La Gaspesia 100 s’impose comme un rendez-vous incontournable

Gaspesia 100 - Ultra-TRAIL - 2018-06-15 - PMARK - 022 (1)
Photo : Événements Gaspesia

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Il y a quatre ans, l’Ultra Trail Gaspesia 100 (UTG100) ne comptait que 65 participants. Cette année, le nombre de coureurs a explosé, avec près de 650 inscrits adultes et plusieurs centaines d’enfants. C’est ce week-end que ce petit événement devenu grand prend son élan avec, au menu, 11 épreuves, de nouveaux parcours, de nouvelles distances et un programme scolaire pour les enfants.

« Il y a une croissance de la pratique du trail running au Québec, explique son fondateur et organisateur Jean-François Tapp, pour expliquer l’engouement. Mais le développement s’est fait par lui-même puisqu’on a très peu de budgets pour les publicités. »

« C’est donc vraiment les athlètes qui ont participé par le passé qui sont devenus ambassadeurs et qui ont convaincu leurs amis de venir tenter l’expérience », explique encore Jean-François. Il espère maintenant conserver ce nombre de participants pour les années à venir.

À noter que l’UTG100 regroupe cette année plusieurs coureurs provenant des quatre coins du globe. Des athlètes des États-Unis, de la Belgique, de la France, du Chili et de la Grande-Bretagne courront en effet aux côtés des athlètes d’ici.

« C’est une grande fierté d’avoir un véritable rayonnement international avec un budget si modeste », ajoute l’organisateur.

Une femme complétera-t-elle le 160 km?

Des coureuses sur le circuit de la Gaspesia 100 - Photo : Événements Gaspesia
Des coureuses sur le circuit de la Gaspesia 100 – Photo : Événements Gaspesia

Jean-François Tapp ne cache pas son désir de voir une femme couronnée sur l’épreuve du 160 km.

« On n’a jamais encore remis de boucle à une femme, malheureusement, déplore-t-il. Mais cette année, avec la qualité du peloton féminin qu’il va y avoir, je serai le premier surpris de [ne pas décerner un prix] à l’une d’elles », ajoute-t-il.

Hélène Dumais, Anne Bouchard et Marie-Christine Dion seront parmi les favorites, qui tenteront de décrocher ce titre.

Hélène Dumais est d’ailleurs de retour dans la province après un exil de quelques années aux États-Unis. Celle qui a vaincu l’Infinitus (et la seule femme, encore à ce jour) s’y rendra, sans grandes attentes.

« À chaque fois que je fais une course, j’aime prendre le temps de regarder pourquoi je fais cette course et voir où j’en suis dans ma vie. Cette course, je la vois comme une célébration de mon retour au Québec », a-t-elle expliqué à Distances+ quelques jours avant le départ.

L’athlète est heureuse de pouvoir renouer avec « la richesse du territoire québécois » en se promenant dans les sentiers gaspésiens lors de cette épreuve. Même si elle n’a pas d’objectif précis de temps, elle souhaite s’amuser et « connecter » avec la Gaspésie, là où elle n’a pas mis les pieds depuis un long moment.

Thomas Duhamel, le champion des deux dernières éditions du 160 km sera de retour en Gaspésie pour tenter de remporter un troisième titre.

Thomas Duhamel, seul finisseur - à deux reprises - du Gaspesia 100 - Photo : Événements Gaspesia
Thomas Duhamel, seul finisseur du premier Gaspesia 100, et gagnant des deux éditions – Photo : Événements Gaspesia

Il confiait récemment à Distances+ qu’il s’attend à une bonne course encore cette année. À ses côtés, Tim McDonough, le gagnant du 100 km de l’an dernier, s’attaquera également aux 160 km.

« Du côté des courses par étapes, les Trans-Percé 50 km et Trans-Percé 100 km ont des pelotons très relevés également », souligne Jean-François Tapp. Pour l’épreuve de 100 km, on y retrouve Mathieu Blanchard et Benoit Laval, ancien champion français de trail et fondateur de la Chartreuse Terminorun (la Barkley française qui n’a encore vu gagner personne).

La championne cycliste et de skimo Lyne Bessette y sera aussi du côté des femmes. L’ultra-cycliste Jessica Bélisle sera parmi celles et ceux qui attaqueront le TP 50 km par étapes.

De nouveaux parcours sont offerts aux athlètes, dont le 25 km Pit Caribou ainsi qu’une nouvelle option de la course Trans-Percé à trois étapes, totalisant 100 km, qui s’ajoute à l’option de 50 km.

Faire découvrir la course en sentier à la jeunesse

« On veut rejoindre la jeunesse, dit par ailleurs Jean-François Tapp. On veut rejoindre les enfants et les mettre en contact avec le sport d’endurance, ainsi que leur faire découvrir le magnifique terrain de jeu qu’on a en Gaspésie. C’est un objectif très clair qu’on a depuis le début. »

Ce sont donc pas moins de 500 enfants âgés de 4 à 12 ans issus de différentes commissions scolaires qui prendront place sur la ligne de départ lundi matin, non loin du célèbre Rocher Percé.

Ils auront la chance de parcourir un itinéraire spécialement adapté pour eux afin de découvrir l’univers de la course en sentier.

Se décrivant lui-même comme un amoureux de la région, Jean-François Tapp ajoute que, par cette initiative, les enfants seront sensibilisés à l’importance de la pratique de l’activité physique et des saines habitudes de vie. Ils pourront également développer un sentiment d’appartenance et une connaissance du territoire gaspésien.

Les trois jeunes enfants de l’organisateur participeront d’ailleurs à l’épreuve. Le père de famille est heureux de constater que certains de leurs camarades de classe y seront également.

Récompenser les battants

Alors que l’UTG100 regroupera plusieurs élites, l’organisateur ne souhaite pas mettre trop d’accent sur les grands noms. « On a une belle édition qui nous attend sur le plan des élites, mais notre événement étant ce qu’il est, on met très peu d’accent sur l’élitisme chez nous. On aime bien voir l’ensemble du peloton », explique-t-il. 

« Ce n’est pas qu’on n’apprécie pas la présence de têtes d’affiche, mais on souhaite que tout le monde se sente à l’aise sur les sentiers, donc on tente de mettre le moins de spotlights possible sur les coureurs élites », précise-t-il.

Toujours dans l’optique d’être un événement accessible aux plus expérimentés comme aux initiés, l’organisation offrira un nouveau prix cette année : la « lanterne rouge », destinée aux derniers participants à franchir la ligne d’arrivée.

« Ces coureurs ce sont des battants, des vrais guerriers. Quand cela fait 20 heures qu’une personne parcourt 100 km et qu’elle se bat contre le cut-off, elle mérite un prix », insiste-t-il.

Un prix qui reste modeste, selon lui, mais qui permettra aussi de participer gratuitement l’année suivante à l’événement.

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