Ils ont joint l’utile à l’agréable avec le bénévolat en famille

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Ariane, 9 ans, et Hubert, 11 ans, bénévoles au Xterra – Photo : courtoisie

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Il est impossible de tenir un événement de course à pied sans un nombre considérable de bénévoles compétents et dévoués. La course Western States en compte 1600 pour ses quelque 360 coureurs. L’Ultra-Trail Harricana en recrute pas moins de 250. Certains s’impliquent pendant des jours sans dormir. D’autres planifient leurs vacances en fonction de leurs événements favoris. Mais qui sont ces bénévoles? Quelles sont leurs motivations? Découvrez avec nous les histoires de bénévoles inspirants, dans ce dossier spécial sur le bénévolat.

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L’arrivée d’un enfant bouleverse une vie. Le temps consacré à la famille peut souvent devenir une frein pour continuer à pratiquer des activités qui nous passionnent. Des familles ont pourtant trouvé une solution pour joindre l’utile à l’agréable, soit impliquer leurs enfants en tant que bénévoles lors des évènements. Distances + a rencontré trois familles qui ont fait ce choix et qui n’en retirent que du positif.

Toutes les raisons sont bonnes pour impliquer ses enfants

« C’est une blessure qui a fait que j’ai eu envie de m’impliquer dans la course de façon différente. Mon conjoint s’est retrouvé à faire les courses seul, alors j’ai décidé d’impliquer mes filles à faire du bénévolat avec moi », nous raconte Mélanie Blanchette, mère de Noémie, 8 ans, et de Maude, 10 ans.

Loin d’avoir été agacés de devoir participer à des événements comme bénévoles, les enfants ont plutôt sauté avec enthousiasme sur l’occasion. « Maude avait elle-même commencé à courir de manière plus intensive. Elle savait ce que ça représentait de se faire encourager et de se faire applaudir, d’avoir une foule à la ligne d’arrivée, de recevoir une médaille. Tout ça, c’est gros pour un enfant. Alors quand on lui a proposé de faire du bénévolat, elle a tout de suite embarqué », nous raconte Mélanie.

Pour Marie-Christine Dion, le bénévolat a été une façon d’occuper ses enfants lorsqu’elle participait à des événements. « Quand moi et mon chum voulions faire des courses tous les deux, le moyen que les enfants aient une « gardienne » était de les impliquer dans le bénévolat », explique la maman de Anne-Frédérik, 17 ans, et Maxime, 15 ans.

De son côté, amener ses enfants faire du bénévolat n’était pas un choix pour Catherine Mercier, maman de Ariane, 9 ans, et Hubert, 11 ans. « Je me suis séparée et j’ai obtenu la garde partagée. Donc les fins de semaine où j’étais engagée dans du bénévolat, j’amenais mes enfants avec moi et je les faisais participer », explique-t-elle en toute simplicité.

Le plaisir avant tout

Les enfants de ces trois familles ont vite adoré leur expérience. « J’aime encourager les coureurs. Parfois, ils tapent dans la main, desfois je leur donne à manger », décrit la jeune Maude, 10 ans.

Il y a d’ailleurs des responsabilités pour tous les âges ou presque. Les tables de ravitaillements constituent un poste de prédilection pour les enfants, mais la remise des médailles à l’arrivée, la tenue des vestiaires et le service des repas sont aussi des tâches qui conviennent facilement à ces derniers.

Pour que les jeunes retirent véritablement du plaisir, il convient cependant d’être attentifs à leur attentes et leurs besoins. Maxime indique par exemple ne pas vraiment apprécier le rôle d’« orienteur », soit de bénévole qui dirige les coureurs dans la bonne direction à certaines intersections stratégiques de la course.

Lorsque le bon jumelage est réalisé, ce sont parfois les enfants qui en redemandent. « Nous avions fait du bénévolat toute la journée de samedi. Le lendemain, ce sont eux (les enfants) qui ont décidé de continuer », explique en rigolant Catherine.

La famille de Marie-Christine Dion après leur participation à la course The North Face Endurance Challenge de New York, où leurs enfants ont été bénévoles
La famille de Marie-Christine Dion après leur participation au 42 km de la course The North Face Endurance Challenge de New York, où leurs enfants ont été bénévoles et ont couru le 5 km le lendemain.

Des expériences constructives

Au-delà du plaisir partagé en famille, l’interaction des enfants avec les coureurs leur fait vivre des expériences de vie très constructives, soulignent les trois mamans. « Ils vont jouer dehors et vont aider les gens. Je trouve que ce sont de belles valeurs qu’on leur enseigne », confie Mélanie.

Pour Marie-Christine, ce sont aussi des occasions de leur enseigner l’importance d’accomplir une tâche jusqu’au bout, de même que le respect de tous les coureurs, peu importe leur niveau. « Mes filles sont habituées à faire de la compétition où on accorde beaucoup d’attention aux plus rapides. Lors des courses en sentier, quand tu es bénévole, tu dois rester à la tâche jusqu’au dernier coureur. Ça leur montre que quand tu t’engages, il faut que tu restes jusqu’à la fin et que tu sois aussi enjoué à donner ton verre d’eau que tu ne l’étais avec le premier qui est passé 3 heures avant ».

De l’autre côté de la table, aux ravitaillements, qu’en pensent les coureurs ? Catherine nous éclaire : « Les gens sont vraiment touchés que des enfants les encouragent et leur donnent de la nourriture. Voir qu’un enfant est là plutôt que de jouer à des jeux vidéos, c’est certain que c’est encourageant pour les coureurs », souligne-t-elle.

Pour les familles intéressées à rejoindre le mouvement, Marie-Christine y va d’un petit conseil. « C’est important d’essayer de trouver des tâches que les enfants aiment faire, de sorte que ce soit agréable longtemps ».  Enfin, rendre l’expérience amusante, par exemple par des costumes ou des chants, peut instaurer un climat de fête et de partage plutôt qu’un moment de labeur…. à l’image de la course en sentier finalement.