Être bénévole sur une course à l’étranger, une expérience à vivre

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Mylène Gauthier (gauche) et Annou Théberge (droite) au Marathon du Mont-Blanc comme bénévoles – Photo : Cyrille Quintar

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Il est impossible de tenir un événement de course à pied sans un nombre considérable de bénévoles compétents et dévoués. La course Western States en compte 1600 pour ses quelque 360 coureurs. L’Ultra-Trail Harricana en recrute pas moins de 250. Certains s’impliquent pendant des jours sans dormir. D’autres planifient leurs vacances en fonction de leurs événements favoris. Mais qui sont ces bénévoles? Quelles sont leurs motivations? Découvrez avec nous les histoires de bénévoles inspirants, dans ce dossier spécial sur le bénévolat.

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La majorité des voyageurs vous le diront : visiter un pays et ses richesses patrimoniales et touristiques est une chose, s’imprégner de la culture et partager avec les « locaux » en est une autre. Des coureurs Québécois ont trouvé la solution pour vivre le meilleur de ces deux mondes en voyage: faire du bénévolat sur une course à l’étranger.

À quelques jours d’un voyage dans les Rocheuses américaines l’été dernier, Julien Larochelle, 45 ans, a réalisé que se tenait la course de la Hardrock 100 pendant son séjour aux États-Unis. « Je courais en sentiers depuis quelque temps et j’avais entendu parler de la course via des podcasts et sur le Web. Je voulais aller voir ça ».

Sa conjointe ne souhaitait cependant pas être simple spectatrice sur cette longue course de 100 miles. « C’est elle qui a eu l’idée d’offrir nos services comme bénévoles, avec nos deux filles, Blanche (13ans) et Constance (15ans) », explique Julien. « Nous les avons contactés sur leur site web et avons été attitrés à Grouse Gulch, un des quatre ravitaillements majeurs de la course ».

Julien Larochelle au ravito de la Hardrock
Julien Larochelle au ravito Grouse Gulch de la Hardrock – Photo : Courtoisie

Une expérience inoubliable

Julien et sa famille ont adoré leur expérience. « Ce qu’on a appris, c’est qu’être bénévole, c’est participer aussi. Ce sont de beaux moments. On vit l’effervescence, on a l’impression de faire partie de l’histoire de la course. Même si on ne court pas, on fait vraiment partie de la grande famille de la Hardrock ».

Et qui dit course de renommée mondiale dit aussi coureurs de calibre international. Julien, qui insiste avec modestie sur son niveau amateur comme coureur, confie la sensation particulière d’assister des coureurs élites. « On a vu Jim Walmsley, Joe Grant, Gary Roberts : tous des noms que je connaissais car je suis un passionné de course en sentier. On a accueilli Kilian, qui s’était démis l’épaule depuis plus de 30 miles. Ça a été vraiment un beau moment. On a eu la chance de lui parler en français ».

Faire du bénévolat tout en voyageant entre amies

Le même enthousiasme se fait sentir du côté de Mylène Gauthier et Annou Théberge, qui ont été bénévoles à l’édition 2016 du Marathon du Mont-Blanc. « Je voyage avec Mylène une fois par année et c’est elle qui a pensé que ce serait bien de faire du bénévolat ensemble les journées où ne courions pas », explique Annou. Les deux amis participaient au 44 km et on ainsi pu agir comme commissaires sur les circuits de 80 km et de 23 km.

« Il y a une vibe quand on fait du bénévolat qu’on n’a pas lorsqu’on va simplement participer », reconnaît Annou. « Le cadre est vraiment fantastique. Ça nous fait réaliser que c’est toute une organisation, notamment au niveau de la sécurité. La machine est vraiment grosse et bien huilée ».

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les organisateurs mettent un point d’honneur à traiter les bénévoles aux petits soins. Mylène confirme : « On est très gâtés comme bénévoles. Avec Annou, on avait demandé de pouvoir être ensemble. Les organisateurs ont compris et nous ont mis sur un poste où on était toutes les deux ».

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Mylène Gauthier et con conjoint Christian Dionne à l’UTMB 2017 – Photo : Courtoisie

Une façon de réaliser l’importance des bénévoles 

Cela dit, être bénévoles peut aussi représenter son lot de défis et d’apprentissages. « Quand les organisateurs ont décidé de changer l’heure de cut-off, ça s’est mis à refouler à notre table et les gens étaient furieux. On aurait dit une manifestation. Nous étions prises entre les coureurs et les gens qui étaient venus les encourager en arrière de nous, ça m’a vraiment marquée », confie Annou.

Pour Mylène, cette expérience lui a fait réaliser toute l’importance de respecter les bénévoles. « Ne jamais oublier que les bénévoles sont importants pour la course », tient-telle à souligner.

Malgré ce petit incident, les filles renouvèleront l’expérience sans hésiter. Mylène a d’ailleurs déjà récidivé comme bénévole à l’UTMB en août dernier, cette fois avec son conjoint, et compte s’impliquer aux Championnats du monde de trail en Espagne en mai prochain. « Donner de mon temps c’est important. J’ai de la chance. Je suis en santé. Je vis dans le bonheur alors je me dis qu’il faut que je redonne, par du temps, des contributions », croit-elle.

De leur côté, Julien et sa famille continuent aussi de s’impliquer sur des courses locales et envisagent retourner sur une autre course à l’étranger. Comme quoi, on peut aussi bien avoir la piqure du bénévolat que celle du voyage.