Ultra-Trail Académie : les apprentissages de l’organisateur

Olivier Le Mener
Olivier Le Mener, organisateur de l’Ultra-Trail Académie – Photo : Olivier Mura

Malgré un temps radieux et un certain esprit de fête, la deuxième édition de l’Ultra-Trail Académie, ce samedi, n’a pas été sans anicroche, et son organisateur Olivier Le Mener en est bien conscient. Normal, dit-il, pour une compétition qui a vu quadrupler le nombre de ses participants et qui doit encore évoluer.

« Ça a été un événement intense, avoue M. Le Mener, autant pour les coureurs que pour moi. Il y a eu beaucoup de situations à régler, et ça m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses pour la structure et l’organisation de notre prochaine édition. »

Il y avait plus de 800 personnes sur l’un ou l’autre des départs de l’Ultra-Trail Académie, comparativement à 175 l’an dernier, lors de la première édition.

Tout s’est bien passé, de manière générale, mais il y a eu un vrai souci sur la distance de 16 km, où l’élite en tête a été mal orientée et a fait un certain nombre de kilomètres en plus, perdant du coup ses places sur le podium. L’organisateur a présenté ses excuses aux coureurs dans une publication sur les réseaux sociaux.

« J’en assume la responsabilité, a-t-il confié à Distances+. C’est moi qui suis responsable de l’événement, c’est moi qui ai créé cet organisme, alors je ne veux pas que les membres de mon équipe en assument la charge. »

En termes de balisage, il ne manquait pas de fanions sur le parcours, mais certaines intersections auraient pu être plus claires, afin que les coureurs fatigués par les kilomètres et la chaleur ne se trompent pas. Distances+ a été témoin du mécontentement de certains coureurs au fil d’arrivée, même si, globalement, les coureurs ont su trouver leur chemin.

C’est un autre apprentissage, reconnaît M. Le Mener, qui explique avoir manqué d’une douzaine de bénévoles le jour de l’événement. « Normalement, il devait y avoir des bénévoles pour indiquer correctement où ils devaient rentrer, et je n’ai eu personne. Avoir du monde, ça aurait aidé », confie-t-il.

Une vraie course dans « l’esprit trail »

Ces quelques points ne sauraient jeter trop d’ombre à cet événement qui s’inscrit dans la ligne directe des événements de trail communautaires, familiaux, à hauteur humaine.

L’esprit n’y est pas mercantile, et on entend l’organisateur répéter allègrement l’importance qu’il accorde à « l’esprit trail ».

« Je retiens que les coureurs en sentier forme une communauté d’entraide, dit Olivier Le Mener. Je mets de l’avant l’esprit trail, qui assure la sécurité et la viabilité de l’événement. »

« Les gens ont répondu à l’appel que j’avais lancé. La communauté a été extrêmement présente et souriante. Je reçois beaucoup de commentaires très positifs, affirme-t-il encore. Tout ça fait en sorte que c’est très encourageant pour une troisième édition. »

Afin de « rendre la course de trail la plus accessible au plus grand nombre de personne possible », l’inscription à l’événement se faisait sur la base d’une contribution volontaire. Aujourd’hui, M. Le Mener reconnaît qu’ « il y a besoin d’une base pour pouvoir monter un bel événement. »

« On a reçu une belle marque de générosité de la part de la communauté, mais pour le bon fonctionnement d’un événement, il faut assurer une certaine base, comme les radios et l’équipe médicale. Il est important d’avoir les moyens financiers pour le faire, et ça ne se fait pas nécessairement par des contributions volontaires », admet M. Le Mener.

« Je vais arriver « flush » grâce aux dernières inscriptions », reconnaît-il également.

Olivier Le Mener entend prendre le temps de réfléchir à toutes ses options afin de « livrer un événement encore plus à la hauteur des attentes », l’an prochain. Le nombre de participants ne devrait pas croître au-delà de sa capacité actuelle, dit-il.

La course de 57 km de l’Ultra-Trail Académie a été remportée par Jean-François Cauchon et Anne Champagne samedi dans les sentiers du Parc régional de Portneuf, à Saint-Alban, une heure à l’est de Québec. D’autres distances, dont un 47 et un 25 km, étaient au menu, avec des sentiers très boueux à cause de la pluie des jours précédents.

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