Trail du parc du Bic, ou comment « pogner la piqûre de la course en sentier »

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Le parc du Bic, près de Rimouski – Photo : Cédric Bouillon

C’est dans l’un des plus beaux parcs du Québec, en bordure du fleuve Saint-Laurent, que se tiendra ce dimanche la quatrième édition du Trail du parc national du Bic, près de Rimouski. Une centaine de coureurs sont attendus sur la ligne de départ de cette course qui devrait gagner en popularité l’an prochain avec l’ajout d’une toute nouvelle distance.

« À la base, c’est un trip de trailers », a expliqué Emmanuel Joncas, propriétaire de la boutique La course à pied.« À l’époque, on était quatre ou cinq et on a décidé de partir cette compétition dans le parc du Bic. »

Les négociations avec personnel de la Sépaq ont été plutôt faciles, estime-t-il. Et pour cause, « au départ, celui qui nous avait donné l’autorisation, l’ancien directeur du parc, est un amateur de course lui aussi ».

Des parcours variés

Cette année, en plus des 10, 15 et 25 km, une distance de 2 km a été ajoutée. « C’est pour initier les enfants au trail, c’est important d’avoir de la relève », explique Emmanuel Joncas.

« Pour le 10 km, il y a un peu de roches et de racines avec 300 mètres de dénivelé, mais c’est quand même très roulant, accessible à tout le monde, précise Emmanuel. Le 15 km, c’est des sentiers plus techniques avec un aller-retour au pic Champlain et 600 m de D+. Pour le 25 km, on ajoute les murailles, c’est pas mal plus technique, beaucoup de roches et racines, mais ça se draine bien donc il n’y a pas de boue. On y retrouve de bonnes sections où il faut descendre à pied ou monter en marche lente. »

Emmanuel Joncas a remporté tous les 25 km depuis la première édition. « J’ai un avantage sur tout le monde, c’est moi qui a conçu le parcours», raconte-t-il en riant.

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Sur le parcours du Trail du parc du Bic – Photo : Cédric Bouillon

Convertir les coureurs sur route

Un des buts de l’évènement est d’élargir le bassin de coureurs en sentier de la région. « On a un petit en retard sur les autres, selon Emmanuel. Ici à Rimouski, le club de course sur route La Cavale est très fort. Comme je suis un ancien coureur sur route et membre de La Cavale, j’invite les gens à essayer le trail. Je ne veux rien imposer, mais je leur dis : “c’est la dernière course de l’année, go go go, venez essayer ça!” Toutes les fois, j’en accroche plusieurs, ils pognent la piqûre et ça devient très difficile de retourner sur la route. »

La réaction des coureurs sur route est généralement positive. « Il y a de très bons coureurs sur route qui sont surpris du calibre des coureurs de trail, car ici, entre le monde sur route et le monde sur trail, il n’y a pas de cohabitation, ils se connaissent très peu. Je dirais que les puristes de route trouvent ça très difficile. »

Une conversion qui se fait déjà sentir. « Je sens que la course en sentier est en progression, assure Emmanuel. On le voit ici en boutique, ç’a été fort la dernière année, on voit beaucoup plus de chaussures de sentier, c’est tant mieux parce que moi je vote pour le sentier. »

L’édition 2016 avait été marquée par la neige en altitude – Photo : Cédric Bouillon

Des projets enlevants pour 2018

L’ancien centre d’interprétation du parc, qui est utilisé pour le départ et l’arrivée de la course, permettrait d’élargir la portée de l’événement. « Il peut accueillir 200 personnes et il y a une salle de projection. L’année prochaine, l’idée serait de faire une projection de Trails in motion et la course dans un même week-end. On a le OK du parc, mais il reste à avoir le OK de Trails in motion. »

L’autre nouveauté attendue est l’ajout d’une plus longue distance, un ajout qui permettrait d’attirer plus de coureurs à l’une des dernières courses de la saison. « On regarde l’année prochaine pour un 40 km. Il y aurait deux kilomètres de piste cyclable en terre battue pour rejoindre l’autre section du parc, mais la vue est incroyable. C’est dans la baie du Ha! Ha!, on a une vue sur le pic Champlain et une vue sur le fleuve », s’enthousiasme-t-il.

« Les paysages du parc du Bic sont exceptionnels même à l’automne, affirme Emmanuel Joncas, en bon vendeur de son événement. Petite anecdote, l’année passée, on a eu de la neige à partir du ¾ du pic Champlain jusqu’en haut. Les gens ont adoré courir dans la neige. C’était de toute beauté. »