La météo brouille les cartes à l’Ultra-Trail du Mont-Albert

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Un coureur en action à l’ultra-Trail du Mont-Albert 2017 – Photo : Mikaël Préti

Le défi a été de taille, en fin de semaine, à l’Ultra-Trail du Mont-Albert, à la fois pour les coureurs et pour les organisateurs. Alors que se déroulait la première édition du parcours de 165 km, l’événement a connu les pires conditions météorologiques depuis sa création, il y a quatre ans.

Résultat : plusieurs coureurs ont eu de la difficulté à trouver leur chemin à travers la brume et dans le froid, la pluie et la noirceur, au cours de la nuit de samedi à dimanche. Le parcours de 100 km a été arrêté avant la fin et des secouristes sont partis dans chaque versant du sentier pour récupérer les coureurs encore sur le parcours. Trois coureurs du 100 km manquaient cependant toujours à l’appel dimanche matin, obligeant les organisateurs à envisager l’annulation de l’épreuve de 23 km et à déployer les secours d’extrême urgence.

« Le sommet du Mont-Albert est dangereux en ce moment », devait expliquer Félix Dubeau, directeur des opérations et de la logistique, aux coureurs du 23 km, prêts à s’élancer dans les sentiers dimanche matin à 8h. « Il est exposé à de forts vents et la visibilité est très réduite. Secourir un coureur en détresse pourrait prendre de très longues heures. Même l’hélicoptère ne pourrait pas se rendre ».

Des courses à prendre au sérieux

Jean-Bernard Douville, qui a couru le 100 km avec sa conjointe Karine Nadeau, confirme combien les 21 derniers kilomètres de la course ont été pénibles pour de nombreux coureurs. Dans son récit de course publié sur Facebook, il écrit: « Nous devions passer par le sommet du Mont-Albert pour le retour. La température s’est envenimée avec un mix de pluie, de très forts vents et du brouillard. On avançait difficilement, toujours à la recherche de nouvelles balises dans cette tempête. Ce n’était plus des compétiteurs, une course ou un chrono, c’était une équipe qui travaillait ensemble pour se sortir de là ».

Après une évaluation sérieuse de la situation sur le terrain avec l’équipe de sécurité et les bénévoles dans les sentiers, l’organisation a donc réduit le parcours de 23 km à 17 km en évitant de faire monter les coureurs au sommet du Mont-Albert.

Les trois coureurs perdus ont finalement franchi le fil d’arrivée peu avant le départ de ce dernier circuit de la fin de semaine, au grand soulagement de tous. Ceux-ci ont vraisemblablement couché en montagne avec leurs couvertures de survie.

« Quand les responsables de courses en sentier vous demandent d’apporter imperméable, gants et couverture de survie, c’est pour cette raison », rappelle Jean-Bernard. « Nous étions tous heureux d’avoir ces articles avec nous. Nous avons eu deux courses: le premier 82 km et le dernier 21 km ».

Malgré tout, les sourires et les commentaires de satisfaction des coureurs, tout comme la belle température qui est revenue en cours de journée dimanche, ont vite éclipsé les mésaventures.

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Photo: Courtoisie

Des performances remarquables

C’est Jean-François Cauchon qui est le premier à avoir atteint le fil d’arrivée de ce défi monstrueux de 165 km, après 25 heures 29 minutes de course. Celui qui avait déjà fait le 100 km de l’UTMA les deux éditions précédentes dit avoir vécu une belle expérience pour ce premier 100 miles à vie. « Ça n’a pas été si pire que ça les conditions [dans mon cas]. Ça a bien été! J’ai passé la nuit [de vendredi] avec Adam Wilcox et Cédric Chavanne. À trois, c’est toujours plus facile ».

L’athlète, qui avait remporté le 125 km de l’Ultra-Trail Harricana en septembre dernier, se prépare maintenant pour l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, qui aura lieu à la fin août. « L’UTMA a été une bonne mise en bouche parce que la course ressemble un peu à celle du Mont-Blanc en terme de distance et de dénivelé », explique-t-il, confiant d’être prêt pour cet important défi. D’ici là, on devrait le revoir au TransVallée X, dans la Vallée du Bras-du-Nord, avec sa sœur Elisabeth, qui est arrivée troisième sur le parcours de 42 km en fin de semaine.

Soulignons que Jessy Forgues est la seule femme à avoir terminé l’épreuve du 165 km en solo, avec un temps de 44 heures 33 minutes.

L’Ultra-Trail du Mont-Albert présentait cinq circuits, dans l’environnement unique du Parc national de la Gaspésie, soit des parcours de 165 km, 100 km, 42 km, 22 km, de 5 km (KM Vertical) de même que des circuits pour les enfants.

Les résultats des principaux gagnants sont :

KM Vertical : 

  • 1ère femme : Isabelle Dumais, 56 min 20 sec
  • 1er homme : Antoine Le Soz, 40 min 40

17 km :

  • 1ère femme : Marline Côté, 1 h 50 min 23 sec
  • 1er homme : Olivier Babineau, 1 h 27 min 51 sec

42 km :

  • 1ère femme : Roxanne Pelletier, 5 h 40 min 02 sec
  • 1er homme : Lee-Manuel Gagnon 4 h 44 min 38 sec

100 km :

  • 1ère femme : Anne Bouchard, 18 h 47 min 40 sec
  • 1er homme : Johan Trimaille, 13 h 47 min 44 sec

165 km :

  • 1ère femme : Jessy Forgues, 44 h 33 min 45 sec
  • 1er homme : Jean-François Cauchon 25 h 29 min 49 sec