien est relativement facile à la maison. Cela dit, les deux coureurs s’entendent pour dire qu’au restaurant et en voyage, c’est une autre histoire! Les 5 à 7 entre collègues sont les plus embêtants pour Alister. « Il m’arrive de manger uniquement des frites et de la salade. Mais comme je suis loin de passer ma vie dans des pubs, ça va! », rigole-t-il. « C’est vrai que c’est difficile pour ceux qui sont super stricts. Ça m’aide d’être flexible », dit David.

Lorsqu’il voyage, Alister a l’habitude d’apporter des collations. Et lorsqu’il va chez des amis, il apporte des plats à partager. Il aime bien l’idée de faire découvrir le plaisir de manger vegan. Les photos que sa conjointe et lui publient sur leur compte Instagram en témoignent d’ailleurs.

Nutrition : tout ce qu’il faut

Les deux athlètes se montrent rassurants : ils ne manquent de rien, pas même de protéines, de fer ou de vitamine B12, que l’on ne retrouve naturellement que dans les produits d’origine animale. Ils sont conscients que c’est une inquiétude pour les coureurs.

Alister compte uniquement sur les aliments, même pour la vitamine B12, critique pour les végétaliens. Il apprécie moins l’aspect non naturel des suppléments. Les boissons végétales (de soya et cie) enrichies et la levure alimentaire comble ses besoins à cet effet.

Par soucis environnemental, David préfère quant à lui les suppléments de vitamine B12 plutôt que les boissons végétales. « Ce sont des aliments transformés qui exigent beaucoup de ressources. Je préfère m’en passer. »

David Jeker pain

David Jeker / Photo : courtoisie

Cuisiner, cuisiner et cuisiner

Dans leur menu quotidien, on retrouve des grandes quantités de céréales, de légumineuses, de noix, de fruits et de légumes. Du tofu chez Alister, mais pas chez David (c’est un produit transformé). Ça en prend de la bouffe pour fournir entre 3000 et 5000 calories par jour à des coureurs de leur trempe, ce qui est largement au-dessus de la moyenne!

« J’ai toujours faim! Je mange beaucoup de collations et je sors tous les jours avec mon mélange de noix », raconte Alister. C’est bien normal, avec un aussi grand volume d’entraînement. Idem chez David : « Je mange cinq repas par jour! »

Pour être un bon vegan, il faut cuisiner. Les deux hommes maîtrisent bien l’art de la cuisine végétalienne qu’ils décrivent comme colorée et délicieuse. Au fil des mois, ils ont ajouté plusieurs recettes provenant de livres ou de sites Web à leur répertoire.

David Jeker a beaucoup pigé dans le livre Eat and run de Scott Jurek, lui aussi végétalien. Alister est particulièrement inspiré par le livre et le blogue Oh she glows. Cela dit, ils y vont aussi de leurs propres créations.

Vous êtes curieux et tentés? Nous y avons pensé! C’est pourquoi nous avons demandé aux deux coureurs de partager une recette, ce qu’ils ont accepté avec enthousiasme.

En commençant avec :

les burritos aux patates douces, haricots noirs et tofu d’Alister,

ou le riz aux lentilles avec sauce aux amandes de David

le végétalisme à temps partiel est aussi une option!


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