Lyon Urban Trail : quand la ville se met en mode dénivelé

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Photo : Lyon Urban Trail – Gilles Reboisson

Distances+ sur le terrain – Notre collaborateur a couru dimanche dernier, jour de Pâques, la Lyon Urbain Trail, en France, une course qui se démarque par sa tenue… en pleine ville ! Ce n’est toutefois pas une course sur route. L’une de ses caractéristiques : ses milliers de marches qui font travailler les quadriceps !

La première fois que l’on entend parler de la Lyon Urban Trail (LUT pour les intimes), il est difficile de ne pas voir une contradiction dans les termes. Si la course en sentier, c’est faire l’expérience d’une immersion en pleine nature, avec pour seuls compagnons des sapins et, pourquoi pas, quelques ours égarés, autant dire que l’expression de « trail urbain » sonne comme une vaste plaisanterie. 

Et, pourtant, au-delà des mots, le LUT vaut le détour, car il offre une escapade inédite et originale dans les coins et les recoins de l’ancienne capitale de la Gaule romaine, avec une affection toute particulière pour les escaliers, les ruelles pentues et même quelques sentiers étroits bien cachés à l’arrière des tours d’habitation. 

Il faut dire que la topographie lyonnaise est une invitation à ce type d’épreuve : deux collines, Fourvière et Croix-Rousse, bordées par la Saône et le Rhône. 

Par ailleurs, Lyon, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, recèle de trésors que l’on ne découvre vraiment qu’à pied. Dans une entrevue de 2017 avec le journal Lyon Capitale, les organisateurs de l’événement soulignaient avec humour que le « Lyon Urban Trail, c’est un peu la version revisitée des journées du patrimoine… running aux pieds ».

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Photo : Lyon Urban Trail – Gilles Reboisson

Plusieurs formats de course

Pour cette 11e édition du LUT, les 8000 participants ont trouvé leur bonheur, puisque quatre distances étaient proposées : un 35 km (1400 m D+), un 23 km (1050 m D+), un 14 km (600 m D+) et enfin un 8 km (400 m D+). 

L’important dénivelé y est pour beaucoup dans la réputation du LUT. Par comparaison, le dénivelé positif du 26 km du regretté Tour du Mont-Royal Brébeuf était d’environ 700 m. 

La particularité du LUT est qu’une partie non négligeable des parties ascendantes et descendantes se fait dans des escaliers urbains : le grand parcours comporte environ 6000 marches !

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Photo : Lyon Urban Trail – Gilles Reboisson

Un parcours original

Sur la ligne de départ, alors que les quelque 1200 concurrents du 23 km sautillent sur place en attendant de s’élancer, on rappelle que ce sont en tout 14 montées (et donc 14 descentes) qui suivront. 

Dès le premier kilomètre, le ton est donné : le tunnel de la rue Terme, une ancienne ligne de funiculaire qui reliait le quartier des Terreaux au plateau de la Croix-Rousse, a une inclinaison de 16 % en montée sur près de 500 m. 

Les cuisses chauffent, le cardio s’affole. Ce n’est que le début ! À peine a-t-on émergé que l’on bascule en direction de la Saône, bien vite traversée, et que l’on est prêt pour l’assaut de la colline de Fourvière. 

Rapide passage devant la cathédrale Saint-Jean et l’on attaque la montée du Gourguillon (400 m à plus de 13 % de dénivelé), petite rue aux pavés irréguliers, bordée d’hôtels particuliers de la Renaissance. 

L’ascension s’achève par la traversée magique du théâtre gallo-romain. La descente jusqu’au conservatoire régional de musique au bord de la Saône permet de récupérer (un peu) et de se préparer à la suite des réjouissances. 

La Saône traversée de nouveau, les coureurs entament une succession de quatre montées raides et d’autant de descentes, particulièrement glissantes quand elles sont dans des sous-bois humides. 

Après la traversée du plateau de Caluire-et-Cuire, un second ravitaillement. C’est le prélude à la dernière séquence de la course, que l’on résumera en trois mots : escaliers, escaliers et escaliers. 

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Photo : Lyon Urban Trail – Gilles Reboisson

Pour couronner le tout, les marches sont hautes et étroites, rendant les phases descendantes délicates à aborder. Le « casse-pattes » de la rue Joséphin Soulary et ses 445 marches font des ravages parmi les coureurs.

Après 23 km d’effort, on force une dernière accélération pour traverser la cour d’honneur de l’hôtel de ville avant de franchir la ligne d’arrivée, place des Terreaux, salué par les cloches (jour de Pâques oblige) de la mairie. 

Au final, le vainqueur du 23 km aura bouclé le parcours en 1 h 36 min, tandis que le vainqueur du 35 km se sera imposé avec 2 h 30 min.