Quand Équiterre se met à l’organisation de courses écologiques

GRAND DOSSIER : L’ULTRATRAIL VIRE AU VERT – Partie 2

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La course « Changer le monde avec Équiterre » – Photo : Facebook/Équiterre

Nous vous présentons un grand dossier sur le virage écologique des événements de course en sentier au Québec. Après le dur constat effectué en première partie, voici des pistes de solutions, proposées par l’organisme écologiste Équiterre.

Équiterre a fait le pari de réaliser la course la plus verte possible dans les sentiers du mont Royal, à Montréal, l’été dernier. L’événement « Changer le monde avec Équiterre » a réuni près de 400 coureurs le 3 juillet.

Abordant la question du développement durable sous ses angles à la fois social, environnemental et économique, l’organisme, qui a pour mission d’inciter les citoyens, les organisations et les gouvernements à faire des choix écologiques, équitables et solidaires, a testé des solutions et des idées afin d’aider les événements de course à diminuer leur impact sur l’environnement.

Cette course a d’ailleurs été désignée équitable par Fairtrade Canada. Il s’agit d’une nouvelle désignation remise aux courses qui adoptent au moins trois produits équitables et qui font de la sensibilisation auprès de leurs participants.

Les déchets

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Les postes de collecte des déchets lors de l’événement d’Équiterre – Photo : Facebook

« Le principal enjeu est la réduction des déchets et la gestion des matières résiduelles, en raison de la grande consommation de bouteilles, de verres d’eau et de nourriture, explique Annick Girard, chargée de projet chez Équiterre. C’est
90 000 bouteilles d’eau qui sont distribuées au Marathon de Montréal seulement! », dit-elle.

Annick souligne que de nombreux gestes peuvent être posés pour faire virer une course au vert. Pensons au choix des aliments, des fournisseurs et des partenaires, qui peuvent offrir des produits et des services locaux, équitables ou biologiques.

Le transport

Il y a aussi la question des moyens mis à la disposition des gens pour se déplacer lors de l’événement. Idéalement, l’organisateur d’une course devrait favoriser les déplacements en transport collectif et actif. À tout le moins, il peut simplement aborder la question de la sensibilisation plus générale des participants aux enjeux environnementaux.

Pour Annick, tout est une question de vision. « Oui, avoir des initiatives plus vertes demande plus de travail et de risques pour les organisateurs. Il faut se poser davantage de questions et trouver des solutions un peu plus complexes pour éviter le gaspillage et sensibiliser efficacement les participants. Mais le sentiment de satisfaction et de fierté est d’autant plus grand », croit-elle.

« Au final, pour les organisateurs, il y a des économies de temps et d’énergie à faire, dit-elle. Il y a moins de cochonneries à gérer! »

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Des ressources

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Les stations d’eau de la course d’Équiterre – Photo : Facebook

Il n’y a pas de guide officiel pour organiser une course plus verte, mais tout un chacun peut consulter le site Internet d’Équiterre. Il est également possible de contacter directement l’organisme pour obtenir des trucs concrets.

Quelques astuces de la course « Changer le monde avec Équiterre » :

    • Tenir des tables de ravitaillement « zéro déchets ». Les coureurs doivent avoir leur propre système d’hydratation (bouteille à la main, sac, etc.);
    • Effectuer tous les déplacements dans le cadre de l’organisation de l’événement à pied, à vélo, à l’aide de Communauto ou en véhicule hybride et électrique (ex. : pour aller à des rencontres ou chercher du matériel);
    • Faire la promotion des meilleures façons de se déplacer en transport collectif et actif (vélo, marche, autobus, covoiturage, etc.) vers le lieu de la course;
    • Réaliser un sondage après la course pour savoir comment les gens se sont déplacés et compenser les émissions de gaz à effet de serre des coureurs par des projets de plantation d’arbres (ex. : par l’entremise de l’organisme Planétair);
    • Imprimer les dossards sur du papier résistant à l’eau et la sueur certifié Forest Stewardship Council (FSC), dont on garantit qu’il provient d’aménagements forestiers responsables;
    • Privilégier les puces de chronométrage réutilisables avec velcro afin d’éviter la production de déchets électroniques des puces intégrées aux dossards dont les métaux lourds, comme le plomb, peuvent percoler dans le sol et contaminer la nappe phréatique;
    • Choisir des bananes, du café, du chocolat ou tout autre aliment certifié équitable et biologique;
    • Tenir des kiosques ou des escouades de sensibilisation à l’environnement sur le site de la course;
    • Remettre une partie des fonds de l’événement à une cause caritative, sociale ou environnementale;
    • Éviter la remise de médailles, de t-shirts et de sacs publicitaires aux participants;
    • Offrir des prix culturels aux gagnants, tels que des billets pour assister à des spectacles ou visiter des musées;
    • Exiger que tous les fournisseurs de services et les partenaires se conforment aux valeurs de développement durable;
    • Privilégier les entreprises locales lorsque possible;
    • Effectuer une collecte de vêtements et d’accessoires de sport usagés auprès des participants.
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Des bananes équitables distribuées lors de l’événement – Photo : Facebook

 Première partie :
Le difficile chemin vers des courses écologiques

Troisième partie :
Courir en mode écolo, c’est un ensemble de petites décisions

Quatrième partie :
Voici comment vous deviendrez vous aussi un coureur écolo