Les vainqueurs de la Chute du Diable confient leurs impressions

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Sarah Bergeron-Larouche dans les sentiers de la Chute du Diable – Photo : Olivier Mura

C’est le weekend des 1er et 2 septembre que se tenait la 6e édition de La Chute du diable, une course à laquelle ont pris part plus de 700 participants. Distances+ a recueilli les témoignages des gagnants des distances de 50 et de 80 km.

Un 50 km enlevant chez les femmes

Un des moments forts de l’évènement a sans conteste été la chaude lutte entre Sarah-Bergeron Larouche, qui a remporté en août le Trans Vallée X, et Annie Jean qui a notamment terminé troisième au Marathon du Mont-Blanc en juin.

C’est finalement Sarah-Bergeron Larouche qui a remporté l’épreuve, devançant Annie Jean de près de 10 minutes, en plus de terminer seconde sur cette distance, toutes catégories confondues.

Comment se sent-on après avoir dominé une telle course ? « C’est toujours plaisant de gagner, mais Annie est avant tout une bonne amie. Elle était blessée, et elle a pris le départ avec des douleurs, alors je pense que la course a été difficile pour elle », explique Sarah avec son humilité coutumière.

Après avoir côtoyé les sentiers très techniques de la Trans Vallée, elle a particulièrement aimé la relative facilitée du parcours de la Chute du Diable. « J’avais l’impression que c’était des kilomètres gratuits, ça avançait tout seul », raconte-t-elle.

Celle qui a fait la plupart des courses en sentier du Québec en était à sa toute première participation à La Chute du Diable. « C’est une belle découverte, c’était le fun de courir, car je ne savais pas ce qu’il y avait devant. L’élément-surprise était toujours présent », explique-t-elle.

Sa saison n’est pas terminée puisqu’elle compte s’aligner au départ du 55 km du Bromont Ultra avant de clore la saison avec le North Face Endurance Challenge California en novembre prochain. Elle avait terminé 3e sur ce podium l’an dernier.

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Alister Gardner – Photo : Peggy Juneau

La victoire d’Alister Gardner

Du côté des hommes au 50 km, c’est Alister Gardner qui a remporté l’épreuve devant Sarah Bergeron-Larouche et Annie Jean, qui ont terminé seconde et troisième. « Ça a vraiment bien été. Un 50 km bien relax et une ambiance amicale. Ce n’était pas super compétitif comme les autres courses », a affirmé Alister.

Le coureur en était à sa deuxième participation à cette course. « J’ai été un peu moins vite que l’année passée, mais je n’avais pas pour objectif d’améliorer mon temps. Après le Québec Méga Trail qui ne s’est pas très bien passé cette année, j’ai décidé de me concentrer sur un 50 km plus relax. C’est tout ce que je cherchai avec cette course », explique-t-il.

Il faut dire qu’Alister a de bonnes raisons de se ménager, puisqu’il participera, le 17 septembre, au Salomon Glen Coe Skyline en Écosse. « Ça va être ma grande course de 2017. C’est une épreuve de haut calibre, mais j’ai toujours des espoirs, dit-il. À la Chute du Diable, j’ai mis environ cinq heures. Pour le Glen Coe, la même distance devrait me prendre huit heures, parce que c’est une des courses les plus difficiles et techniques, avec 4000 mètres de dénivelé. »

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Yannick Normandeau à la Chute du Diable – Photo : Olivier Mura

Des surprises au 80 km

C’est Yannick Normandeau qui a remporté l’épreuve cette année. « C’est une surprise pour moi. Mes attentes étaient plutôt nulles. Je me suis inscrit la veille au soir. Je ne savais pas qui j’allais rencontrer sur la course », explique-t-il.

C’est une première victoire dans une course d’importance pour ce coureur aguerri qui a notamment complété deux 100 miles cette année. « Je suis toujours demeuré à l’ombre du podium dans mes nombreuses courses. Un héros obscur. Normalement, je termine toujours en 4e, 5e ou 6e position. On arrive premier quand les grands coureurs sont absents », reconnait-il.

Une course qu’il qualifie d’exceptionnelle. « La température était parfaite, il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid. Les sentiers étaient secs, dégagés, avec de belles vues sur les lacs et les rivières. On courrait sur un lit d’aiguilles de pin rouge qui ont parfumé l’air au lever du soleil. Des sentiers ni trop techniques ni trop roulants, des montées ni trop longues ni trop courtes, c’était juste parfait », raconte le coureur encore sous le charme.

C’est une course qui s’est bien déroulée du début à la fin. « À partir du 30e km, Benoit Beaupré et moi étions seuls au-devant du peloton. Benoit est très fort sur les portions techniques et les montées, moi c’est plutôt les descentes. Comme la fin du 80 km est plutôt en descente, j’ai décidé de me détacher de Benoit dans les derniers kilomètres, j’ai laissé aller la gomme », raconte-t-il.

Il attribue sa victoire à plusieurs facteurs. « On n’avait pas de jeunes loups pour nous challenger. On a pu garder un rythme égal, sans de forte accélérations, sans passage à vide. C’était une course super bien gérée grâce à Benoit qui un est un coureur d’expérience », explique-t-il.

Au-delà du parcours, son plus grand coup de cœur a été pour les bénévoles et les ravitos. « Au ravito du km 37, tenu par Marin Rouillard, il y avait des enfants déguisés en diable et une diablesse, la blonde de Benoit. Martin déguisé en Jésus avec un prêtre et un confessionnal. Ça faisait une ambiance extraordinaire », se souvient-il.

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Le podium féminin du 80 km, remporté par Anne Roisin – Photo : Peggy Juneau

Anne Roisin remporte le 80 km

Du côté des femmes, c’est Anne Roisin, une autre coureuse d’expérience, qui a raflé la victoire. « C’était tout un périple, raconte-t-elle en riant. On avait la température avec nous, on a passé la journée à jouer dans le bois. C’est vraiment beau comme parcours, même féerique au départ. Plus technique que ce à quoi je m’attendais et très peu roulant. »

Pendant longtemps, l’issue de la course ne lui apparaissait pas clairement. « Quand j’arrivais aux ravitos, on me disait que j’étais la première fille, mais je n’avais aucune idée de l’écart avec les autres. Au final, la seconde est arrivée près d’une heure après moi », explique-t-elle.

Elle qui en était à son second 80 km à vie a été plutôt surprise par sa victoire. « Mon premier 80 km datait de quand même assez longtemps et il peut se passer tellement de choses en 10 heures de course. Mais l’entraînement avait été bon et le feeling des dernières semaines était plutôt positif », reconnait-elle.

Une course qui s’est bien déroulée de son propre aveu. « J’ai été chanceuse, c’était une belle journée et tout a fonctionné de A à Z. Il y avait juste à mettre un pas devant l’autre, raconte-t-elle. C’était ma première victoire sur une longue distance. J’étais heureuse d’être allée au bout de moi-même. »

Est-elle maintenant prête pour de plus longues distances ? « Clairement pas dans un avenir proche. À la fin, j’étais un peu tanné de courir, disons que pour la dernière heure de course j’avais moins de fun. Je vais plutôt redescendre à des 50 km. Le plaisir, avant tout, doit demeurer. »