Zinzin Reporter à la découverte de l’Ultra-Trail Harricana du Canada

Denis Clerc a réalisé 170 reportages sur des ultras partout dans le monde - Photo courtoisie
Denis Clerc transporte sa joie de vivre et de courir dans tous ses voyages – Photo courtoisie

Personnalité bien connue du monde de la course en sentier en France, Zinzin Reporter, de son vrai nom Denis Clerc, parcourt le monde avec sa GoPro pour faire découvrir, à travers ses films et ses reportages, les plus belles courses et les plus sentiers. Après avoir participé à l’Ultra-Trail des Chic-Chocs (UTCC) en juin dernier, le voilà de retour au pays pour l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC). Il prendra le départ 125 km dans la nuit de vendredi à samedi.

À peine deux mois après sa toute première visite au Québec, où il a séjourné plus de trois semaines, il est encore sous le charme des sentiers de la Belle Province.

« J’ai été enthousiasmé par la faune et la nature sauvage, s’exclame-t-il. C’est exceptionnel pour un Français du sud de la France de voir un lynx, des orignaux et un caribou. J’ai été aussi enthousiasmé par la course dans les monts Chic-Chocs. À 300 m d’altitude là-bas, c’est comme à 2000 m d’altitude en France, c’est complètement différent au niveau des sensations. »

La découverte de Charlevoix

Après une première expérience aussi positive, il est ravi à l’idée de découvrir la région de Charlevoix et l’Ultra-Trail Harricana.

« J’espère vivre le lever du jour avec des vues sur des lacs, le foret boréal et le fleuve Saint-Laurent, tout ça me fait rêver, dit le journaliste. Je souhaite que le parcours ne soit pas trop roulant. J’aime quand c’est technique avec beaucoup de cailloux, car je ne suis pas obligé de trop courir. Je préfère marcher dans la montagne. »

Il sera accompagné de son ami Fabrice d’Aletto, qui fait partie des coureurs élites (cote ITRA de 780). Ils en profiteront pour faire un peu de tourisme dont l’incontournable observation des baleines à Tadoussac.

« Si on n’est que 250 coureurs sur le 125 km, il y aura tellement d’espace entre nous que rapidement on sera très vite seul ou en petit groupe de deux ou trois. C’est vraiment chouette. Je n’aime pas les grosses courses ou il y a beaucoup de monde, je trouve que ça ne fait pas de sens », affirme Zinzin.

Cette tranquillité et cette convivialité sont quelque chose qu’il a découvert à UTCC et qu’il espère bien retrouver dans l’arrière-pays de Charlevoix.

« Une chaleur et un accueil exceptionnel, commente-t-il. C’est facile de parler et d’échanger avec les gens. Il n’y a pas de prise de tête, c’est tranquille, c’est aussi ça que je viens chercher, un art de vivre qu’on a un peu perdu en France. »

Zinzin enchaîne les ultras

Denis Clerc transporte sa joie de vivre et de courir dans tous ses voyages - Photo courtoisie
Denis Clerc transporte sa joie de vivre et de courir dans tous ses voyages – Photo courtoisie

Zinzin enchaîne les courses et les ultras les uns après les autres. Parmi ses faits d’armes de l’été, notons sa participation à Euforia, en Andorre, un petit état coincé dans les montagnes entre la France et l’Espagne. Une course hors norme, dans les Pyrénées, qui cumule 233 km et 20 000 m de D+.

« Il n’y avait pas de sentiers, pas de balisage et pas de ravitaillement. C’était en binôme et ç’a été une expérience assez incroyable qui a duré cinq jours et cinq nuits, se souvient-il. Il y avait des montées jusqu’à 3000 m d’altitude, c’était très dur et très montagneux donc j’arrive au Canada un peu fatigué. »

Continuellement entre deux courses, il confie ne pas beaucoup s’entraîner. « L’idée première, c’est de ramener un film de la course plutôt que de jouer la course à fond, explique Zinzin. Peut-être que je me rentre moins dedans que si je faisais la course juste pour moi, du coup je me préserve. »

Courir pour avoir de belles cuisses

Journaliste sportif pour la télévision française (France 3) depuis plus de 30 ans, il a couvert tous les sports et une multitude d’évènements.

« Plus jeune, j’ai joué au football et fait du ski alpin. Je viens d’une famille de skieur, j’ai des cousins germains qui ont fait les Jeux olympiques. J’ai moi-même été plusieurs fois champion du monde de ski des journalistes. Je me suis mis à la course pied pour avoir de belles cuisses. Je me suis rendu compte que j’aimais la course à pied et du coup j’ai continué », raconte-t-il.

Si concilier son travail avec sa nouvelle passion qui l’amène à voyager énormément a été difficile au départ, c’est maintenant la parfaite symbiose.

« Mes patrons ont compris que j’étais aussi Zinzin Reporter et du coup, on m’utilise maintenant pour tourner des reportages autour du trail et de la randonnée, explique Denis Clerc. Par exemple, pour Euforia, j’étais payé par ma chaîne pour faire cette course, ce qui me permet de faire en même temps ma passion et mon métier. J’ai vraiment de la chance à ce niveau-là. »

Le Kilian Jornet du peuple

Avec près de 170 reportages de trail sur sa chaîne YouTube et 10 000 abonnées, il est le premier surpris de son succès.

« C’est assez incroyable pour un vieux monsieur de 55 ans, plaisante-t-il. Je ne suis pas une jolie fille blonde pleine de talent. Je suis étonné que mon personnage intéresse autant, mais en même temps on dit souvent que je suis le Kilian Jornet du peuple. Je représente le coureur lambda et les gens s’identifient à ce que je fais. Je leur refile aussi beaucoup d’informations pour que l’année d’après ils puissent participer à la course. »

Grâce à Zinzin Reporter, il a voyagé à travers le monde, des Açores, au milieu de l’Atlantique jusqu’à Tahiti, au milieu du Pacifique.

« Je n’ai jamais fait de course aux États-Unis comme la Western States que j’aimerais bien un jour faire, souligne le journaliste. L’année prochaine, j’espère courir en Norvège, au nord du cercle polaire, à l’Ultra-Trail de Lofoten. J’ai aussi comme projet de revenir au Québec, j’aimerais refaire le long parcours de l’Ultra-Trail des Chic-Chocs parce qu’il a été tronqué cette année. »