De la grosse neige pour la quatrième édition de Pandora -24

Anne Champagne, qui a remporté la Pandora -24 en équipe avec Anne Bouchard et Annie-Claude Vaillancourt - Photo : Martin Beauchamp
Anne Champagne, qui a remporté la Pandora -24 en équipe avec Anne Bouchard et Annie-Claude Vaillancourt – Photo : Martin Beauchamp

La quatrième édition du Pandora -24 a accueilli 146 coureurs le week-end dernier dans le parc des Falaises à Prévost. Un record malgré les 70 centimètres de neige qui ont enseveli les sentiers de raquettes.

Trois épreuves étaient organisées, une course de 12 heures, et deux autres de 6 heures, l’une de jour et l’autre de nuit.

Les athlètes avaient le choix de courir en solo ou en équipe sur une boucle de 3,5 km pour 180 mètres de dénivelé.

Même si les sentiers avaient été retapés par les bénévoles, la neige qui est tombée durant la nuit de vendredi à samedi a causé bien du fil à retordre aux participants.

« La difficulté du parcours n’aura pas eu le dessus sur le degré de tripature, au final très élevé, s’est enthousiasmé Martin Coulombe, organisateur de l’événement. Jamais notre slogan «Viens courir dans l’hiver!» n’aura été plus pertinent ».

Victoire de la jeune actrice Charlotte Huebner

Charlotte Huebner, 21 ans, a remporté l’épreuve de 12 heures chez les femmes, après avoir passé la dernière année à travailler en tant qu’actrice à Paris, sans faire de courses. La jeune femme, qui avait complété le 65 km Harricana en 2016 et le 125 km l’année suivante, a fait 14 tours, soit environ 50 km et 2520 m D+.

« J’étais vraiment contente d’être de retour dans le monde du trail et de passer une journée dehors à jouer dans la neige », a-t-elle commenté, précisant qu’elle n’avait pas vu la course passer. « Je n’étais vraiment pas la plus rapide, j’étais juste constante. Ça m’a prouvé que la marche rapide, c’est vraiment efficace. »

Cette victoire lui a donné confiance pour les projets qu’elle s’est fixés : la traversée complète du sentier des Appalaches (3500 km) et le 160 km du Bromont Ultra en octobre prochain.

Victoire du vieux sage Florent Bouguin

Florent Bouguin sur la Pandora -24 - Photo : Martin Beauchamp
Florent Bouguin sur la Pandora -24 – Photo : Martin Beauchamp

Du côté des hommes, c’est Florent Bouguin qui a parcouru le plus grand nombre de boucles en 12 heures, 20 au total, soit 70 km pour 3600 m D+. Avant cela, il avait vécu tout un périple en auto entre Québec et les Laurentides en raison des mauvaises conditions météo.

Florent, qui participera l’automne prochain à la Diagonale des fous, s’entraîne en ce moment pour le 154 km des Traces du Nord Basse-Terre, en Guadeloupe dans trois semaines. « J’utilise souvent les courses comme préparation pour une prochaine course. Ce n’était pas mon objectif d’être au sommet de ma forme samedi, explique-t-il en soulignant que ses muscles sont fatigués. Je pars toujours sans prétention, mais avec l’envie de venir à bout de la course pour être content de moi. »

Le champion n’avait que de bons mots pour la Pandora -24 et retiendra notamment l’ambiance énergisante sur les sentiers avec cette formule en boucles courtes. « Il se crée une intimité et des liens entre nous. On apprend nos prénoms et on se recroise une demi-heure plus tard, les fesses dans la neige cette fois », raconte-t-il en riant.

Il pourrait bien participer à la prochaine édition estivale de 24 heures. À suivre…

Par équipe, les triathlètes montréalais du Y Tri ont écrasé la concurrence avec 16 tours en 12 heures, soit 56 km pour 2880 m de D+.

Victoire du trio de filles Bouchard-Champagne-Vaillancourt par équipe

Annie-Claude Vaillancourt, Anne Champagne et Anne Bouchard (de gauche à droite) victorieuses du 6 heures jour de la Pandora -24 - Photo : Julie Parent
Les Valkyrie, Annie-Claude Vaillancourt, Anne Champagne et Anne Bouchard (de gauche à droite), victorieuses du 6 heures jour de la Pandora -24 – Photo : Julie Parent

Anne Champagne, Anne Bouchard et Annie-Claude Vaillancourt ont décroché la première place de l’épreuve de 6 heures de jour, après avoir complété 10 tours, soit 35 km pour 1800 m D+ avec le sourire, en parcourant une boucle de plus qu’une équipe de gars, les Tortues filantes.

Annie-Claude Vaillancourt avait des amis qui formaient une équipe masculine et a voulu bâtir une équipe de filles assez forte pour les surpasser, les Valkyrie. « On est toutes embarquées et, au final, on a tous battu les garçons », a raconté Anne Bouchard.

« Ce n’est pas une course à relais, on est tous en même temps sur les sentiers, on travaille donc tous pour le même objectif en même temps, a-t-elle expliqué. C’est vraiment une belle fierté cette victoire-là. »

« Malheureusement, les raquettes n’étaient pas permises », a lancé à la blague Anne Champagne. La neige poudreuse a rendu la course beaucoup plus lente que prévu et surtout difficile à compléter au niveau musculaire selon cette dernière. »

« C’était complexe, quand j’allais ‘’off-track’’, j’avais de la neige jusqu’aux hanches », a-t-elle illustré.

« Quand ils ont donné le départ, on était contentes du soleil, le plus beau qu’on ait eu cet hiver, mais on était dans de la neige poudreuse de 45 cm. On a donc ouvert le trail », a ajouté Anne Bouchard, ravie.

S’adapter aux conditions hivernales

Ces conditions de neige ont contraint l’ensemble des participants à réviser leurs objectifs. « Après trois tours, les gens ont commencé à dépérir, à avoir la mâchoire par terre. C’était tellement énorme à défricher, on labourait carrément la neige, se souvient l’athlète de 45 ans qui a terminé 29e de l’UTMB 2018. Il y avait une partie de la boucle qui était aller-retour donc parfois il fallait essayer de se tasser tant bien que mal sur le côté. Je suis même tombée dans un trou de marmotte sous un escalier », a-t-elle également confié. Sans de blesser heureusement.

« Au début, on peut se dire que six heures de course [dans de telles conditions], ça peut être long, mais une fois qu’on se fait à l’idée, ça va, et l’esprit d’équipe était super, s’enthousiasme Anne Bouchard. On se rencontre et on s’encourage tellement de fois! On vit l’esprit communautaire dans cette course. »

Au lendemain de l’événement, les organisateurs de la Pandora -24 savouraient un profond sentiment de satisfaction. « En me repassant les images des souvenirs encore frais de cette mémorable aventure collective, je n’en reviens pas de la force de caractère de tous ces joyeux vikings, a commenté Martin Coulombe. Il faut le faire, quand même! »

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